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Achille fait l'objet d'un culte héroïque dans plusieurs régions de la Méditerranée. Il est difficile de savoir comment le culte a pris son essor, car les cultes héroïques se focalisent généralement sur la tombe du héros. En l'espèce, les restes d'Achille sont supposés se trouver sur les rives de l'Hellespont, non loin de Troie : dans l'Iliade (XXIII), Patrocle est enterré à cet endroit, et son fantôme demande à Achille que leurs cendres soient ensevelies au même endroit ; l'Odyssée précise qu'un grand tumulus, visible depuis la mer, est élevé par les Achéens[92]. Un culte y est attesté dès le Ve siècle av. J.-C.[93] et une ville, Achilléion, est fondée sur le site[94]. Les Thessaliens y effectuent un pèlerinage annuel[95], et les textes mentionnent que l'armée perse vient y vénérer Achille pendant les guerres médiques[96], suivie par Alexandre le Grand[97] ou encore Caracalla[98].
Le culte d'Achille n'est pas cantonné à sa tombe : il est également vénéré à Érythrées (Anatolie), à Crotone, à Sparte et à Élis (Péloponnèse) ou encore à Astypalaia, une île des Cyclades[99]. Le culte pour lequel nous disposons du plus grande nombre de traces est celui de la région d'Olbia, en mer Noire, qui a cours du VIe siècle av. J.-C. à la période romaine. Une série de stèles inscrites des IIe et IIIe siècles montre qu'Achille y est vénéré sous l'épiclèse de « Pontarque » (en grec, roi du Pont). Il est même l'une des principales divinités de la région à l'époque romaine[100]. Un fragment d'Alcée, reprenant la phraséologie de ces inscriptions, évoque Achille régnant sur la Scythie[101]. Dans la même région, l'étroite péninsule de Tendra est appelée dans l'Antiquité la « piste de course d'Achille[102] ». Le nom s'explique probablement par des jeux athlétiques organisés en l'honneur du héros, attestés au Ier siècle apr. J.-C.[103]. Enfin, l'île de Leukè (actuelle île des Serpents), littéralement l'« île blanche »), au nord-ouest du Pont-Euxin, est le site de culte d'Achille le plus connu sous l'Antiquité. Elle abrite un temple et une statue de culte[104]. Le héros est réputé y habiter : il apparaît en vision aux marins qui approchent de l'île[105].
Le culte d'Achille est souvent lié à la mer, association qui ne s'explique pas par les éléments de son mythe, mais seulement par sa filiation avec une néréide ; il est ainsi vénéré conjointement avec Thétis à Érythrées[106]. Il est particulièrement populaire auprès des marins, qui sont à l'origine de la plupart des offrandes votives à Achille découvertes dans le Pont-Euxin[106].
Indépendamment de son culte, Achille s'impose aux Grecs comme un personnage héros exemplaire. Ainsi Alexandre le Grand s'y compare-t-il, regrettant de ne pas avoir trouvé un Homère pour chanter ses propres exploits. En compagnie de son ami Héphaestion, le conquérant sacrifie même sur la tombe d'Achille et de Patrocle.
On le retrouve dans les arts mais aussi en philosophie. Ainsi par exemple, Socrate s'attache-t-il à relativiser la droiture morale (faute d'une envergure intellectuelle suffisante, Achille n'aurait pas été capable de tromper autrui) à l'aide d'une comparaison entre Ulysse et Achille, en s'attachant à démontrer que si Ulysse était trompeur, Achille ne l'était pas moins, mais seulement moins habilement. L'un des arguments de Zénon d'Élée parle de la course d'une tortue contre Achille. Au contraire, Pindare loue sa droiture dans l'une de ses Néméennes. Par ailleurs, dans Le Prince ch.XVIII, Machiavel utilise Achille comme image d'un homme ayant eu du succès grâce à la maitrise des lois, propres à l'homme, mais aussi de la force, propre à la bête[réf. souhaitée] .
Achille est le héros de l'Iliade, mais aussi d'autres épopées du Cycle. On peut citer la Memnonide et l'Éthiopide d'Arctinos de Milet, la première ayant influencé la seconde, parlant d'Achille tuant le héros Memnon pour venger son ami Antiloque, thème très comparable au combat contre Hector pour venger Patrocle. Ces deux épopées sont probablement antérieures à Homère.
Il est aussi le héros de l'Achilléide, un poème en latin inachevé de Stace, contant son enfance.
Achille a notamment été incarné au cinéma par :
"Achilles" est également le nom d'un court métrage d'animation de Barry Purves qui raconte la vie du héros, en mettant en avant son homosexualité.
L’Achilleion de Corfou est un palais de l'impératrice Élisabeth d’Autriche-Hongrie (plus connue sous le nom de Sissi) construit en l'honneur du héros mythologique en 1890 et situé dans le dème d'Achilleio.
Achille est fréquemment appelé « Péléide, Éacide ou encore Pyruus », épithètes qui rappellent son ascendance. Le nom d'Achille à proprement parler est d'étymologie inconnue[107]. La question s'est en effet posée dès l’Antiquité : le pseudo-Apollodore explique ainsi que son nom signifie « qui n'a pas de lèvres » (d’un α- privatif et de χεῖλος / kheĩlos, « lèvre »), « parce que jamais il n’avait approché ses lèvres d’un sein »[108]. Toutefois, cette étymologie populaire ne repose sur rien.
L’une des hypothèses les plus convaincantes donne au nom du héros le sens de « celui dont l’armée est affligée », de ἀχός / akhós, « le chagrin, l’affliction », et de λαός / laós, « l’armée, la foule des guerriers »[109]. En effet, la figure d’Achille est étroitement liée au chagrin : celui éprouvé par les Achéens quand Achille se retire de la bataille, puis quand il meurt.