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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 14:37

Hamlet

Pour les articles homonymes, voir Hamlet (homonymie).

La Tragique Histoire d'Hamlet, prince de Danemark (en anglais, The Tragical History of Hamlet, Prince of Denmark), plus couramment désigné sous le titre abrégé Hamlet, est la plus longue et l'une des plus célèbres pièces de William Shakespeare. La date exacte de composition n'est pas connue avec précision ; la première représentation se situe sûrement entre 1598 et 1601. Le texte fut publié en 1601.

Le roi du Danemark, père d'Hamlet, est mort récemment. Son frère Claudius l'a remplacé comme roi1 et, moins de deux mois après2, a épousé Gertrude, la veuve de son frère3. Le spectre du roi apparaît alors et révèle à son fils qu'il a été assassiné par Claudius. Hamlet doit venger son père et pour mener son projet à bien simule la folie. Mais il semble incapable d'agir, et, devant l'étrangeté de son comportement, l'on en vient à se demander dans quelle mesure il a conservé sa raison. On met cette folie passagère sur le compte de l'amour qu'il porterait à Ophélie, fille de Polonius, chambellan et conseiller du roi. L'étrangeté de son comportement plonge la cour dans la perplexité. Mis en cause à mots couverts par Hamlet, Claudius perçoit le danger et décide de se débarrasser de son fantasque neveu.

Hamlet a fait l'objet d'analyses critiques extrêmement nombreuses et variées, thématiques, stylistiques, historiques, psychanalytiques.

Sommaire

Sources de la pièce[modifier le code]

La plupart des événements de l’intrigue sont le fruit de l'imagination de Shakespeare, mais la pièce a plusieurs sources potentielles.

Saxo Grammaticus[modifier le code]

Vers 1200, Saxo Grammaticus raconte dans sa Gesta Danorum l'histoire d'Amleth, assez proche de celle de Shakespeare. Il est assez improbable que Shakespeare ait eu une connaissance directe du texte de Saxo Grammaticus, mais il est possible qu’il en ait eu des échos.

Le roi Horvendil est assassiné par son frère Fengo, qui épouse ensuite Gerutha, la veuve de sa victime. Le fils d’Horvendil, Hamlet (ouAmblett, Hamblet ou encore Amleth, selon les versions4), feint alors la folie afin d’être épargné. Il évite le piège d’une jeune fille puis tue un espion dissimulé dans la chambre de sa mère. Hamlet parvient à intercepter un courrier destiné au roi d'Angleterre et commanditant son assassinat, ce sont les deux messagers qui sont assassinés à sa place.

Hamleth épouse alors la fille du roi d’Angleterre, retourne au Danemark, assiste à ses propres funérailles et assassine Fengo, qu’il remplace sur le trône. Le roi d’Angleterre a cependant secrètement promis de venger Fengo. À cette fin, il envoie Amleth auprès de la reine d’Écosse, Herminthrud, qui tombe amoureuse de lui et l’épouse à son tour. Hamleth vainc le roi d’Angleterre et retourne avec ses deux épouses au Jutland5,6.

François de Belleforest[modifier le code]

François de Belleforest adapte la légende d’Amleth en 1570 dans ses Histoires tragiques. La pièce connut un grand succès : elle fut rééditée sept fois jusqu’en 1601, mais ce n’est qu’en 1607 qu’elle fut traduite en anglais7. Shakespeare peut en avoir eu connaissance, mais les pièces présentent des différences notables, en particulier le meurtre du roi est de notoriété publique chez Belleforest, alors qu’il ne l’est pas chez Shakespeare ; de même le rôle d’Ophelia est moins clair chez Shakespeare que chez Belleforest8.

Thomas Kyd[modifier le code]

La source la plus directe est une pièce jouée en 1594, mais non conservée attribuée à Thomas Kyd, qui aurait le premier introduit le personnage du spectre.

L'Ur-Hamlet[modifier le code]

Certains critiques estiment que la pièce de Kyd, comme celle de Shakespeare, pourrait être basée sur une pièce perdue antérieure, « l'Ur-Hamlet9 ». D'autres enfin trouvent des ressemblances non de l'intrigue, mais de la thématique ou du traitement dans certaines pièces anglaises antérieures.

Deux versions d’Hamlet[modifier le code]

Shakespeare a fait et refait son œuvre. Il a écrit le premier Hamlet, à l’âge de vingt et un ans, vers 1584 ; il a écrit le second Hamlet quinze ans plus tard, vers 1600. Il a eu quinze années pour réfléchir sur les changements à apporter à son drame, avant de le livrer à la postérité sous sa forme définitive10.

La première version comporte 98 pages, la seconde, largement étoffée, 171 pages. Il rallongea certaines répliques pour davantage étoffer — entre autres — le caractère d’Hamlet dont le fameux To be or not to be.

Personnages[modifier le code]

Aucune liste des personnages n'est fournie dans les premières éditions de la pièce avant 1676

  • Fortinbras, prince de Norvège.
  • Claudius, roi de Danemark.
  • Hamlet, prince de Danemark, fils de feu le roi Hamlet (père) et neveu du roi régnant.
  • Polonius, seigneur chambellan.
  • Laërte11, fils de Polonius, frère d'Ophélie.
  • Horatio, ami du prince Hamlet.
  • Guildenstern, courtisan, ancien condisciple d'Hamlet.
  • Rosencrantz, courtisan, ancien condisciple d'Hamlet.
  • Cornélius, ambassadeur en Norvège.
  • Voltemand, ambassadeur en Norvège.
  • Osric, courtisan.
  • Un gentilhomme.
  • Bernardo, officier de la garde.
  • Marcellus, officier de la garde.
  • Francisco, soldat de la garde.
  • Reynaldo, serviteur de Polonius.
  • Un marin.
  • Deux rustres12, fossoyeurs.
  • Un prêtre.
  • Un capitaine de l’armée de Fortinbras.
  • Ambassadeurs anglais.
  • Des comédiens (quatre ou cinq).
  • Gertrude13, reine de Danemark, mère d’Hamlet, veuve d'Hamlet (père), épouse du roi régnant.
  • Ophélie, fille de Polonius, sœur de Laërte.
  • Le spectre d'Hamlet (père).
  • Figurants : seigneurs, dames de la cours, officiers, soldats, marins, messagers et serviteurs.

La scène est à Elseneur.

Présentation des personnages[modifier le code]

Le prince Hamlet est le fils du premier roi de Danemark, également nommé « Hamlet ». Il est étudiant à l'université de Wittenberg. Le spectre de son père le charge de venger son meurtre. Il y parvient enfin, mais seulement après que la famille royale a été évincée et que lui-même a été mortellement blessé par Laërte d'un coup d'épée empoisonnée.

Claudius, oncle du prince Hamlet, est l'actuel roi auto-proclamé du Danemark. Il s'est marié avec la veuve de son frère, auquel il a succédé. Le spectre de ce dernier accuse Claudius de l'avoir assassiné pendant son sommeil, en lui versant un poison mortel dans l'oreille. La pièce organisée par le prince et la mort de Polonius lui apprend qu'il est visé par le prince. Pour se défendre, il manipule Laërte et monte un complot pour tuer Hamlet. À la fin de la pièce, Claudius est tué par le prince Hamlet.

Gertrude, mère du prince Hamlet, reine du Danemark et veuve du roi défunt, se remarie peu après au frère de ce dernier, ce que le prince Hamlet, et toute l'époque de Shakespeare, considèrent comme un inceste. Le spectre de son mari défunt l'accuse de l'avoir trompée avec Claudius avant que ce dernier le tue, mais ordonne à leur fils de laisser le ciel la punir. Le meurtre de Polonius par son fils l'a profondément affligée. Elle meurt accidentellement en buvant le vin empoisonné destiné à Hamlet.

Polonius, lord chambellan, conseiller du royaume et père de Laërte et d'Ophélie, est l'homme le plus apprécié du royaume ne donnant que des bonnes nouvelles et informations au roi et servant les intérêts du royaume. Il s'inquiète de la relation amoureuse du prince Hamlet et d'Ophélie, sa fille. Il craint qu'Hamlet ne prenne savirginité et ne l'épouse pas. Il interdit cette relation à sa fille. Croyant Hamlet fou, il s'obstinera à trouver la raison pour laquelle Hamlet est fou, mais cela lui coûtera la vie. Il est tué par Hamlet qui a fait erreur sur la personne en croyant tuer Claudius à travers une tapisserie alors qu'il l'espionnait en train de parler avec sa mère. Celle-ci, témoin du meurtre, sera bouleversée, Ophélie deviendra folle, et Laërte voudra venger son père.

Laërte, fils de Polonius, profondément attaché à sa sœur Ophélie, est en France pendant la majeure partie de la pièce pour faire ses études. À la fin de la pièce, en raison de l'implication d'Hamlet dans la mort de son père, il fomente avec Claudius un duel dans lequel il tue Hamlet. Hamlet le tue de la même épée dont il ignore qu'elle est empoisonnée.

Ophélie, fille de Polonius, sœur de Laërte, et Hamlet partagent une idylle bien qu'ayant été implicitement mis en garde contre l'impossibilité d'un mariage. Hamlet l'éconduit pour accréditer sa propre folie. La mort de son père la rend folle et elle est retrouvée mystérieusement morte noyée dans un ruisseau.

Horatio, ami d'Hamlet, n'est pas impliqué dans les intrigues de la cour. C'est lui qui annonce au prince l'apparition du spectre de son père en compagnie des deux officiers, Marcellus et Bernardo (qui ont été les premiers à le voir). Il reste le seul à survivre à l'heure du dénouement pour pouvoir porter l'histoire d'Hamlet à la postérité et pour participer à l'arrivée de Fortinbras.

Rosencrantz et Guildenstern, amis d'Hamlet, retournés par Claudius pour le surveiller. Hamlet les soupçonne rapidement. Après le meurtre de Polonius provoqué par le prince, ils sont chargés de l'emmener en Angleterre, tout en ignorant que Claudius leur a donnés une feuille pour que le prince soit exécuté. Mais Hamlet découvre le papier et la réécrit pour punir ses deux amis de leur trahison et profite d'une attaque de pirate pour s'échapper. Ils seront exécutés en Angleterre.

Fortinbras, prince norvégien, est le fils du roi de même nom tué au champ de bataille par le père d'Hamlet. Le prince Fortinbras espère une vengeance. Arrivant trop tard pour combattre contre Hamlet, il annule la guerre et prend le pouvoir du royaume de Danemark.

Résumé de l'action[modifier le code]

Acte I[modifier le code]

Scène I — Relève de la garde à Elseneur par une froide nuit d'hiver. Bernardo, Francisco et Horatio aperçoivent le spectre muet du roi défunt Hamlet et se rappellent les exploits de celui-ci qui a vaincu Fortinbras, roi de Norvège, au cours d'un combat chevaleresque, emportant par un pacte conclu à l'avance toutes ses terres. Le Danemark se prépare à la guerre car Fortinbras fils rassemble des troupes aux frontières pour reprendre les terres de son père.

Scène II — Château d'Elseneur. Le roi Claudius envoie Cornélius et Voltemand chez le roi de Norvège pour qu'il mette fin aux agissements de son neveu, le jeune Fortinbras. Claudius permet à Laërte, fils de Polonius, de retourner étudier en France mais refuse à Hamlet de retourner étudier à Wittenberg. Hamlet est amer car son oncle, peu après les funérailles de son père, s'est marié avec sa mère. Bernardo, Francisco et Horatio révèlent la vision du spectre à Hamlet qui se résout à le voir lui-même.

Scène III — Laërte, sur le départ, met sa sœur Ophélie en garde contre les avances d'Hamlet. Polonius fait de même.

Scène IV — Minuit. Horatio, Marcellus et Hamlet aperçoivent le spectre qui fait signe à Hamlet de le suivre seul. Horatio et Marcellus suivent Hamlet en cachette.

Scène V — Le spectre du roi révèle à Hamlet que c'est Claudius qui l'a assassiné après avoir commis l'adultère avec la reine; le spectre demande à Hamlet de le venger mais d'épargner sa mère, puis disparaît. Horatio et Marcellus rejoignent Hamlet et lui demandent de révéler ce qu'a dit le spectre. Hamlet refuse mais les prévient qu'il se fera désormais passer pour un fou et leur fait jurer de ne rien révéler de ce qu'ils ont vu cette nuit.

Acte II[modifier le code]

Scène I — Polonius envoie son serviteur Reynaldo à Paris pour espionner son fils dont la conduite laisse à désirer. Ophélie raconte à son père une scène où Hamlet lui a semblé agir comme un fou. Polonius décide de mettre Claudius au courant.

Scène II — Claudius et Gertrude, inquiets du comportement de Hamlet, envoient ses amis d'enfance, Rosencrantz et Guildenstern, auprès de celui-ci pour le ramener à la raison. Voltemand informe Claudius que le roi de Norvège a mis fin aux préparatifs du jeune Fortinbras et redirigé l'attaque contre la Pologne, sollicitant le droit de passer par le Danemark. Polonius explique à Claudius et Gertrude que la folie de Hamlet est due au fait qu'Ophélie ait repoussé ses avances. Un dialogue de Hamlet avec Polonius, puis avec Rosencrantz et Guildenstern, confirme les soupçons de folie. Entre alors une troupe de comédiens à qui Hamlet demande de jouer le lendemain le meurtre de Gonzague en y insérant une tirade écrite par lui. Dans un monologue, seul, Hamlet espère que la pièce amènera son oncle à avouer son crime.

Acte III[modifier le code]

Scène I — Claudius et Polonius assistent, cachés, au monologue To be or not to be de Hamlet puis au dialogue avec Ophélie où il lui reproche son immodestie et lui enjoint de rejoindre un couvent. Claudius projette d'envoyer Hamlet en Angleterre pour réclamer un tribut et le guérir, mais Polonius le persuade de laisser la reine lui parler avant de prendre une décision.

Scène II — Hamlet donne ses conseils aux comédiens et demande à Horatio d'observer la réaction du roi lors de la représentation. La pièce, qui raconte l'histoire d'un meurtre à Vienne, commence et Hamlet ne cesse de faire des commentaires tel un chœur antique. Claudius interrompt subitement la pièce au moment de l'empoisonnement et se retire avec la reine. Polonius convoque Hamlet auprès de la reine.

Scène III — Claudius, pressentant le danger, charge Rosencrantz et Guildenstern d'accompagner Hamlet en Angleterre. Seul, Claudius médite sur le meurtre de son frère et implore le ciel de lui pardonner. Hamlet le surprend mais décide de ne pas tuer Claudius à l'instant où il prie, pensant que cela l'enverrait au paradis, et reporte la vengeance à plus tard.

Scène IV — Hamlet reproche à sa mère son attitude et, à l'instant où il se fait plus violent, Polonius, qui écoutait secrètement, appelle à l'aide. Hamlet, pensant surprendre Claudius, se trompe et le tue. Hamlet accuse maintenant sa mère d'avoir tué son père. Le spectre du roi apparaît à Hamlet mais la reine ne le voit pas. Hamlet ordonne à sa mère de révéler la supercherie de sa folie à Claudius.

Acte IV[modifier le code]

Scène I — Gertrude raconte le meurtre de Polonius par Hamlet — mais pas la supercherie de la folie — à Claudius qui envoie Rosencrantz et Guildenstern se saisir du cadavre.

Scène II — Rosencrantz et Guildenstern s'enquièrent du corps de Polonius auprès de Hamlet qui répond de manière sibylline et demande qu'on le conduise auprès de Claudius.

Scène III — Hamlet comparaît devant Claudius qui réclame le corps de Polonius. Hamlet finit par indiquer l'endroit et feint de se résoudre à embarquer pour l'Angleterre. Dans un monologue, Claudius révèle qu'il a demandé au roi d'Angleterre de tuer Hamlet.

Scène IV — Hamlet rencontre Fortinbras en partance pour la Pologne et médite sur la futilité de la guerre.

Scène V — Dialogue énigmatique entre la reine, le roi et Ophélie qui semble avoir perdu la raison et chante. Laërte, persuadé que Claudius est responsable de la mort de son père, arrive avec une fronde pour renverser le roi. Claudius promet des explications.

Scène VI — Des marins remettent à Horatio une lettre de Hamlet, prisonnier de pirates, qui l'invite à le rejoindre.

Scène VII — Le roi, qui vient de révéler à Laërte que c'est Hamlet qui a tué son père, reçoit des lettres de Hamlet: une pour lui-même et l'autre pour la reine. Hamlet annonce son retour et le roi ourdit avec Laërte un assassinat maquillé en accident lors d'un combat d'escrime où l'épée de Laërte doit être empoisonnée; si le stratagème échoue, Claudius promet de donner un breuvage empoisonné à Hamlet.

Acte V[modifier le code]

Scène I — Deux fossoyeurs discutent le suicide apparent d'Ophélie alors qu'ils creusent sa tombe. Hamlet arrive avec Horatio et discute avec le fossoyeur d'un crâne qu'il a mis à jour, celui d'un bouffon de l'enfance de Hamlet, Yorick. La procession funéraire d'Ophélie approche, menée par Laërte. Lui et Hamlet en viennent aux mains, mais la bagarre est brisée.

Scène II — Hamlet raconte à Horatio comment il s'est échappé et comment Rosencrantz et Guildenstern sont morts. Un courtisan, Osric, les interrompt et invite Hamlet à se battre avec Laërte. Le combat commence alors que l'armée de Fortinbras se rapproche d'Elsinore. Laërte blesse Hamlet avec une lame empoisonnée, mais est mortellement blessé par lui-même. Gertrude boit accidentellement du vin empoisonné et meurt. Dans ses derniers moments, Laërte se réconcilie avec Hamlet et révèle le complot meurtrier de Claudius. Dans ses derniers moments, Hamlet parvient à tuer Claudius et nomme Fortinbras comme son héritier. Quand Fortinbras arrive, Horatio raconte l'histoire et Fortinbras ordonne de rendre hommage à Hamlet.

Passages célèbres[modifier le code]

To be or not to be[modifier le code]

Le monologue d'Hamlet est peut-être le passage le plus célèbre de toute la littérature anglaise :

Whether 'tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And, by opposing, end them. To die, to sleep,
No more, and by a sleep to say we end
The heartache, and the thousand natural shocks
That flesh is heir to; 'tis a consummation
Devoutly to be wish'd. To die, to sleep,
To sleep, perchance to dream, ay, there's the rub;
For in that sleep of death what dreams may come
When we have shuffled off this mortal coil,
Must give us pause. There's the respect
That makes calamity of so long life,
For who would bear the whips and scorns of time,
The oppressor's wrong, the proud man's contumely,
The pangs of despis'd love, the law's delay,
The insolence of office and the spurns
That patient merit of th'unworthy takes,
When he himself might his quietus make
With a bare bodkin? Who would fardels bear,
To grunt and sweat under a weary life,
But that the dread of something after death,
The undiscover'd country from whose bourn
No traveller returns, puzzles the will,
And makes us rather bear those ills we have
Than fly to others that we know not of?
Thus conscience does make cowards of us all,
And thus the native hue of resolution
Is sicklied o'er with the pale cast of thought,
And enterprises of great pitch and moment
With this regard their currents turn awry,
And lose the name of action. - Soft you, now!
The fair Ophelia! Nymph, in thy orisons
Be all my sins remember'd.

Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir
la fronde et les flèches de la fortune outrageante,
ou bien à s’armer contre une mer de douleurs
et à l’arrêter par une révolte ? Mourir… dormir,
rien de plus ;… et dire que par ce sommeil nous mettons fin
aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles
qui sont le legs de la chair : c’est là une terminaison
qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir… dormir,
dormir ! peut-être rêver ! Oui, là est l’embarras.
Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort,
quand nous sommes débarrassés de l’étreinte de cette vie ?
Voilà qui doit nous arrêter. C’est cette réflexion-là
qui nous vaut la calamité d’une si longue existence.
Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde,
l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté,
les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi,
l’insolence du pouvoir et les rebuffades
que le mérite résigné reçoit des créatures indignes,
s’il pouvait en être quitte
avec un simple poinçon ? Qui voudrait porter ces fardeaux,
geindre et suer sous une vie accablante,
si la crainte de quelque chose après la mort,
de cette région inexplorée, d’où
nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté,
et ne nous faisait supporter les maux que nous avons
par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas ?
Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches ;
ainsi les couleurs natives de la résolution
blêmissent sous les pâles reflets de la pensée ;
ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes
se détournent de leur cours, à cette idée,
et perdent le nom d’action… Doucement, maintenant !
Voici la belle Ophélia… Nymphe, dans tes oraisons
souviens-toi de tous mes péchés14.

Autres répliques célèbres[modifier le code]

Deux autres répliques connues :

  • MARCELLUS. — Il y a quelque chose de pourri dans l’empire du Danemark15 (plus souvent cité dans les termes « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. »).
  • HAMLET. — […] Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, Horatio, qu’il n’en est rêvé dans votre philosophie16.

Postérité[modifier le code]

Les allusions à la pièce de Shakespeare sont très nombreuses dans la littérature, les arts plastiques et le cinéma.

Adaptations[modifier le code]
  • Le Jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet opus 189, opéra en 5 tableaux de Pierre Thilloy sur un livret de Bernard-Marie Koltès, créé le 23 mars 2011 à l'Opéra Théâtre de Metz17.
  • Dans Sauvez Hamlet de l'auteur britannique Jasper Fforde, Hamlet interprète son propre personnage, tiré de son roman pour aller vivre dans le monde réel et ainsi se rendre compte de la façon dont les gens le perçoivent.

La pièce a été également source d’inspiration pour de nombreux artistes, sculpteurs, peintres ou graveurs18. Certaines scènes, les apparitions du fantôme, la représentation de la Souricière, la mort d’Ophélie mais surtout Hamlet jouant avec le crâne de Yorick deviennent de véritables icônes19.

La première illustration gravée pour Hamlet parut dans l'édition illustrée des œuvres de Shakespeare publiée en 1709 par Jacob Tonson20. Hamlet apparaît dans le volume 5, avec une gravure en frontispice représentant la seconde apparition du fantôme21. Cette représentation, comme celles qui illustrent les éditions qui allaient alors se succéder jusqu’en 174022, pourrait être inspirée d’une mise en scène contemporaine21.

En 1740, l’édition de Theobald fit le choix d’une nouvelle iconographie, celle de la première apparition du fantôme sur les murailles d'Elseneur (Hamlet, acte I, sc. iv)23. En 1744 parut une nouvelle édition des œuvres complètes, illustrée par Francis Hayman et Hubert François Gravelot24 qui firent le choix d’une autre scène : celle de la représentation donnée par les acteurs itinérants devant le roi et la reine (Hamlet, acte III, sc. ii).

Article détaillé : Boydell Shakespeare Gallery.

Les illustrations de Hayman étaient si populaires que le propriétaire de « Vauxhall Gardens », Jonathan Tyers, lui avait commandé des toiles de très grand format pour décorer le « Pavillon du Prince de Galles » ; parmi elles figurait la scène de la pièce de théâtre de l'acte III25. L’époque se passionnait pour le théâtre et les artistes, comme Hayman et William Hogarth, se spécialisèrent dans l’illustration des pièces mais également les portraits d’acteurs célèbres sur scène. Il existe ainsi plusieurs portraits de l’acteur David Garrick, notamment dans la scène du fantôme (I, iv) où il s’était particulièrement illustré26. La popularité du théâtre shakespearien incita alors le graveur et éditeur John Boydell à se lancer dans un ambitieux projet qui comportait l’ouverture d’une galerie d’exposition, la Boydell Shakespeare Gallery qui devait ouvrir le 4 mai 1789 et possédait alors 34 tableaux.

De cette entreprise restent des œuvres de Benjamin West (1792), et Richard Westall.

Une représentation de Hamlet en France en 1827 inspira les peintres romantiques Achille Devéria et Eugène Delacroix (1830, 1835 et 1839). Le succès de la pièce fut tel qu'Hamlet fut adapté à l'opéra par Ambroise Thomas en 1868. La mise en scène montrait pour la première fois la pièce d’eau où se noie Ophélie, donnant lieu à une nouvelle iconographie de ce personnage27.

Les artistes qui se sont notamment illustrés dans la représentation d’Hamlet sont Heinrich Füssli (1780-5), Thomas Lawrence (1802), John Everett Millais (1850), Gustave Moreau,Mikhaïl Vroubel (1883), Edwin Austin Abbey (1897).

On retrouve des adaptations cinématographiques diverses concernant Hamlet, dont l'œuvre du même titre datant de 1948 réalisée par Laurence Olivier. On retrouve aussi une reprise de la tragédie en 1997, elle aussi portant le même nom que l'œuvre, réalisée par Kenneth Branagh. De plus on remarque au sein de l'animation japonaise de nombreuses reprises des élans romantiques exprimées dans les œuvres de Shakespeare. On remarquera Zetsuen no Tempest reprenant tout au long de sa trame scénaristique des citations d'Hamlet couplée avec celle de La Tempête

Article détaillé : en:Shakespeare on screen.

La première adaptation de la pièce pour le cinéma est un film français intitulé Le Duel d'Hamlet ; il est réalisé par Clément Maurice avecSarah Bernhardt dans le rôle d'Hamlet. De nombreuses adaptations28 suivront, notamment Hamlet de Svend Gade et Heinz Schall en1920, avec encore une femme, Asta Nielsen dans le rôle titre. Dans son Hamlet de 1948, Laurence Olivier utilise les ressources propres à ce nouveau médium pour donner du célèbre monologue une version en voix off qui renouvelle la scène; en URSS, en 1964, pour le 400e anniversaire de la naissance de Shakespeare, Grigori Kozintsev en tourne une version romantique et moins « glacée » que la précédente, dans un décor monumental. En 1969, Tony Richardson donne sa version de l’œuvre Hamlet suivi en 1990 par Franco Zeffirelli (Hamlet), en 1996 par Kenneth Branagh (Hamlet) et en 2000 par Michael Almereyda (Hamlet).

À côté des adaptations de la pièce pour le grand écran, des films comme To be or not to be (1942) d'Ernst Lubitsch, qui met en abyme la pièce de Shakespeare, et Django porte sa croix (1968) d'Enzo G. Castellari, qui en transpose l’intrigue dans le monde du western, sont des exemples de la popularité de l'œuvre de Shakespeare. On peut également relever Les salauds dorment en paix d'Akira Kurosawa qui s'inspire de l'intrigue, dans une histoire se déroulant dans le Japon d'après-guerre. En 1995, Kenneth Branagh avait déjà approché la pièce dans A Midwinter's Tale (Jeu de mots sur les titres de The Winter's Tale et Midsummer's Night's Dream) où un metteur en scène au chômage accepte de monter un Hamlet comme spectacle de Noël dans une petite église de la province anglaise.

  • Version télé de la pièce interprétée par David Tennant dans le rôle de Hamlet et la Royal Shakespeare Company en 2009.
  • Le dessin animé Le Roi lion de Walt Disney, inspiré d'Hamlet, adapté pour un jeune public.
  • La Légende du scorpion noir (Ye Yan, The Banquet en anglais)29 est un film chinois de Feng Xiaogang. C'est une adaptation de Hamlet de William Shakespeare dans la Chine du Xe siècle, en version Kung fu et mettant en vedette Zhang Ziyi, Daniel Wu, Zhou Xun ou encore Ge You.
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Yohann Lebredonchel - dans théatre
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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 15:59

Aux XXe et XXIe siècles[modifier]

Le Roi Lear fait partie des œuvres les plus populaires de Shakespeare à avoir été représentées au XXe siècle. La mise en scène la plus célèbre est celle réalisée par Peter Brook en mai 1962, avec Paul Scofield dans le rôle de Lear et Alec McCowen dans celui du fou. Lors d'un sondage d'opinion en 2004 auprès de membres de la Royal Shakespeare Company, le Lear de Scofield a été désigné comme la plus grande interprétation d'une pièce de Shakespeare de toute l'histoire de la RSC[19]. Cette version a été immortalisée sur pellicule en 1971.

La plus longue durée d'une production du Roi Lear à Broadway est celle de 1968 avec Lee J. Cobb (Lear), Stacy Keach (Edmond), Philip Bosco (Kent), et René Auberjonois (le fou). Elle a tenu l'affiche durant soixante-douze représentations : aucune autre production de la pièce à Broadway n'avait jamais dépassé les cinquante soirées.

Quelques interprétations célèbres de Lear

En France[modifier]

Jean-François Ducis (traduction), Comédiens Français.
Jean-François Ducis (traduction), Comédiens Français.
Frédéric Duhomme et Elie Sauvage (traduction et adaptation).
Jules Lacroix (traduction), Pierre François Beauvallet (Lear), Paul Félix Taillade (Edgar), Paul Deshayes (Kent), Bienfait (le fou), Mounet-Sully (Cornouailles) Mlle Agar (Goneril), Mlle Nancy (Régane), Sarah Bernhardt (Cordélia)[24].
Pierre Loti, Émile Vedel (traduction), André Antoine (mise en scène), Lucien Jusseaume (scénographie), Edmond Missa (musique)[25], Antoine (Lear), Andrée Mery (Cordelia), Jeanne Lion (Goneril), Lucie Brille (Régane), Capellani (Edgard).
Paul Chovelon (traduction), Comédie de Provence (compagnie théâtrale d'Aix-en-Provence fondée par Gaston Baty), René Lafforgue (mise en scène et musique), Jean-Pierre Frémont (scénographie), René Lafforgue (Lear), Serge Bossac (Kent), Guy Moatty (le fou), Michel Chaigneau (Albany), Bernard Gauthier (Cornouailles), Paul Delon (Gloucester), François Louviane (Edmond), Jean-Pierre Frémont (Edgar), Claude Cartoux (Goneril), Colette Allègre (Régane), Andrée Amavet (Cordélia), Patrick Antoine (Oswald)
King Lear (version originale), Peter Brook (mise en scène, scénographie), Royal Shakespeare Company de Stratford-upon-Avon
Yves Bonnefoy (traduction), Grenier de Toulouse, Maurice Sarrazin, Martin Elizondo, Alain-Alexis Barascq (mise en scène), Pierre Fichet (scénographie), Jean-Claude Sotto (costumes), Maurice Sarrazin (Lear), Serge Dekramer (Kent), Jean Bousquet (le fou), Jean Hort (Gloucester), Jean Favarel (Edmond), Michel Simonian (Edgar), Louis Granville (Albany), Claude Marcan (Cornouailles), Simone Turck (Goneril), Josiane Heuillet (Régane), Fabienne Tonnel (Cordelia), Jacques Cavanhac (Oswald)
Maurice Clavel (traduction), Théâtre national populaire, Georges Wilson (mise en scène), Jacques Le Marquet (scénographie), Ivo Malec (musique), Georges Wilson (Lear), Jacques Harden (Kent), François Maistre (le fou), André Reybaz (Gloucester), José-Maria Flotats (Edgar), Charles Denner (Edmond), Eléonore Hirt (Goneril), Judith Magre (Régane), Monique Lejeune (Cordélia), Georges Riquier (Cornouailles), Mario Pilar (Albany), Michel Beaune (Oswald)
Yves Bonnefoy (traduction), Pierre Debauche (mise en scène), Pierre Laville (dramaturgie), Yannis Kokkos (scénographie), Pierre Debauche (Lear), Roger Jacquet (Kent), Paul Crauchet (le fou), Jacques Debary (Gloucester), Maurice Bénichou (Edgar), Gérard Desarthe (Edmond), Michelle Marquais (Goneril), Danièle Lebrun (Régane), Dominique Labourier (Cordélia), Bernard Waver (Albany), Raoul Billerey (Cornouailles), Marc Bonseignour (Oswald)
Daniel Benoin (traduction), Comédie de Saint-Étienne, Daniel Benoin, Dominique Pichon (mise en scène), Jean-Paul Ollagnon (scénographie), Jean-Marc Bory (Lear), Pascale Audret (Goneril), Jean-Michel Dupuis, Gilles Segal, Jacques Bellay, Marcel Champel, Bernard Crommbey, Paul Descombes, Alain Duclos, Daniel Laloux, Hubert Saint, Françoise Thuries, Josée Yanne
Angelo Della Giacoma, Luigi Lunari (traduction), Piccolo Teatro di Milano, Giorgio Strehler (mise en scène), Ezio Frigerio (scénographie), Fiorenzo Carpi (musique), Tino Carraro (Lear)
Michel Vittoz (traduction), Théâtre du Miroir (Paris), Daniel Mesguich (mise en scène), Thierry Delory (scénographie), Philippe Morier-Genoud (Lear), Christian Defleur (Kent), Eric Frey (le fou), Gérald Robard (Gloucester), Jean-Yves Buquet (Edmond), Redjep Mitrovitsa (Edgar), Anne Rondags (Goneril), Catherine Berriane (Régane), Catherine Rougelin (Cordélia), Jean-Marc Bourg (Albany), Frédéric El Guedj (Cornouailles), Alain Lenglet (Oswald)
Yves Bonnefoy (traduction), Matthias Langhoff (mise en scène), Léo Van't Schip (scénographie), Olivier Dejours (musique), Serge Merlin (Lear), Marc Berman (Kent), François Chattot (le fou), Raymond Jourdan (Gloucester), Charlie Nelson (Edgar), Ahmed Belbachir (Edmond), Laurence Calame (Goneril), Agnès Dewitte (Regane), Michèle Feruse (Cordélia), François Chattot (Albany), Thierry Bosc (Cornouailles), Antoine Basler (Oswald)
Daniel Loayza (traduction), Georges Lavaudant (mise en scène), Jean-Pierre Vergier (scénographie), Philippe Morier-Genoud (Lear), Marc Betton, François Caron, Pascal Elso, Vincent Winterhalter, Gilles Arbona, Louis Beyler, Jean-Marie Boëglin, Olivier Coloni, Philippe Demarle, Laurent Fernandez, Laurent Manzoni, Sylvie Orcier, Annie Perret, Marie-Paule Trystram, Bernard Vergne
Luc de Goustine (traduction), Philippe Adrien (mise en scène), Gérard Didier (scénographie), Ghédalia Tazartès (musique), Victor Garrivier (Lear), Jean-Pol Dubois (Kent), Wolfgang Kleinertz (Gloucester), Olivier Constant (Edgar), Catherine Rétoré (Goneril), Sylvie Debrun (Regane), Natacha Mircovich (Cordélia), Jean-François Vlerick (Cornouailles), Dominik Bernard (Oswald), Bruno Blairet (Edmond), Éric Challier (Albany), Alain Dzukam (le Fou), David Stanley
Jean-Michel Déprats (traduction), André Engel (mise en scène), Dominique Muller-Wakhevitch (dramaturgie), Nicky Rieti (scénographie), Michel Piccoli (Lear), Gérard Desarthe (Kent), Jean-Paul Farré, Jérôme Kircher, Julie-Marie Parmentier, Lisa Martino, Anne Sée, Rémy Carpentier, Jean-Claude Jay, Gilles Kneusé, Lucien Marchal, Gérard Watkins
Daniel Loayza (traduction), Michel Mathieu (mise en scène), Yann Frouin (assistant mise en scène), Pierre Dequivre (scénographie), Sébastien Cirotteau (musique), Bruno Wagner (vidéo), Christian Toullec (lumières), Alberto Burnichon (régie générale), Dominique Collignon-Maurin (Lear), Natalie Artois, Séverine Astel, Hassan Ayoudj-Tess, Andrée Benchétrit, Sébastien Lange, Jacky Lecannelier, Kaf Malère, Jean-Yves Michaux, Mélyssa Michel, Alex Moreu, Quentin Siesling
Pascal Collin (traduction), TNB-Théâtre national de Bretagne Rennes (production), Jean-François Sivadier (mise en scène), Christian Tirole (scénographie), Frédéric Fresson (musique), Nicolas Bouchaud (Lear), Norah Krief (Cordélia et le fou), Stephen Butel, Murielle Colvez, Vincent Dissez, Vincent Guédon, Nicolas Lê Quang, Christophe Ratandra, Nadia Vonderheyden, Rachid Zanouda[26].
Dorothée Zumstein (traduction), Laurent Fréchuret (mise en scène), Stéphanie Mathieu (scénographie), Dominique Lentin (musique), Dominique Pinon, Xavier Boulanger, Philippe Duclos, Éric Frey, Thierry Blanc, Sophie Cattani, Odja Llorca, Caroline Piette, Éric Challier, Thierry Gibault, Hervé Lassïnce, Vincent Nadal, Rémi Rauzier
Jean-Claude Fall (traduction), Jean-Claude Fall (mise en scène), Gérard Lieber (dramaturgie), Gérard Didier (scénographie), Dmitri Chostakovitch musique), Jean-Claude Fall (Lear), Jean-Claude Bonnifait (Kent), Christel Touret (le fou), Patrick Oton (Gloucester), David Ayala (Edgar), Luc Sabot (Edmond), Isabelle Fürst (Goneril), Fanny Rudelle (Régane), Christel Touret (Cordélia), Julien Guill (Albany), Grégory Nardella (Cornouailles), Alex Selmane (Oswald)

Ailleurs dans le monde[modifier]

Dobrica Milutinović dans le rôle de Lear (1924)
  • 2006 : Varsovie, Théâtre de la Liberté (Teatr Na Woli)
mise en scène Andreï Kontchalovski, Daniel Olbrychski (Lear)[27]

Traductions[modifier]

En français[modifier]

  • 1779 : Pierre-Prime-Félicien Le Tourneur (1736-1788), Shakespeare traduit de l'anglois par M. Le Tourneur, avec, dans le t. 1, une épître dédicatoire au roi signée Le Comte de Catuelan, Le Tourneur et Fontaine-Malherbe, t. 5 : Le Roi Lear, Hamlet, Paris, Mérigot jeune, 304 p.
    • 1821 : François Guizot (1787-1874), Œuvres complètes de Shakspeare, révision des traductions de Le Tourneur précédée d'une notice biographique et littéraire sur Shakespeare par François Guizot, t. 5 : Le roi Lear, Cymbeline, La méchante femme mise à la raison, Peines d'amour perdues, Périclès, Paris, Ladvocat,
    • 1821 : Voltaire (1694-1778) et Jean-François de La Harpe (1739-1803), Œuvres de Shakspeare, traductions de Le Tourneur commentées par Voltaire et de La Harpe, t. 3 : Le Roi Lear, Timon d'Athènes, Les Deux gentilshommes de Vérone, Paris, Brissot-Thivars
    • 1835 : Horace Meyer (-), Œuvres dramatiques de Shakspeare, traductions de Le Tourneur précédées d'une notice biographique et littéraire (Vie de Shakspeare), t. 1 : Othello, ou le More de Venise, La Tempête, Jules César, Roméo et Juliette, Coriolan, La Vie et la mort du roi Richard II, Macbeth, Le Roi Lear, Comme vous l'aimez, Titus Andronicus, Le Songe d'une nuit du milieu de l'été, Timon d'Athènes, Le Marchand de Venise, Antoine et Cléopâtre, Beaucoup de bruit pour rien, Paris, A. Saintin
    • 1897 : Pierre-Prime-Félicien Le Tourneur, Le Roi Lear, Paris, Librairie de la bibliothèque nationale, Collection Les meilleurs auteurs anciens et modernes, p. 159
  • 1783 : Jean-François Ducis[28] (1733-1816), Le Roi Lear, tragédie en 5 actes par M. Ducis, représentée à Versailles le 16 janvier 1783 et à Paris le 26 du même mois par les Comédiens français, Paris : P.-F. Gueffier, 116 p.
    • 1824 : Jean-François Ducis (1733-1817), Œuvres complètes de Shakespeare, adaptation des traductions de Le Tourneur, t. 2 : Œdipe chez Admète, Le Roi Lear, Macbeth, Paris, Librairie de Bure,
  • 1839 : Benjamin Laroche (1797-1852), Œuvres complètes de Shakespeare, précédées d'une introduction sur le génie de Shakespeare par Alexandre Dumas, t. 2 : Le Roi Jean, Richard II, Henri IV, Henri V, Henri VI, Richard III, Henri VIII, Timon d'Athènes, Songe d'une nuit d'été, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre, Macbeth, Hamlet, Le Roi Lear, Paris, Marchant
    • 1844 : Benjamin Laroche, idem, Paris, Société du Panthéon littéraire
    • 1854 : Benjamin Laroche, Œuvres complètes de Shakspeare, traduction nouvelle, t. 4 : Le Roi Lear, Périclès, prince de Tyr, Comme il vous plaira, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre, Paris, Charpentier
    • 1875 : Benjamin Laroche, Œuvres complètes de Shakspeare, traduction nouvelle, édition illustrée de gravures sur bois de Deghouy sur dessins originaux de Félix Barrias, t. 2 : Le Roi Lear, Périclès prince de Tyr, Comme il vous plaira, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre, Le Songe d'une nuit d'été, Timon d'Athènes, Le Roi Jean, Richard II, Henri IV, Henri V, Henri VI, Richard III, Henri VIII, Paris, librairie de l'Écho de la Sorbonne
  • 1839 : Francisque Michel (1809-1887), Œuvres complètes de Shakspeare, traduction entièrement revue sur le texte anglais et précédée de la vie de Shakspeare par Woodsworth et des remarques sur la vie et les ouvrages de William Shakspeare par Thomas Campbell, t. 1 : Othello ou le More de Venise, La Tempête, Jules César, Roméo et Juliette, Coriolan, La Vie et la mort du roi Richard II, Macbeth, Le Roi Lear, Comme vous l'aimez, Titus Andronicus, Le Songe d'une nuit du milieu de l'été, Timon d'Athènes, Le Marchand de Venise, Paris, H. Delloye
    • 1855 : Francisque Michel, idem, Paris, imprimerie de Firmin-Didot frères
    • 1869 : Francisque Michel, Œuvres choisies de Shakespeare, t. 2 : Le Roi Lear, Le Marchand de Venise, Mesure pour mesure, Henry IV roi d'Angleterre, Paris, Firmin-Didot frères, fils et Cie
    • 1875 : Francisque Michel, Œuvres choisies de Shakespeare : Le Roi Léar, Le Marchand de Venise, Mesure pour mesure, Henri IV, précédé de Remarques sur la vie et les ouvrages de Shakespeare par Thomas Campbell, Paris, Librairie de Paris Firmin-Didot et Cie, collection Collection des Classiques, 572 p.
  • 1857 : Édouard Devicque et Henri Crisafulli (1827-1900), Le Roi Lear : drame en 5 actes et 12 tableaux représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Impérial du Cirque le jeudi 10 septembre 1857, Paris, Librairie théâtrale, 87 p.
  • 1859 : François-Victor Hugo (1828-1873), Œuvres complètes de Shakespeare, v. 9 : La famille : Coriolan, Le roi Lear, Paris, Pagnerre
    • 1865 : François-Victor Hugo, idem, préface de Victor Hugo
    • 1872 : François-Victor Hugo, idem, 478 p.
    • 1879 : François-Victor Hugo, Œuvres complètes de Shakespeare, préface de Victor Hugo, v. 11 : Henry VIII, Le Roi Lear, Paris, A. Lemerre
    • 1938 : François-Victor Hugo, Jules Supervielle, Eugène Morand, Shakespeare, Théâtre complet 2 : Comme il vous plaira, Le Soir des Rois, Hamlet, Les Joyeuses épouses de Windsor, Troylus et Cressida, Tout est bien qui finit bien, Mesure pour mesure, Othello, Le Roi Lear, Macbeth, Antoine et Cléopâtre, Coriolan, Timon d'Athènes, Périclès, Cymbeline, Le Conte d'hiver, La Tempête, Henry VIII, avant-propos d'André Gide (1869-1951), Paris, Gallimard, Collection Bibliothèque de la Pléiade, 1359 p.
    • 1944 : François-Victor Hugo, Le roi Lear, Mesure pour mesure, traduction entièrement revue et annotée par Christine et René Lalou, Paris, Éditions de Cluny, Collection Œuvres de William Shakespeare, drames, 3, Bibliothèque classique de Cluny, 258 p.
    • 1949 : François-Victor Hugo, William Shakespeare, œuvres complètes, eaux-fortes enluminées de Maurice Leroy, t. 5 : Le Roi Lear, Cymbeline, Paris, Éditions Arc-en-ciel
    • 1964 : François-Victor Hugo, Shakespeare. Othello, Le Roi Lear, Macbeth, préface et notices par Germaine Landré, Paris, Garnier-Flammarion, 320 p.
    • 1964 : François-Victor Hugo, Shakespeare. Théâtre complet, t. 3 : Mesure pour mesure, Othello, Le Roi Lear, Macbeth, Antoine et Cléopâtre, Coriolan, Timon d'Athènes, Périclès, Cymbeline, Le Conte d'hiver, La Tempête, Henri VIII, introduction, notices et notes par Joseph-Barthélemy Fort, Paris, Garnier frères, 1143 p.
    • 1971 : François-Victor Hugo, Les Chefs-d'œuvre de Shakespeare, t. 4 : Macbeth, Le roi Lear, illustrations de Jean Gradassi, Nice, Le Chant des sphères, 201 p.
    • 2000 : François-Victor Hugo, Le roi Lear, Paris, Édition J'ai lu, collection Librio, 126 p. (ISBN 2-290-30491-3)
  • 1860 : François Guizot (1787-1874), Œuvres complètes de Shakspeare avec une étude sur Shakspeare, des notices sur chaque pièce et des notes, t. 5 : Le Roi Lear, Cymbeline, La Méchante femme mise à la raison, Peines d'amour perdues, Périclès, Paris, Didier
    • 1938 : François Guizot, Œuvres dramatiques de Shakespeare, t. 3 : Hamlet prince de Danemark, Le Roi Lear, Paris, H. Béziat, collection Écrivains illustres, 192 p.
  • 1867 : Émile Montégut (1826-1895), Œuvres complètes de Shakespeare, v. 8 : Antoine et Cléopâtre, Périclès, Le Roi Lear, Macbeth, Paris, Hachette
    • 1870 : Émile Montégut, Œuvres complètes de Shakespeare, v. 3 : Les Grands Drames : Troïlus et Cressida, Timon d'Athènes, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre, Roméo et Juliette, Othello ou le Maure de Venise, Macbeth, Hamlet, Le Roi Lear, Cymbeline, Périclès, Paris, Hachette
    • 1876 : Émile Montégut, Œuvres complètes de Shakespeare, v. 8 : Antoine et Cléopâtre, Périclès, Le Roi Lear, Macbeth, Paris, Hachette
    • 1881, 1889, 1899, 1903, 1906, 1909, 1912 : Émile Montégut, idem
  • 1868 : Jules Lacroix (1809-1887), Le roi Lear : drame en cinq actes, et en vers imité de Shakespeare, représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Impérial de l'Odéon, le 6 avril 1868, Paris, Michel-Lévy frères, 144 p.
  • 1869 : Pierre-Edmond-Patient Herpin (abbé), Le Roi Lear, de W. Shakespeare, traduction en vers, Rennes, imprimerie A. Leroy fils, 212 p.
  • 1904 : Pierre Loti (1850-1923) et Émile Vedel (1858-1937), Le roi Lear, William Shakespeare, traduit par Pierre Loti et Émile Vedel, Paris, Calmann-Lévy, 237 p. et L'Illustration théâtrale du 17 décembre 1904
    • 1916 : Pierre Loti et Émile Vedel, Le roi Lear : La Vraie Chronique et histoire de la vie et de la mort du roi Lear et de ses trois filles, avec la vie de l'infortuné Edgar, fils et héritier du comte de Gloster et de sa prétendue démence, comme elle fut jouée devant le Roi à Whitehall le 26 décembre 1606 édition pour le tricentenaire de la mort de Shakespeare ornée de gravures sur bois par Jean Lébédeff, Paris, Société littéraire de France, 63 p.
  • 1908 : Georges Duval (1847-1919), Œuvres dramatiques de William Shakespeare, traduction entièrement conforme au texte anglais, v. 4 : Le roi Lear, Le roi Henry V, La première partie de Henry VI, La seconde partie de Henry VI, La troisième partie de Henry VI, Paris, Flammarion, 510 p.
  • 1924 : Georges Roth (-), Œuvres choisies de Shakespeare, t. 4 : Othello, Le Roi Lear, Macbeth, Paris, Larousse, 263 p.
  • 1931 : Jules Derocquigny (1860-19..), La tragédie du Roi Lear, William Shakespeare, texte en anglais et traduction française en regard, Paris, Les Belles lettres, 274 p.
  • 1939 : Jacques Copeau (1879-1949 ) et Suzanne Bing (1885-1967), Les Tragédies de Shakespeare, traduites par Suzanne Bing et Jacques Copeau, illustrées par Edy-Legrand : Titus Andronicus, Roméo et Juliette, Jules César, Hamlet, Othello, Macbeth, Antoine et Cléopâtre, Le Roi Lear, Coriolan, Timon d'Athènes, Paris, Union latine d'éditions
  • 1941 : Pierre Messiaen (1883-1957), William Shakespeare. Les Tragédies. Roméo et Juliette, Jules César, Troïlus et Cressida, Hamlet, Othello, Le Roi Lear, Macbeth, Timon d'Athènes, Antoine et Cléopâtre, Coriolan, Périclès, Cymbeline, notes et remarques du traducteur, Paris, Desclée de Brouwer, 1559 p.
  • 1942 : Camille Chemin (1878-1959), Le roi Lear : la vraie chronique et histoire de la vie et de la mort du roi Lear et de ses trois filles, avec la vie de l'infortuné Edgar, fils et héritier du comte de Gloster et sa prétendue démence, Paris, Aubier, DL, collection Collection bilingue des classiques étrangers, texte anglais et traduction française en regard, 317 p.
    • 1976 : Camille Chemin, introduction et bibliographie par A. Maurocordato, Le Roi Lear, Paris, Aubier-Montaigne, 317 p. (ISBN 2-7007-0048-1)
  • 1959 : Pierre Leyris (1907-2001) et Élizabeth Holland (-) Shakespeare, Théâtre complet, avant-propos d'André Gide, introduction générale et textes de présentation des comédies et tragédies par Henri Fluchère et Jean Fuzier, t. 2 : Le Roi Lear, Paris, Gallimard, Collection Bibliothèque de la Pléiade, 1385 p.
  • 1964 : Paul Arnold (1909-1992), Œuvres de Shakespeare, t. 5 : Le Roi Lear, La Vie de Timon d'Athènes, Paris, Albin Michel, 287 p.
  • 1965 : Yves Bonnefoy (1923-....), Le roi Lear, Paris, Mercure de France, 201 p.
    • 1978 : Yves Bonnefoy, William Shakespeare, Hamlet, Le Roi Lear, Paris, Gallimard, collection Folio, 413 p. (ISBN 2-07-037069-0)
    • 1991 : Yves Bonnefoy, Le roi Lear, nouvelle édition revue et corrigée, Paris, Mercure de France, 182 p. (ISBN 2-7152-1645-9)
  • 1965 : Jean-Louis Curtis (1917-1995), Le roi Lear, Paris, Gallimard, collection Le Manteau d'Arlequin, 285 p.
  • 1967 : Maurice Clavel (1920-1979), Le roi Lear : la vraie chronique et histoire de la vie et de la mort du roi Lear et de ses trois filles avec la vie de l'infortuné Edgar, fils et héritier du comte de Gloucester et sa prétendue démence, Paris, Gallimard, collection Théâtre national populaire, 155 p.
  • 1976 : Daniel Benoin (1947-....), Le Roi Lear, texte, analyses, mise en scène, études de Jacques Bellay, Daniel Benoin, Alain Duclos, Christian Eychène, Saint-Étienne, Comédie de Saint-Étienne, Lyon, Centre d'études et de recherches théâtrales Université Lyon II, 114 p. (ISBN 2-7277-0000-8)
  • 1981 : Jean-Pierre Renault (1948-....), Le roi Lear, Caen, Comédie de Caen, 192 p. (ISBN 2-90115-01-02)
  • 1984 : Jean Vauthier (1910-1992), Roi Lear de Shakespeare, création au Théâtre national de Marseille-La Criée Marcel Maréchal le 7 février 1984, version française pour la scène de Jean Vauthier, Marseille, J. Laffitte, collection Approches. Répertoire, 186 p. (ISBN 2-86276-076-5)
  • 1992 : Jean Gillibert (1925-....), Le roi Lear, Paris, Phébus, collection Verso, 159 p. (ISBN 2-85940-236-5)
  • 1992 : Jean Malaplate (1923-....), Le roi Lear, préface de Marie-Thérèse Jones-Davies, texte des éditions de 1608 et 1623, Paris, J. Corti, édition bilingue, 310 p. (ISBN 2-7143-0432-X)
  • 1993 : Jean-Michel Déprats, La tragédie du roi Lear, préface Gisèle Venet, Paris, Gallimard, Collection Folio. Théâtre, 285 p. (ISBN 978-2-07-038709-0)
  • 1995 : Armand Robin (1912-1961), Le roi Lear, préface par Bertram Leon Joseph, Paris, Flammarion, édition bilingue, 435 p. (ISBN 978-2-08-070882-3)
  • 1998 : Jacques Drillon (1954-....), Le roi Lear, précédé de Traduire Shakespeare ou La Trahison par la révérence, transcription pour la scène française, Arles, Actes Sud, collection Un endroit où aller, 214 p. (ISBN 2-7427-1645-9)
  • 2000 : Luc de Goustine (1938-....), La tragédie du roi Lear, Paris, L'Arche, collection Scène ouverte, 176 p. (ISBN 2-85181-474-5)
  • 2004 : Daniel Loaysa (1961-....), Le roi Lear, avant-propos de Georges Lavaudant, Ivry-sur-Seine, Éditions À propos, 222 p. (ISBN 2-9516323-2-0)
  • 2007 : Pascal Collin (-), Le roi Lear, Montreuil, Éditions théâtrales, Rennes, Théâtre national de Bretagne-Rennes, collection En scène (ISBN 978-2-84260-265-9)

Autres langues[modifier]

En portugais[modifier]

  • 2002 : Álvaro Barreirinhas Cunhal dit Álvaro Cunhal (1913-2005), O Rei Lear, Alvaro Barrerinhas Cunhal réalise cette traduction en 1960 alors qu'il est prisonnier politique., Lisboa: Caminho, 2002, 3rd. ed.),
Illustration pour le magazine allemand Die Gartenlaube.

Analyses critiques[modifier]

À propos du texte original[modifier]

À propos des traductions[modifier]

À propos des adaptations[modifier]

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 15:56

Le Roi Lear

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Le Roi Lear (en anglais, King Lear) est une tragédie en cinq actes en vers et en prose supposée avoir été rédigée entre 1603 et 1606 par William Shakespeare et créée le 26 décembre 1606 au Palais de Whitehall de Londres en présence du roi Jacques Ier d'Angleterre.

La pièce, dont l'action est placée 800 ans avant l'ère chrétienne, s'inspire entre autres de l’Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth, qui évoque la figure légendaire de Leir, roi mythique de l'île de Bretagne à l'époque celtique précédant la conquête romaine et de sa fille Cordélia. Elle contient une double intrigue (procédé habituel chez l'auteur) dont l'action secondaire contribue à renforcer les différents moments de l'action principale.

Il existe deux versions distinctes de la pièce : The True Chronicle of the History of the Life and Death of King Lear and His Three Daughters (Chronique véridique de la vie et de la mort du roi Lear et de ses trois filles), publiée en in-quarto en 1608, et The Tragedy of King Lear (La Tragédie du Roi Lear), publiée dans le Premier Folio de 1623 dans une version plus adaptée au théâtre. Les deux versions sont généralement éditées en un seul texte, mais plusieurs éditeurs modernes pensent que chaque version possède ses propres mérites[1].

Après la Restauration anglaise, la pièce est remaniée par des auteurs et des metteurs en scène qui la trouvent trop sombre et affligeante. Depuis le XIXe siècle elle est cependant régulièrement donnée en exemple comme l'une des pièces les plus achevées de l'auteur, les critiques notant en particulier la véracité avec laquelle le poète exprime les souffrances humaines et les tragédies familiales.

Elle a été très souvent adaptée à la scène et à l'écran et les comédiens les plus célèbres ont incarné le rôle de Lear. La tragédie a également été source d'inspiration, parfois inaboutie, pour nombre de compositeurs.

Personnages[modifier]

  • Lear, roi de Grande-Bretagne ; figure patriarcale que l'opinion erronée sur ses filles conduit à sa perte et à la leur.
  • Goneril, fille aînée du roi Lear, personnage perfide, épouse du duc d'Albany.
  • Régane, deuxième fille du roi Lear, également perfide, épouse du duc de Cornouailles.
  • Cordélia[2], plus jeune fille de Lear, sincère, intransigeante, préférée de son père.
  • Le duc[3] d'Albany, époux de Goneril ; Goneril se moque de sa « douceur laiteuse » ; se retourne contre sa femme vers la fin de la tragédie.
  • Le duc de Cornouailles, époux de Régane ; exerce des pressions contre le comte de Kent, abandonne Lear dans la lande au cours d'une tempête, crève les yeux de Gloucester dont l'un des serviteurs le blesse mortellement.
  • Le comte de Gloucester, père d'Edgar et d'un fils illégitime, Edmond ; Edmond le trompe au détriment d'Edgar : celui-ci s'enfuit en prenant l'identité fictive de Tom.
  • Le comte de Kent, fidèle à Lear, mais il est exilé par le roi en représailles pour ses protestations contre la manière dont Lear a traité Cordélia ; apparaît dans une grande partie de la pièce, sous l'identité de Caius ; il se déguise et se place au service du roi, sans faire connaître sa véritable identité.
  • Edgar, fils légitime de Gloucester ; déguisé en Tom, mendiant de Bedlam, aide son père aveugle ; à la fin de la tragédie retrouve ses droits.
  • Edmond, fils bâtard de Gloucester ; il s'allie avec Goneril et Régane pour réaliser ses ambitions ; est tué en combat singulier par Edgar.
  • Oswald, intendant de Goneril ; décrit comme « mauvais et intéressé » ; essaye de tuer Gloucester, mais est tué par Edgar.
  • Le fou du roi, bouffon fidèle à Lear et Cordelia, bien que ses relations avec les deux soient assez complexes : on ne le voit jamais en présence de Cordelia ; a une relation privilégiée avec Lear : personne d'autre ne peut se permettre de traiter le roi comme le fait le fou.
  • Le roi de France, prétendant puis époux de Cordélia, ému par sa sincérité.
  • Le duc de Bourgogne, prétendant de Cordelia, renonce à ses vues en l'absence de dot.
  • Curan, courtisan.
  • Un vieil homme, vassal de Gloucester.
  • Un médecin, dans le camp des forces françaises.
  • Un officier, au service d'Edmond.
  • Un gentilhomme, attaché à Cordélia.
  • Un héraut, dans le camp de l'armée anglaise.
  • Fonctionnaires de Cornouailles, chevaliers de la maison de Lear, officiers, messagers, soldats et gens de la suite.

Argument[modifier]

La part de Cordélia(1866), Ford Madox Brown
Les adieux de Cordélia(1898), Edwin Austin Abbey
Goneril et Régane(1902) Edwin Austin Abbey

Dans la grande salle du palais des rois de Grande-Bretagne, le vieux roi Lear réunit ses filles, leurs maris et son fidèle ami le comte de Kent. Il annonce son désir de se retirer du pouvoir et sa décision de diviser son royaume entre ses trois filles, Goneril mariée au duc d'Albany, Régane épouse de Cornouailles et Cordélia, la plus jeune, courtisée par le duc de Bourgogne et le roi de France. La plus large part sera offerte à celle qui saura lui déclarer qu'elle l'aime le mieux. Alors que les deux aînées n'hésitent pas à jouer la carte de la flagornerie, Cordélia se montre sobre et sincère en affirmant qu'elle devra un jour la moitié de son affection à un futur mari bien qu'elle aime profondément son père. Blessé par cette réserve qui pique d'autant plus son orgueil qu'elle émane de son enfant préférée, Lear déshérite Cordélia, partage le royaume entre les deux autres sœurs, la chasse impitoyablement et annonce qu'il ira vivre alternativement sur les terres de Goneril et de Régane avec sa suite d'une centaine de chevaliers. Le comte de Kent, proche du roi, s'oppose à ce traitement injuste et tente de faire entendre raison au souverain qui, excédé, le bannit également. Apprenant l'infortune de Cordélia, le duc de Bourgogne renonce à ses vues mais le roi de France, sa passion raffermie par tant de vertus qu'il juge plus précieuses qu'une dot, annonce que Cordélia régnera sur la belle France où elle trouvera mieux que ce qu'elle a perdu.

Parallèlement se déroule au château du comte de Gloucester une seconde intrigue sur le même thème de l'amour filial. Le comte a deux fils, Edgar, enfant légitime et Edmond, son bâtard. Celui-ci trahit son père et son frère par ambition et pour gagner l'héritage auquel son statut de bâtard ne lui donne pas droit. Il déclare ainsi à la scène 2 « Ainsi donc, Edgar le légitime, il faut que j’aie votre patrimoine [...] Que je [le] doive à mon esprit, sinon à ma naissance ! » (« Legitimate Edgar, I must have your land [...] Let me, if not by birth, have [it] by wit! »). Par une fausse lettre, qu'il révèle soi-disant contre son gré, Edmond démontre à Gloucester qu'Edgar cherche à usurper la succession tout en se montrant habilement le défenseur de son frère qu'il semble vouloir protéger du courroux de ce père. Dans un jeu de dupe, il pousse par ailleurs Edgar à se sauver pour mieux convaincre ensuite son père, en se blessant lui-même, que la raison de cette fuite est la lutte entre les deux frères provoquée par Edgar en raison du refus d'Edmond d'attenter à la vie du comte. Tous les hommes d'armes étant à sa recherche et les ports surveillés, Edgar trouve refuge dans la lande sous les oripeaux du pauvre Tom, mendiant de Bedlam.

Cependant, Kent, décidé à protéger son roi, retourne déguisé au palais et, se présentant sous le nom de Caius, se fait engager comme serviteur par Lear. Il aide le roi à corriger Oswald, l'intendant de Goneril, qui, sur ordre de sa maîtresse se refusait à servir Lear. Celui-ci commence à réaliser l'ascendant que Goneril a pris sur son père : elle ne le respecte plus, lui ordonne de se mieux comporter et de réduire sa suite qu'elle accuse de se quereller avec ses gens. Le fou se moque des malheurs du roi et de cette inversion des rôles. Furieux, Lear annonce qu'il part pour la maison de Régane dont il pense qu'elle lui réservera une affection et un sort meilleur. Albany, pris à témoin, tente de raisonner son épouse mais Goneril lui reproche sa « douceur d'agneau » et envoie Oswald prévenir sa sœur par un courrier. De son côté Lear fait porter une lettre à Cornouailles par Kent.

Pour éviter de recevoir son père, Régane se rend avec le duc de Cornouailles au château de Gloucester où Kent et Oswald se rencontrent, attendant les réponses aux missives. Kent invective l'intendant et tire l'épée contre le couard qui en appelle à l'aide de ses maîtres. Cornouailles, malgré les protestations de Gloucester, fait enferrer Kent dans les ceps. Lorsque Lear arrive chez le comte de Gloucester, il ne peut croire que la mise au pilori de son cher serviteur soit le fait de sa fille. Or, celle-ci et Cornouailles se prétendant épuisés par leur voyage refusent de lui parler et n'acceptent de descendre que sur l'intercession de Gloucester. Goneril qui est venue rejoindre sa sœur se ligue avec elle et Cornouailles pour refuser au vieux roi, non plus la moitié de son escorte, non plus vingt-cinq chevaliers mais ne lui accordera désormais plus un seul homme puisque ses gens se querellent avec ceux de la maison de ses filles. Accablé par la dureté et l'ingratitude de ses enfants auxquelles il a tout donné il quitte le château sous la tempête, accompagné du fou. Avant de les rejoindre, Kent confie à un gentilhomme de confiance la mission de rejoindre Douvres où Cordélia, informée du sort réservé à son père et des dissensions qui se font jour entre Albany et Cornouailles, a débarqué avec l'armée du roi de France.

Le Roi Lear et le Fou dans la tempête(1851), William Dyce[4].
Lear dans la tempête(1788), Benjamin West

Dans la lande dévastée par la tempête et l'orage, le roi délire en écho aux sentences du bouffon. Kent retrouve le fou et le sage et les conduit jusqu'à une hutte où ils pourront se mettre à l'abri pendant qu'il ira forcer l'hospitalité du comte. La hutte est occupée par un être hirsute que le fou prend pour un fantôme et qui dit se nommer « le pauvre Tom ». Il s'agit d'Edgar quasiment nu, hors une couverture autour des reins, et tenant des propos incohérents que Lear qualifie de « philosophie ». À l'exemple du pauvre hère, le roi, toujours plus divaguant, déchire ses vêtements imaginant que si « le pauvre Tom » en est réduit à ce triste état, lui-même ne peut à son tour que se dépouiller. Gloucester parti à leur recherche les retrouve et persuade Lear de venir s'abriter dans une dépendance du château ce que le roi n'accepte qu'à la condition que son nouvel ami, son « bon Athénien » - dans lequel Gloucester n'a pas reconnu Edgar - les accompagne. Avant que Lear ne s'abandonne à un peu de repos, le roi, le fou et le « philosophe », sous le regard désolé de Kent, et pendant que Gloucester les abandonne un moment, organisent un simulacre de procès où des tabourets tiennent le rôle de Goneril et Régane.

Gloucester ne tarde pas à revenir, les pressant de s'enfuir vers Douvres afin d'échapper à un complot qu'il vient de découvrir, visant à tuer le roi et ses défenseurs. Toujours dupe d'Edmond, le comte lui avait confié, avant de partir à la recherche du roi dans la lande, l'existence d'une lettre l'informant de la connaissance par le roi de France des dissensions entre Albany et Cornouailles et du débarquement des troupes françaises envoyées pour venger l'offense faite à Lear par ses filles. Toujours avec la même duplicité, Edmond se lamente auprès de Cornouailles d'être le fils d'un traître et de devoir par loyauté en être le délateur. Le duc lui renouvelle sa confiance et, pour lui éviter d'assister à ce qui attend son père, l'envoie avec Goneril et Oswald rejoindre Albany. Dès après leur départ Gloucester est arrêté, sa barbe blanche arrachée par Régane et ses yeux crevés par Cornouailles. Un serviteur du comte ayant osé s'interposer est tué par Régane mais blesse mortellement le duc avant d'expirer.

Au château d'Albany, Goneril apprenant par Oswald l'opposition de son mari à l'offense faite à Lear renvoie Edmond chez Cornouailles après avoir échangé avec lui serments et baiser. Le duc paraît alors et reproche à Goneril sa monstruosité de femme et de fille de roi tandis qu'elle le traite avec mépris d'« Idiot, et puéril ! ». Un messager apporte la nouvelle de la mort de Cornouailles et de la torture subie par Gloucester dénoncé par son fils. Albany est atterré et jure vengeance. Goneril s'inquiète de se retrouver en concurrence avec sa sœur maintenant veuve et de perdre Edmond. De son côté Régane apprend d'Oswald que celui-ci est chargé par Goneril d'apporter une lettre à Edmond et confie à son tour un présent pour le fils de Gloucester en faisant comprendre à l'intendant que Goneril ferait bien d'abandonner ses projets et en lui suggérant de supprimer le comte sur le sort duquel trop de monde s'apitoie.

Entre-temps, le comte de Gloucester qui avait été jeté dans la lande après sa mutilation est pris en charge un bout de chemin par un vieux paysan puis par « le pauvre Tom » (Edgar) auquel il demande de le conduire au bord de la falaise de Douvres. Arrivé là, il se jette... de toute sa hauteur dans la prairie. Edgar, prenant cette fois la voix d'un paysan lui fait croire qu'il a survécu miraculeusement à cette chute d'une hauteur de « dix mâts mis bout à bout ». Lear, toujours enfermé dans sa douloureuse démence croise leur chemin. C'est pour chacun un redoublement de chagrin de constater la souffrance de l'autre. Les paroles de folie succèdent aux discours de révolte et aux propos désespérés. Un gentilhomme de la suite de Cordélia ramène enfin le roi auprès de sa fille. Survient alors Oswald ravi de trouver sur sa route Gloucester dont la tête est mise à prix. Il tire son épée pour le tuer mais Edgar s'interpose et lui porte un coup mortel. Oswald lui demande avant de périr de remettre à Edmond la lettre de sa maîtresse. Malgré ses scrupules, Edgar ouvre la lettre pour découvrir que Goneril se promet à Edmond en échange de l'assassinat de son mari.

Lear et Cordelia dans le camp français(1849), Ford Madox Brown
Lear et Cordélia dans la prison(1779) William Blake

Dans le camp français près de Douvres Kent apprend à un gentilhomme que Lear rôde dans la région tout en refusant de voir sa fille tant la honte et le remords le rongent. Cordélia ordonne qu'on le recherche. Un messager vient annoncer que l'armée anglaise est en marche. Lorsque le roi est enfin ramené le médecin lui administre le seul remède capable d'apaiser sa douleur, des simples qui vont lui accorder un repos réparateur. Pendant son sommeil, Cordélia l'embrasse et lui déclare sa tendresse. À son réveil Lear s'agenouille pour implorer son pardon pendant que Cordélia lui demande sa bénédiction. Après ces soins et ces paroles apaisantes, le roi retrouve peu à peu ses sens et apprend qu'il se trouve sur ses terres et non en France.

L'armée britannique est déjà proche de Douvres. Albany déclare que sa préoccupation n'est pas la révolte, qu'il considère légitime, des partisans de Lear mais l'invasion du pays par le roi de France. Goneril et Régane se jaugent pendant qu'Edmond tergiverse à part sur le parti à prendre entre les deux sœurs, dont il n'aime manifestement aucune, sans mettre en péril la totalité du gain, le bénéfice du royaume dans son entier. Avant d'entrer dans la tente où doivent se décider les plans de la bataille, Albany est rejoint par Edgar, toujours déguisé en paysan. Le jeune Gloucester remet au duc la lettre de Goneril destinée à Edmond et lui déclare que s'il est toujours vivant après la bataille, il lui suffira de faire appeler par la trompe du hérault le champion que lui-même se charge d'envoyer pour faire droit à Albany dans l'intrigue que lui révélera la lettre.

Lear pleurant la mort de Cordélia(détail 1788), James Barry.
Lear pleurant la mort de Cordélia(1788), James Barry.

La bataille a eu lieu. Les Anglais sont victorieux. Lear et Cordélia sont emprisonnés. Edmond ordonne à un capitaine de les suivre et d'exécuter la mission inscrite sur l'ordre écrit qu'il lui remet. Albany réclame que le roi et la reine lui soient remis pour être traités selon leur rang. Edmond, bien que vassal d'Albany, refuse et voit sa défense prise tant par Régane que par Goneril qui, toutes deux, se glorifient d'avoir investi de leur propre pouvoir l'homme dont elles se disputent l'illusoire affection. Albany les pousse dans leur retranchement, incitant leur opposition, met fin à la sinistre comédie en mettant Edmond aux arrêts pour haute trahison et fait sonner la trompette et quérir le champion promis par Edgar. Celui-ci se présente, sans révéler encore son identité, les deux frères combattent, Edmond tombe et Edgar se nomme enfin. Il conte alors comment il a secouru son père jusqu'à ce que le cœur du vieil homme ne cède en apprenant, avant son départ pour le combat, que « le pauvre Tom » et le paysan secourable ne faisaient qu'un avec son fils légitime injustement banni. Il conte aussi comment Kent, sous les traits du serviteur Caïus, a assisté Lear et comment le comte a sombré sans connaissance à force de chagrin. On vient annoncer la mort de Goneril et de Régane : la première a empoisonné l'autre et s'est poignardée. Kent qui a recouvré ses esprits arrive et demande à voir Lear. Edmond avoue avant de mourir à son tour avoir avec Goneril donné l'ordre de pendre Cordélia dans sa cellule et de prétendre à un suicide. On se précipite à la prison mais il est trop tard. Lear apparaît, le corps de Cordélia dans ses bras et s'illusionne en voyant bouger une plume au souffle de son enfant. Mais Cordélia est morte et le cœur de Lear se brise. Albany déclare un deuil général et confie le pouvoir à Kent et Edgar chacun apportant une réponse à la hauteur de son chagrin :

« KENT. - Monsieur, j'aurai bientôt un voyage à faire.
Mon maître me fait signe : je ne dois pas dire non. »

Illustration anonyme d'une édition sur parchemin.

« EDGAR. - Au fardeau de ces tristes jours nous devons faire allégeance.
Parlons selon nos cœurs et non la bienséance !
Les plus vieux ont le plus souffert. Nous les cadets,
Jamais n'en verrons tant, ni ne vivrons tant d'années[5]. »

Les corps sont emportés sur une marche funèbre.

Hypothèses relatives aux sources[modifier]

Le personnage de Lear dans la pièce de Shakespeare est fondé sur différents récits décrivant la figure légendaire de la mythologie celtique de Lir ou Llŷr (en). La deuxième édition de The Chronicles of England, Scotlande, and Irelande de Raphael Holinshed, publiée en 1587 est considérée comme la source principale de Shakespeare. Holinshed lui-même a utilisé la trame de l'Historia regum Britanniae écrite par Geoffroy de Monmouth au XIIe siècle. Dans La Reine des fées d'Edmund Spenser, publiée en 1590, on trouve également un personnage du nom de Cordélia qui meurt de pendaison comme dans Le Roi Lear. Il existe également un célèbre conte de fée dans lequel un père rejette sa plus jeune fille parce que la déclaration d'affection qu'elle lui adresse ne lui convient pas[6].

D'autres sources possibles sont A Mirror for Magistrates (en) (1574), de John Higgins ; The Malcontent (en) (1604), de John Marston ; The London Prodigal (en) (1605) ; les Essais de Montaigne, traduits en anglais par John Florio (en) en 1603 ; An Historical Description of Iland of Britaine, de William Harrison (en) ; Remaines Concerning Britaine, de William Camden (1606) ; Albion's England, de William Warner (en), (1589), et A Declaration of egregious Popish Impostures, de Samuel Harsnett (1603), qui a fourni une partie de la langue utilisée par Edgar lorsqu'il feint la folie.

Outre l'intrigue secondaire impliquant le comte de Gloucester et ses fils Edgar et Edmond dont la source se trouve, pour les grandes lignes, dans un conte de Philip Sidney, Countess of Pembroke's Arcadia (en) (1580-1590), narrant l'histoire d'un roi aveugle de Paphlagonie et de ses deux fils, Leonatus et Plexitrus[7], la principale innovation de Shakespeare est la mort de Cordelia et de Lear à l'issue de la tragédie. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, cette fin tragique a été vivement critiquée et transformée par des versions dans lesquelles les personnages survivent et Edgar et Cordélia sont mariés.

Hypothèses de datation des textes[modifier]

Page de titre de la première édition in-quartopubliée en 1608

Les dates de l'écriture du Roi Lear ne sont pas précisément connues ; cependant de nombreuses éditions la situent entre 1603 et 1606. Cette dernière date découle de l'enregistrement dans le Registre des Libraires (Stationers' Register en anglais) d'une représentation le 26 décembre 1606. La date de 1603 trouve son origine dans les mots utilisés pour les tirades d'Edgar qui pourraient être tirés de l'ouvrage de Samuel Harsnett, Declaration of Egregious Popish Impostures (1603)[8]. Dans son édition Arden, Reginald A. Foakes (en) plaide en faveur de la période 1605-1606, car l'une des sources de Shakespeare, The True Chronicle History of King Leir, n'a été publiée qu'après 1605 ; l'étroite correspondance entre cette pièce et celle de Shakespeare, suggère qu'il aurait travaillé à partir d'un texte plutôt que de la remémoration d'une représentation[9]. À l'inverse, Frank Kermode (en), dans la Riverside Shakespeare, estime que la publication de Leir pourrait avoir été une réponse aux représentations de la pièce déjà écrite par Shakespeare ; sur la base d'un sonnet de William Strachey (en) présentant des similitudes textuelles avec Lear, Kermode conclut que « 1604-1605 semble être le meilleur compromis »[10].

Toutefois, avant que Kenneth Muir (en) ne plaide en faveur du lien de la pièce avec le texte de 1603 de Harsnett, une minorité de spécialistes la pensaient bien plus ancienne. En 1936, Alfred S. Cairncross soutenait que « la relation entre les deux pièces Leir et Lear a été inversée : Lear de Shakespeare est antérieur et l'anonyme Leir n'en est qu'une imitation »[11]. Un élément justifiant ce point de vue est que, en 1594, King Leir est entré au Stationers' Register (bien que jamais publié), tandis que la même année une pièce intitulée King Leare était enregistrée par Philip Henslowe (en) comme ayant été représentée au théâtre The Rose[12]. Cependant, selon une opinion majoritaire, les deux références ne seraient qu'une simple variante orthographique de la même pièce, King Leir[13]. Par ailleurs, Eva Turner Clark, une chercheuse oxfordienne (en) sur la question de la paternité des œuvres attribuées à Shakespeare (en) a observé de nombreux parallèles entre les pièces et les événements de 1589-1590, comme celui entre l'intrigue secondaire du bannissement Kent et l'exil de Francis Drake par Élisabeth Ire d'Angleterre en 1589[14].

La question de la datation est encore compliquée par celle des révisions.

Le texte moderne de King Lear découle de trois sources : deux in-quarto, publiés respectivement en 1608 (Q1) et 1619 (Q2)[15] et la version du Premier Folio (First Folio en anglais) de 1623 (F1). Les différences entre ces versions sont importantes. Le Q1 contient 285 lignes qui n'existent pas dans le F1 et à l'inverse, cent lignes du F1 sont absentes du Q1. De même, au moins un millier de mots diffèrent d'un texte à l'autre ; la ponctuation des deux est totalement dissemblable et environ la moitié des lignes en vers du F1 sont soit imprimées en prose soit coupées différemment dans le Q1. Les premiers éditeurs, à commencer par Alexander Pope, ont tout simplement mixé les deux textes, créant la version moderne demeurée quasiment universellement ainsi depuis des siècles. Cette version amalgamée est née de la présomption que Shakespeare avait écrit un seul manuscrit original, aujourd'hui malheureusement perdu, et que les versions in-quarto ou en folio sont des déformations de l'original.

Dès 1931, Madeleine Doran (en) suggérait cependant que la provenance des deux textes était fondamentalement différente, et que leurs divergences étaient particulièrement édifiantes. Cet argument n'avait toutefois pas reçu un très large écho jusqu'à la fin des années 1970 où il a été repris, principalement par Michael Warren et Gary Taylor (en). Leur thèse, bien que controversée, a obtenu une reconnaissance significative. Elle pose, en substance, le postulat de ce que le in-quarto proviendrait d'une sorte de « version de travail (en) » (en anglais foul papers) et le folio serait d'une certaine manière issu de la brochure du souffleur préparée pour la représentation par la compagnie théâtrale de Shakespeare ou une autre troupe. En bref, le Q1 serait la version « littéraire » et le F1 la version « théâtrale ». La montée de la « révision critique » a fait partie de la tendance conduisant le milieu de la critique à s'éloigner du formalisme du milieu du siècle. The New Cambridge Shakespeare a publié des éditions distinctes du in-quarto et du folio ; la plus récente édition de la Pelican Shakespeare contient à la fois les textes du Quarto de 1608 et du Folio de 1623 ainsi que d'une version mixée ; la nouvelle édition Arden par RA Foakes n'est pas la seule édition récente à proposer le texte mixte traditionnel.

Historique des représentations[modifier]

Dans le monde anglo-saxon[modifier]

Du XVIIe au XIXe siècle[modifier]

Charles H. Cameron dans le rôle du Roi Lear (1872)
Michael D Jacobs dans le rôle du Roi Lear, lors d'une représentation au Forest Theater (en)durant le Festival Shakespeare (en)de Carmel-by-the-Sea(1999)

La seule représentation de King Lear donnée à l'époque de Shakespeare dont la date soit connue avec certitude parce qu'enregistrée au Stationers' Register est celle du 26 décembre 1606. Reprise après la restauration de 1660, dès la réouverture des théâtres fermés sous le protectorat d'Oliver Cromwell, la tragédie est jouée dans sa forme originale jusqu'en 1675.

L'intense désir de changement caractérisant cette époque a bien évidemment touché les pièces de Shakespeare, Le Roi Lear comme ses autres œuvres. En 1681, Nahum Tate en a réalisé une adaptation, The History of King Lear (en), donnant à la pièce un happy end, avec le mariage d'Edgar et de Cordélia et le retour de Lear sur le trône ; le personnage du fou disparaît complètement, remplacé par celui d'Arante, confidente de Cordélia[16]. Cette version, interprétée par Edmund Kean, Thomas Betterton ou David Garrick a reçu les louanges de Samuel Johnson.

Le gouvernement britannique ne pouvant admettre de voir la folie d'un monarque portée à la scène à une époque où le roi George III souffrait de déficience mentale, la pièce est retirée du répertoire entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle[17]. Le texte original ne réapparaît sur la scène londonienne qu'en 1838 avec la création de William Charles Macready[18].

Edwin Booth, Samuel Phelps (en), entre autres comédiens fameux, ont également interprété de façon mémorable le rôle du Roi Lear au XIXe siècle.

 

Le Roi Lear
Gravure anonyme représentant Ludwig Devrient dans le rôle de Lear, probablement dans la version de Jean-François Ducis
Gravure anonyme représentant Ludwig Devrient
dans le rôle de Lear,
probablement dans la version de Jean-François Ducis

Auteur William Shakespeare
Genre Tragédie
Nb. d'actes Cinq actes
Dates d'écriture (supposées) 1603-1606
Sources Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth
Version originale
Titre original King Lear
The True Chronicle of the History of the Life and Death of King Lear and His Three Daughters (1608)
The Tragedy of King Lear (1623)
Langue originale Anglais moderne naissant
Pays d'origine Flag of England.svg Royaume d’Angleterre
Date de la 1re représentation 26 décembre 1606
Lieu de la 1re représentation Palais de Whitehall, Londres Drapeau d'Angleterre Angleterre
Version française
Traducteur Première éd. Pierre-Prime-Félicien Le Tourneur
Dernière éd. Pascal Collin
Lieu de parution Première éd. Paris
Dernière éd. Montreuil ; Rennes
Éditeur Première éd. Mérigot jeune
Dernière éd. Éditions théâtrales ; Théâtre national de Bretagne
Collection Première éd. Shakespeare traduit de l'anglois par M. Le Tourneur
Dernière éd. En scène
Date de parution Première éd. 1779
Dernière éd. 2007
Nombre de pages Première éd. 268 pages
Dernière éd. 157 pages
ISBN ISBN 978-2-84260-265-9
Date de la 1re représentation en français 16 janvier 1783 (puis le 26)
dans la version de
Jean-François Ducis
Lieu de la 1re représentation en français Versailles puis Théâtre de l'Odéon
Compagnie théâtrale Comédiens Français
Représentations notables

Sommaire

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La Tragique Histoire d'Hamlet, prince de Danemark (en anglais, The Tragical History of Hamlet, Prince of Denmark) est la plus longue et l'une des plus célèbres pièces de William Shakespeare. La date exacte de composition n'est pas connue avec précision ; la première représentation se situe sûrement entre 1598 et 1601. Le texte fut publié en 1603.

Le roi du Danemark, père d'Hamlet, est mort récemment. Son frère Claudius l'a remplacé comme roi[1] et, moins de deux mois après[2], a épousé Gertrude, la veuve de son frère[3]. Le spectre du roi apparaît alors et révèle à son fils qu'il a été assassiné par Claudius. Hamlet doit venger son père et pour mener son projet à bien simule la folie. Mais il semble incapable d'agir, et, devant l'étrangeté de son comportement, l'on en vient à se demander dans quelle mesure il a conservé sa raison. On met cette folie passagère sur le compte de l'amour qu'il porterait à Ophélie, fille de Polonius, chambellan et conseiller du roi. L'étrangeté de son comportement plonge la cour dans la perplexité. Mis en cause à mots couverts par Hamlet, Claudius perçoit le danger et décide de se débarrasser de son fantasque neveu.

Hamlet a fait l'objet d'analyses critiques extrêmement nombreuses et variées, thématiques, stylistiques, historiques, psychanalytiques.

Sources de la pièce[modifier]

Une des plus anciennes représentations d’Hamlet, incarné par l'acteur Thomas Betterton en 1661.

La plupart des événements de l’intrigue sont le fruit de l'imagination de Shakespeare, mais la pièce a plusieurs sources potentielles.

Saxo Grammaticus[modifier]

Vers 1200, Saxo Grammaticus raconte dans sa Gesta Danorum l'histoire d'Amleth, assez proche de celle de Shakespeare. Il est assez improbable que Shakespeare ait eu une connaissance directe du texte de Saxo Grammaticus, mais il est possible qu’il en ait eu des échos.

Hamlet[modifier]

Le roi Horvendil est assassiné par son frère Fengo, qui épouse ensuite Gerutha, la veuve de sa victime. Le fils d’Horvendil, Hamlet (ou Amblett, Hamblet ou encore Amleth, selon les versions[4]), feint alors la folie afin d’être épargné. Il évite le piège d’une jeune fille puis tue un espion dissimulé dans la chambre de sa mère. Hamlet parvient à intercepter un courrier destiné au roi d'Angleterre et commanditant son assassinat, ce sont les deux messagers qui sont assassinés à sa place.

Hamleth épouse alors la fille du roi d’Angleterre, retourne au Danemark, assiste à ses propres funérailles et assassine Fengo, qu’il remplace sur le trône. Le roi d’Angleterre a cependant secrètement promis de venger Fengo. À cette fin, il envoie Amleth auprès de la reine d’Écosse, Herminthrud, qui tombe amoureuse de lui et l’épouse à son tour. Hamleth vainc le roi d’Angleterre et retourne avec ses deux épouses au Jutland[5],[6].

François de Belleforest[modifier]

François de Belleforest adapte la légende d’Amleth en 1570 dans ses Histoires tragiques. La pièce connut un grand succès : elle fut rééditée sept fois jusqu’en 1601, mais ce n’est qu’en 1607 qu’elle fut traduite en anglais[7]. Shakespeare peut en avoir eu connaissance, mais les pièces présentent des différences notables, en particulier le meurtre du roi est de notoriété publique chez Belleforest, alors qu’il ne l’est pas chez Shakespeare ; de même le rôle d’Ophelia est moins clair chez Shakespeare que chez Belleforest[8].

Thomas Kyd[modifier]

La source la plus directe est une pièce jouée en 1594, mais non conservée attribuée à Thomas Kyd, qui aurait le premier introduit le personnage du spectre.

L'Ur-Hamlet[modifier]

Certains critiques estiment que la pièce de Kyd, comme celle de Shakespeare, pourrait être basée sur une pièce perdue antérieure, « l'Ur-Hamlet[9] ». D'autres enfin trouvent des ressemblances non de l'intrigue, mais de la thématique ou du traitement dans certaines pièces anglaises antérieures.

Deux versions d’Hamlet[modifier]

Shakespeare a fait et refait son œuvre. Il a écrit le premier Hamlet, à l’âge de vingt et un ans, vers 1584 ; il a écrit le second Hamlet quinze ans plus tard, vers 1600. Il a eu quinze années pour réfléchir sur les changements à apporter à son drame, avant de le livrer à la postérité sous sa forme définitive[10].

La première version comporte 98 pages, la seconde, largement étoffée, 171 pages. Il rallongea certaines répliques pour davantage étoffer — entre autres — le caractère d’Hamlet dont le fameux To be or not to be.

Personnages[modifier]

Aucune liste des personnages n'est fournie dans les premières éditions de la pièce avant 1676

  • Fortinbras, prince de Norvège.
  • Claudius, roi de Danemark.
  • Hamlet, prince de Danemark, fils de feu le roi Hamlet(père) et neveu du roi régnant.
  • Polonius, seigneur chambellan.
  • Laërte[11], fils de Polonius, frère d'Ophélie.
  • Horatio, ami du prince Hamlet.
  • Guildenstern, courtisan, ancien condisciple d'Hamlet.
  • Rosencrantz, courtisan, ancien condisciple d'Hamlet.
  • Cornélius, ambassadeur en Norvège.
  • Voltemand, ambassadeur en Norvège.
  • Osric, courtisan.
  • Un gentilhomme.
  • Bernardo, officier de la garde.
  • Marcellus, officier de la garde.
  • Francisco, soldat de la garde.
  • Reynaldo, serviteur de Polonius.
  • Un marin.
  • Deux rustres[12], fossoyeurs.
  • Un prêtre.
  • Un capitaine de l’armée de Fortinbras.
  • Ambassadeurs anglais.
  • Des comédiens (quatre ou cinq).
  • Gertrude[13], reine de Danemark, mère d’Hamlet, veuve d'Hamlet(père), épouse du roi régnant.
  • Ophélie, fille de Polonius, soeur de Laërte.
  • Le spectre de d'Hamlet(père).
  • Figurants : seigneurs, dames de la cours, officiers, soldats, marins, messagers et serviteurs.

La scène est à Elseneur.

Argument[modifier]

Henry Fuseli, Hamlet et le spectre de son père
J.-B. Faure en Hamlet,
photo de Charles Reutlinger, ca 1875
Eugène Delacroix, Hamlet et sa mère (Polonius derrière la tapisserie)
Représentation, Polonius dans sa maison
John Everett Millais, La Mort d'Ophélie

Le prince Hamlet est le fils du premier roi de Danemark, également nommé « Hamlet ». Il est étudiant à l'université de Wittenberg. Le spectre de son père le charge de venger son meurtre. Il y parvient enfin, mais seulement après que la famille royale est été évincée et que lui-même est été mortellement blessé par Laërte d'un coup d'épée empoisonnée.

Claudius, oncle du prince Hamlet, est l'actuel roi auto-proclamé du Danemark. Il s'est marié avec la veuve de son frère, auquel il a succédé. Le spectre de ce dernier accuse Claudius de l'avoir assassiné pendant son sommeil, en lui versant un poison mortel dans l'oreille. La pièce organisée par le prince et la mort de Polonius lui apprend qu'il est visé par le prince. Pour se défendre, il manipule Laërte et le monte un complot pour tuer Hamlet. À la fin de la pièce, Claudius est tué par le prince Hamlet.

Gertrude, mère du prince Hamlet, reine du Danemark et veuve du roi défunt, se remarie peu après au frère de ce dernier, ce que le prince Hamlet, et toute l'époque de Shakespeare, considèrent comme un inceste. Le spectre de son mari défunt l'accuse de l'avoir trompée avec Claudius avant que ce dernier le tue, mais ordonne à leur fils de laisser le ciel la punir. Le meurtre de Polonius par son fils l'a profondément affligée. Elle meurt accidentellement en buvant le vin empoisonné destiné à Hamlet.

Polonius, lord chambellan, conseiller du royaume et père de Laërte et d'Ophélie, est l'homme le plus apprécié du royaume ne donnant que des bonnes nouvelles et informations au roi et servant les intérêts du royaume. Il s'inquiète de la relation amoureuse du prince Hamlet et d'Ophélie, sa fille. Il craint qu'Hamlet ne prenne sa virginité et ne l'épouse pas. Il interdit cette relation à sa fille. Croyant Hamlet fou, il s'obstinera à trouver la raison pour laquelle Hamlet est fou, mais cela lui coûtera la vie. Il est tué par Hamlet qui a fait erreur sur la personne en croyant tuer Claudius à travers une tapisserie alors qu'il l'espionnait en train de parler avec sa mère. Celle-ci, témoin du meurtre, sera bouleversée, Ophélie deviendra folle, et Laërte voudra venger son père.

Laërte, fils de Polonius, profondément attaché à sa sœur Ophélie, est en France pendant la majeure partie de la pièce pour faire ses études. À la fin de la pièce, en raison de l'implication d'Hamlet dans la mort de son père, il fomente avec Claudius un duel dans lequel il tue Hamlet. Hamlet le tue de la même épée dont il ignore qu'elle est empoisonnée.

Ophélie, fille de Polonius, sœur de Laërte, et Hamlet partagent une idylle bien qu'ayant été implicitement mis en garde contre l'impossibilité d'un mariage. Hamlet l'éconduit pour accréditer sa propre folie. La mort de son père la rend folle et elle est retrouvée mystérieusement morte noyée dans un ruisseau.

Horatio, ami d'Hamlet, n'est pas impliqué dans les intrigues de la cour. C'est lui qui annonce au prince l'apparition du spectre de son père en compagnie des deux officiers, Marcellus et Bernardo (qui ont été les premiers à le voir). Il reste le seul à survivre à l'heure du dénouement pour pouvoir porter l'histoire d'Hamlet à la postérité et pour participer à l'arrivée de Fortinbras.

Rosencrantz et Guildenstern, amis d'Hamlet, retournés par Claudius pour le surveiller. Hamlet les soupçonne rapidement. Après le meurtre de Polonius provoqué par le prince, ils sont chargés de l'emmener en Angleterre, tout en ignorant que Claudius leur a donnés une feuille pour que le prince soit exécuté. Mais Hamlet découvre le papier et la réécrit pour punir ses deux amis de leur trahison et profite d'une attaque de pirate pour s'échapper. Ils seront exécutés en Angleterre.

Fortinbras, prince norvégien, est le fils du roi de même nom tué au champ de bataille par le père d'Hamlet. Le prince Fortinbras espère une vengeance. Arrivant trop tard pour combattre contre Hamlet, il annule la guerre et prend le pouvoir du royaume de Danemark.

Passages célèbres[modifier]

To be or not to be[modifier]

Le monologue d'Hamlet est peut-être le passage le plus célèbre de toute la littérature anglaise :

Autres répliques célèbres[modifier]

Deux autres répliques connues :

  • MARCELLUS. — Il y a quelque chose de pourri dans l’empire du Danemark[15] (plus souvent cité dans les termes « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. »).
  • HAMLET. — […] Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, Horatio, qu’il n’en est rêvé dans votre philosophie[16].

Postérité[modifier]

La pièce dans la pièce

Les allusions à la pièce de Shakespeare sont très nombreuses dans la littérature, les arts plastiques et le cinéma.

Adaptations[modifier]

Opéra[modifier]

  • Le Jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet opus 189, opéra en 5 tableaux de Pierre Thilloy sur un livret de Bernard-Marie Koltès, créé le 23 mars 2011 à l'Opéra Théâtre de Metz[17].

Littérature[modifier]

  • Dans Sauvez Hamlet de l'auteur britannique Jasper Fforde, Hamlet interprète son propre personnage, tiré de son roman pour aller vivre dans le monde réel et ainsi se rendre compte de la façon dont les gens le perçoivent.

Arts plastiques[modifier]

Illustration de l'édition de 1709, apparition du fantôme dans la chambre de Gertrude
L’iconographie d’Hamlet comporte de nombreux portraits d’acteurs célèbres dans le rôle titre, ici David Garrick (1717-1779)
Distillée par le temps, l’icône Hamlet à Stratford-upon-Avon par le sculpteur Ronald Gower (1888)

La pièce a été également source d’inspiration pour de nombreux artistes, sculpteurs, peintres ou graveurs[18]. Certaines scènes, les apparitions du fantôme, la représentation de la Souricière, la mort d’Ophélie mais surtout Hamlet jouant avec le crâne de Yorick deviennent de véritables icônes[19].

Premières éditions illustrées[modifier]

La première illustration gravée pour Hamlet parut dans l'édition illustrée des œuvres de Shakespeare publiée en 1709 par Jacob Tonson[20]. Hamlet apparaît dans le volume 5, avec une gravure en frontispice représentant la seconde apparition du fantôme[21]. Cette représentation, comme celles qui illustrent les éditions qui allaient alors se succéder jusqu’en 1740[22], pourrait être inspirée d’une mise en scène contemporaine[21].

En 1740, l’édition de Theobald fit le choix d’une nouvelle iconographie, celle de la première apparition du fantôme sur les murailles d'Elseneur (Hamlet, acte I, sc. iv)[23]. En 1744 parut une nouvelle édition des œuvres complètes, illustrée par Francis Hayman et Hubert François Gravelot[24] qui firent le choix d’une autre scène : celle de la représentation donnée par les acteurs itinérants devant le roi et la reine (Hamlet, acte III, sc. ii).

Premières peintures[modifier]

Article détaillé : Boydell Shakespeare Gallery.

Les illustrations de Hayman étaient si populaires que le propriétaire de « Vauxhall Gardens », Jonathan Tyers, lui avait commandé des toiles de très grand format pour décorer le « Pavillon du Prince de Galles » ; parmi elles figurait la scène de la pièce de théâtre de l'acte III[25]. L’époque se passionnait pour le théâtre et les artistes, comme Hayman et William Hogarth, se spécialisèrent dans l’illustration des pièces mais également les portraits d’acteurs célèbres sur scène. Il existe ainsi plusieurs portraits de l’acteur David Garrick, notamment dans la scène du fantôme (I, iv) où il s’était particulièrement illustré[26]. La popularité du théâtre shakespearien incita alors le graveur et éditeur John Boydell à se lancer dans un ambitieux projet qui comportait l’ouverture d’une galerie d’exposition, la Boydell Shakespeare Gallery qui devait ouvrir le 4 mai 1789 et possédait alors 34 tableaux.

De cette entreprise restent des œuvres de Benjamin West (1792), et Richard Westall.

XIXe siècle[modifier]

Une représentation de Hamlet en France en 1827 inspira les peintres romantiques Achille Devéria et Eugène Delacroix (1830, 1835 et 1839). Le succès de la pièce fut tel qu’Hamlet fut adapté à l'opéra par Ambroise Thomas en 1868. La mise en scène montrait pour la première fois la pièce d’eau où se noie Ophélie, donnant lieu à une nouvelle iconographie de ce personnage[27].

Les artistes qui se sont notamment illustrés dans la représentation d’Hamlet sont Heinrich Füssli (1780-5), Thomas Lawrence (1802), John Everett Millais (1850), Gustave Moreau, Mikhaïl Vroubel (1883), Edwin Austin Abbey (1897).

Au cinéma[modifier]

Sarah Bernhardt dans le rôle d'Hamlet
Article détaillé : en:Shakespeare on screen.

La première adaptation de la pièce pour le cinéma est un film français intitulé Le Duel d'Hamlet ; il est réalisé par Clément Maurice avec Sarah Bernhardt dans le rôle d'Hamlet. De nombreuses adaptations[28] suivront, notamment Hamlet de Svend Gade et Heinz Schall en 1920, avec encore une femme, Asta Nielsen dans le rôle titre. Dans son Hamlet de 1948, Laurence Olivier utilise les ressources propres à ce nouveau médium pour donner du célèbre monologue une version en voix off qui renouvelle la scène; en URSS, en 1964, pour le 400e anniversaire de la naissance de Shakespeare, Grigori Kozintsev en tourne une version romantique et moins « glacée » que la précédente, dans un décor monumental. En 1969, Tony Richardson donne sa version de l’œuvre Hamlet suivi en 1990 par Franco Zeffirelli (Hamlet), en 1996 par Kenneth Branagh (Hamlet) et en 2000 par Michael Almereyda (Hamlet).

À côté des adaptations de la pièce pour le grand écran, des films comme To be or not to be (1942) d'Ernst Lubitsch qui met en abyme la pièce de Shakespeare et Django porte sa croix (1968) d'Enzo G. Castellari qui en transpose l’intrigue dans le monde du Western, sont des exemples de la popularité de l'œuvre de Shakespeare. On peut également relever Les salauds dorment en paix d'Akira Kurosawa qui s'inspire de l'intrigue, dans une histoire se déroulant dans le Japon d'après-guerre. En 1995, Kenneth Branagh avait déjà approché la pièce dans A Midwinter's Tale (Jeu de mots sur les titres de The Winter's Tale et Midsummer's Night's Dream) où un metteur en scène au chômage accepte de monter un Hamlet comme spectacle de Noël dans une petite église de la province anglaise.

Mises en scènes notables[modifier]

La Tragique Histoire d'Hamlet, prince de Danemark
Eugène Delacroix, Hamlet et Horatio au cimetière.
Eugène Delacroix, Hamlet et Horatio au cimetière.

Auteur William Shakespeare
Genre Tragédie
Version originale
Titre original The Tragical History of Hamlet, Prince of Denmark
Langue originale Anglais
Pays d'origine Drapeau d'Angleterre Angleterre
Lieu de parution original Londres
Date de parution originale 1603 (Premier Quarto)
Version française

Sommaire

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Hamlet, acte 3 scène 1
Anglais Français
To be, or not to be, that is the question.

Whether 'tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And, by opposing, end them. To die, to sleep,
No more, and by a sleep to say we end
The heartache, and the thousand natural shocks
That flesh is heir to; 'tis a consummation
Devoutly to be wish'd. To die, to sleep,
To sleep, perchance to dream, ay, there's the rub;
For in that sleep of death what dreams may come
When we have shuffled off this mortal coil,
Must give us pause. There's the respect
That makes calamity of so long life,
For who would bear the whips and scorns of time,
The oppressor's wrong, the proud man's contumely,
The pangs of despis'd love, the law's delay,
The insolence of office and the spurns
That patient merit of th'unworthy takes,
When he himself might his quietus make
With a bare bodkin? Who would fardels bear,
To grunt and sweat under a weary life,
But that the dread of something after death,
The undiscover'd country from whose bourn
No traveller returns, puzzles the will,
And makes us rather bear those ills we have
Than fly to others that we know not of?
Thus conscience does make cowards of us all,
And thus the native hue of resolution
Is sicklied o'er with the pale cast of thought,
And enterprises of great pitch and moment
With this regard their currents turn awry,
And lose the name of action. Soft you, now,
The fair Ophelia! Nymph, in thy orisons
Be all my sins remember'd.

Être, ou ne pas être, telle est la question.

Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir
la fronde et les flèches de la fortune outrageante,
ou bien à s’armer contre une mer de douleurs
et à l’arrêter par une révolte ? Mourir… dormir,
rien de plus ;… et dire que par ce sommeil nous mettons fin
aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles
qui sont le legs de la chair : c’est là une terminaison
qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir… dormir,
dormir ! peut-être rêver ! Oui, là est l’embarras.
Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort,
quand nous sommes débarrassés de l’étreinte de cette vie ?
Voilà qui doit nous arrêter. C’est cette réflexion-là
qui nous vaut la calamité d’une si longue existence.
Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde,
l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté,
les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi,
l’insolence du pouvoir et les rebuffades
que le mérite résigné reçoit des créatures indignes,
s’il pouvait en être quitte
avec un simple poinçon ? Qui voudrait porter ces fardeaux,
geindre et suer sous une vie accablante,
si la crainte de quelque chose après la mort,
de cette région inexplorée, d’où
nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté,
et ne nous faisait supporter les maux que nous avons
par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas ?
Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches ;
ainsi les couleurs natives de la résolution
blêmissent sous les pâles reflets de la pensée ;
ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes
se détournent de leur cours, à cette idée,
et perdent le nom d’action… Doucement, maintenant !
Voici la belle Ophélia… Nymphe, dans tes oraisons
souviens-toi de tous mes péchés[14].

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