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Catholicisme

Catholicisme
(Redirigé depuis Religion catholique)
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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite de la religion des catholiques. Pour les notions d'Église catholique et de catholicité, voir Église catholique. Pour les Églises qui la constituent, voir Composition de l'Église catholique

Le catholicisme se présente aujourd'hui comme une confession chrétienne en même temps qu'il est une aspiration à l'unité de la foi, de l'Église catholique et par delà, de toute l'humanité dans le Christ. Le terme catholicisme est apparu dans la langue française à la fin du XVIe siècle, à la suite de la naissance des confessions protestantes, pour désigner la religion des chrétiens en communion avec le pape et ses évêques. D'un autre côté, l'adjectif « catholique » dont dérive le terme « catholicisme », renvoie aux origines même du christianisme. Ainsi, si l'usage du terme a une histoire d'à peine cinq siècles, c'est dans la revendication par l'Église catholique - en tant qu'institution - de la continuité d'une tradition bimillénaire de recherche d'unité et de « catholicité » que se situe aujourd'hui le catholicisme.

L'Église catholique est à la fois une communion de communautés et d'Églises ainsi qu'une institution et un clergé organisés de façon hiérarchique. Les catholiques peuvent être de rites latin ou orientaux. Ils sont, dans leur très grande majorité (environ 98 ou 99 %), de rite latin.

Dans le catholicisme, la vie chrétienne est marquée par les sacrements : le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la réconciliation, le mariage, l'onction des malades, et, pour les diacres, les prêtres et les évêques, l'ordination. Le catholicisme peut être vécu selon divers état de vie : laïc, consacré, ordonné, et dans une grande diversité de courants et d'organisations. Pour nombre de catholiques, le principal lieu de vie chrétienne est la paroisse, ces paroisses étant une portion du territoire d'un diocèse. Il existe au sein des paroisses de nombreuses associations ou mouvements établis de façon plus ou moins formelle. Certains de ces mouvements sont internationaux tels que Caritas Internationalis, les mouvements d'action catholique, la légion de Marie, les équipes Saint Vincent, etc. Récemment se sont fortement développées les communautés nouvelles. Des centaines d'ordres religieux comptant de quelques dizaines de membres à plusieurs milliers, jouent un rôle important dans le catholicisme : notamment, les ordres monastiques tels que les bénédictins, les carmes, les chartreux ou les cisterciens, les ordres religieux tels que les franciscains, les clarisses ou les dominicains, ou encore les congrégations telles que les Jésuites, les Lazaristes, les Assomptionnistes, etc. L'enseignement catholique avec de nombreuses écoles et universités tenues par des laïcs ou des religieux fait aussi partie des aspects les plus visibles du catholicisme actuel. Il est enfin possible d'identifier au sein du catholicisme des catholicismes social, progressiste, traditionaliste, charismatique, etc.

L'Église catholique considère que tout baptisé dans l'Église catholique est catholique, mais elle ne définit pas de critères d'appartenance au catholicisme comme pourrait le faire un sociologue voulant déterminer ce qui caractérise l'adhésion objective à une religion particulière .

Selon l'annuaire pontifical 2012, il y a environ un milliard deux cents millions de baptisés dans l'Église catholique1. Ces baptisés ont des pratiques, des convictions et des engagements religieux extrêmement variables, « un décalage croissant apparaît dans toutes les enquêtes d'opinion entre les croyances ou les prescriptions de l'Église et celles des populations qui se disent catholiques2 ».

Le catholicisme est aujourd'hui présent dans presque tous les pays du monde, principalement en Europe en Amérique et en Afrique, beaucoup moins en Asie et dans le monde arabo-musulman. Il enregistre un déclin dans les pays occidentaux et une forte progression en Afrique et en Asie. La croissance du nombre de catholiques dans le monde est légèrement inférieure à celle de la population mondiale. En 1978 le monde compte environ 18 % de catholiques contre 17 % 3 en 20042.

Définitions

Les termes « catholique » et « catholicisme »
Article connexe : Église catholique.

L'adjectif « catholique » dont dérive le nom catholicisme, vient du grec καθολικος (catholicos) qui signifie « universel ». Dès les premiers siècles de notre ère, il apparaît sous la plume de différents auteurs chrétiens qui l'emploient pour clarifier ce qu'est une communauté locale en communion avec l’« Église universelle »4, face à l'émergence de diverses sectes chrétiennes aux christologies spécifiques. Ainsi, au début du IIe siècle, Ignace d'Antioche dénonce les divisions entre chrétiens : « Là où paraît l'évêque, que là soit, la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église universelle (katholikê ekklêsia) »5. Quelques décennies plus tard, Tertullien s'oppose aux dissidences des christianismes hétérodoxes de Marcion ou aux gnostiques, inaugurant la littérature chrétienne en langue latine qui ne dispose cependant pas encore du vocabulaire ajusté pour rendre ce que signifie l'expression grecque de « katholikê ekklêsia ».

Dans la littérature latine, le grec καθολικος n'est pas traduit par son équivalent latin «universalis», mais se trouve directement translittéré en « catholicus ». Le mot acquiert une extrême importance dès lors qu'il est intégré dans le symbole de Nicée-Constantinople qui déclare : « Je crois en l'Église une, sainte, catholique et apostolique. » En latin, la carrière sémantique du terme « catholicus » reste déterminée par le fait qu'il s'agit d'un terme créé pour qualifier spécifiquement l'Église.

En français, où le terme « catholique » apparaît sous la forme «catoliche» au XIIIe siècle puis sous la forme «catolicque» dès le début du XIVe siècle6 chez des auteurs comme Philippe de Mézières7 avant de se fixer sous sa forme actuelle au tournant du XVIIe siècle6. Lors de la réforme protestante, le christianisme connait une nouvelle forme de diversité, celle des dénominations confessionnelles : des traités polémiques publiés vers 15708 font que le terme « catholique » identifie désormais une confession chrétienne parmi d'autres.

Le terme « catholicisme » apparaît lui à la fin du XVIe siècle dans un livre du polémiste catholique Pierre Charron9. Le Dictionnaire historique de la langue française10 signale un emploi du terme remontant à 159811 à la suite de la naissance des confessions protestantes, pour désigner la religion des chrétiens en communion avec le pape et les évêques. C'est alors un synonyme rare de « catholicité » (pour « conforme à la doctrine catholique ») qui ne devient courant que suite à son usage durant la Révolution française pour désigner l'Église catholique10.

Équivoques des dénominations « officielles »
Articles connexes : Religion et Religion (histoire des idées).

Ce qui s'appelle catholicisme, Église catholique romaine ou Église catholique n'a jamais eu de désignation adoptée de façon homogène. Le problème d'une dénomination pour la religion des catholiques a commencé à se poser à l'époque où sont apparue les dénominations confessionnelles en Europe. La principale difficulté réside dans le fait que ce qui s'appelle aujourd'hui catholicisme ne peut être perçu comme une réalité confessionnelle particulière (et qui de ce fait aurait une dénomination propre) qu'au travers des catégories de religions ou de confessions qui se sont mises en place dans la contestation de la prétention à l'universalité de l'Église catholique.

Auto désignations

Si la diversité confessionnelle a très tôt été considérée comme un fait positif parmi les protestants, le catholicisme n'en fait partie qu'à contre courant de ses principes. Ainsi selon Michel Despland « Le rejet romain de la théorie de la religion s'explique facilement. Parler de religion c'est utiliser un mot qui accepte l'article indéfini : c'est commencer à voir l'Église catholique comme une religion.[...] Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle la théologie catholique officielle laisse donc entièrement de côté la problématique de la religion devenue si visible au cours du XVIe siècle. Les catholiques français commencent a s'y intéresser de nouveau à partir de la deuxième moitié du XVIIe siècle12 ». Par la suite c'est au prix de ne plus savoir comment rendre compte de leur aspiration à l'universalité de l'Église que les catholiques ont eux aussi fini par considérer assez largement avoir une religion parmi d'autres. Relevant ce problème, Étienne Fouilloux, dans le Dictionnaire des faits religieux, commence l'article « catholicisme » en écrivant : « Puisque l'adjectif catholique est synonyme d'universel, le catholicisme se réclame abusivement d'une catholicité à laquelle il aspire sans parvenir à l'atteindre malgré des efforts séculaires13 ».

Malgré l'usage qui s'est imposé de considérer l'Église catholique ou le catholicisme comme une dénomination confessionnelle, les textes de l'institution concernée ne donnent guère d'éléments qui permettrait d'affirmer qu'elle a telle ou telle désignation officielle. Dans les textes des évêques ou du pape, le terme le plus employé pour désigne l'Église des catholiques est celui « Église » sans autres précisions. Cependant, le mot « Église » n'y vise pas seulement une institution mais aussi un objet de foi. Dans la communication catholique tous publics (revues, sites Internet des diocèses, livres, etc.), lorsqu'il n'est pas tout simplement question de l'« Église », c'est l'expression « Église catholique » qui est généralement employée. Au niveau des textes du magistère, la mention de l'« Église catholique » plutôt qu'« Église » tout court reste rare, mais elle apparaît notamment dans Nostra Aetate, la déclaration du Concile Vatican II sur les rapports de l'Église avec les religions, ainsi que dans Unitatis reintegratio, un décret de Paul VI sur l'œcuménisme. Enfin, l'expression « Église catholique romaine » n'est jamais employée dans les textes officiels de l'Église, mais elle apparaît dans des textes d'auteurs protestants ou orthodoxes adressés aux catholiques dans le cadre du dialogue œcuménique et publiés sur le site du Vatican.

Désignations par le droit civil

L’Encyclopedia Universalis indique que son appellation officielle est « Église catholique, apostolique et romaine »14. Cette désignation désuète vient du droit civil des États. Elle remonte à la fin du XVIe siècle lorsque le pouvoir a commencé a organiser légalement la nouvelle pluralité religieuse. Ainsi, en 1595, l'Édit de Nantes reconnaissait pour la première fois deux religions : « La Religion Catholique, Apostolique et Romaine » et la « Religion Prétendue Réformée », c'est-à-dire ce que l'on appelle aujourd'hui le protestantisme. Pour ce qui concerne la désignation de la religion des catholiques, les termes « catholique » et « apostolique » sont tirés du Credo de Nicée-Constantinople (où ils qualifient l'Église plutôt qu'une religion), termes auxquels sont adjoints l'adjectif « romaine ». Cette désignation officielle a plus tard disparu du droit des États à mesure que se sont mis en place les principes de séparation des Églises et de l'État. Ainsi, en France le maintien d'une telle désignation dans la loi serait aujourd'hui contraire au principe de la loi de 1905 selon lequel l'« État ne reconnait aucun culte ». C'est donc en vertu de la laïcité de l'État que l'« Église catholique, apostolique et romaine » n'a plus ce nom officiel que l'État lui avait donné quatre siècles plus tôt, et qu'aucune autre désignation ne le remplace. Le seul pays à avoir conservé cette ancienne désignation est l'Argentine, dont la constitution en vigueur stipule que « l'État soutient (sostienne) l'Église catholique, apostolique et romaine ».

Aujourd'hui, dans les pays laïcs et occidentaux, l'Église catholique doit son existence légale, non pas à une pratique révolue de reconnaissance officielle de religions par les États, mais à l'existence d'associations locales correspondant aux diocèses. Ces associations sont constituées selon les normes du droit des associations propre à chaque pays. Sur le plan de l’ecclésiologie catholique cette forme d'existence légale s'articule au principe selon lequel l'Église catholique dans son ensemble est une communion d'Églises catholiques appelées Églises particulières ou diocèses. En France les associations correspondant aux diocèses sont enregistrées sous le nom d’« Association diocésaine » mises en place depuis 1924. Leur statut et réglé par les lois de 1901 sur les associations et celle de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État. Outre les façons dont l'Église catholique a des modes d'existence légales dans les pays laïcs, nombre de ces États entretiennent des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, c'est-à-dire avec le Pape personnellement et non pas avec l'Église ou l'Église catholique en tant que telle.

Inversement à ce qui se passe dans les pays laïcs, le « catholicisme » est reconnu comme une religion officielle dans certains États, ce qui peut avoir lieu de façon conflictuelle autant avec le siège romain qu'avec les catholiques du pays. C'est notamment le cas en Chine où le gouvernement a mis en place une Association patriotique catholique, à laquelle les responsables catholiques doivent théoriquement obligatoirement adhérer pour pouvoir exercer leur culte. Cependant cette façon dont l'Église catholique est officiellement reconnue et organisée en Chine n'est pas reconnue par l'Église catholique en communion avec Rome.

Le catholicisme comme objet d'étude

Le terme catholicisme s'employant aujourd'hui principalement pour désigner la religion des chrétiens en communion avec le pape et les évêques, il désigne une religion qui, selon ce qui peut se concevoir comme « une religion » en sociologie, peut être appréhendé comme « un ensemble de pratiques et de croyances ». Outre l'usage de consacrer un chapitre ou un article au catholicisme dans nombre de livres sur les religions, c'est par exemple aussi en ce sens qu'en 1974, alors qu'avec la déclaration Nostra Ætate l'Église catholique encourageait les catholiques à porter un regard plus positif sur diverses religions, Jean Daniélou, Jean Honoré et Paul Poupard avaient employé le mot catholicisme comme titre d'un livre par lequel ils proposaient de décrire de façon objective « l'histoire, la pensée et la vie » de leur propre religion. Ils suivaient en cela le plan adopté dans la collection « Deux milliards de croyants » pour présenter les diverses « confessions, religions et croyances » principalement chrétiennes15.

En un sens plus restreint le terme catholicisme peut aussi désigner la façon que l'on a de comprendre la doctrine catholique ou l'exposé systématique de la foi catholique16. C'est en ce sens que le terme est employé comme titre d'un essai de Henri de Lubac17, ou bien comme titre du dictionnaire encyclopédique Catholicisme18.

Si jusque dans les années 1980, il ne semblait guère douteux que l'on puisse décrire objectivement et scientifiquement une religion comme un objet qui s'offre tel quel à l'observation et aux mesures, il n'en va plus de même aujourd'hui. L'impossibilité qu'ont les chercheurs de s'accorder sur ce qu'est une religion19, comme celle de décrire de façon exhaustive ce que serait le système de pensée d'une religion20, ont été maintes fois relevées.

La considération pour ces difficultés théoriques a entraîné davantage de circonspection quant à la possibilité d'identifier et de décrire ce que serait essentiellement le catholicisme. Sur le plan sociologique, les études mettent ainsi davantage l'accent sur la diversité du phénomène que l'on tente d'appréhender sous ce nom21, tandis que pour ce qui est de la description du catholicisme comme d'une doctrine ou d'un système de pensée, l'accent est mis sur le fait que l'on peut sans doute identifier des « accentuations22 », caractéristiques ou « éléments constitutifs23 » de la pensée catholique, mais pas décrire more geometrico un « système catholique » en sa totalité.

Catholicisme
Église catholique romaine
Petersdom von Engelsburg gesehen.jpg

Type Religion
Membre(s) Baptisés en communion avec le pape et les évêques
Effectifs Plus d’un milliard
Pape Benoît XVI
évêque de Rome
Dirigeant(s) évêques
Site web http://www.vatican.va/phome_fr.htm (version française)

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