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Héraclès (en grec ancien Ἡρακλῆς / Hêraklễs, signifiant "Gloire d'Héra"), de son premier nom Alcide, fils de Zeus et d’Alcmène, est l'un des héros les plus vénérés de la Grèce antique. La mythologie grecque lui prête un très grand nombre d’aventures qui le voient voyager à travers le monde connu des Doriens puis dans toute la Méditerranée, à partir de l’expansion de la grande Grèce, jusqu’aux Enfers. Les plus célèbres de ses exploits sont les douze travaux. Il est mentionné dans la littérature grecque dès Homère.
Héraclès correspond à l’Hercule de la mythologie romaine. L’Hercule des Romains est parfois dépeint comme moins violent que son alter ego grec dans les récits où il intervient et connaît quelques aventures se déroulant spécifiquement en Italie.
Héraclès naît à Thèbes de Zeus et d'Alcmène, descendante du héros Persée et femme du roi Amphitryon[1]. Le roi des dieux a en effet décidé d'avoir un fils capable de venir en aide aux hommes comme aux dieux[2]. Profitant de l'absence du mari, en guerre contre les Taphiens et les Téléboéens[3], Zeus descend de l'Olympe et, prenant l'aspect d'Amphitryon[4], passe sa nuit avec Alcmène après avoir persuadé Hélios, dieu du soleil, de ne pas se lever pendant trois jours, faisant ainsi durer sa nuit avec la femme d'Amphitryon[5]. Dans la même nuit, Alcmène va également avoir un rapport avec son mari de retour de campagne.
Alors qu'elle va accoucher, Zeus promet que l'enfant à naître ce jour-là régnera sur tous ses voisins[6]. Pour se venger des infidélités de son mari, Héra retarde la délivrance d'Alcmène en retenant les Ilithyes, déesses de l'accouchement ; elle-même fait naître avant terme Eurysthée, fils du roi Sthénélos d'Argos[6]. Ainsi Eurysthée, reçoit la royauté de l'Argolide à la place d'Héraclès[6]. Alcmène peut alors accoucher ; elle donne naissance à deux enfants : Héraclès, fils de Zeus, et Iphiclès, fils d'Amphitryon[7].
Peu de temps après la naissance d’Héraclès, Hermès enlève l’enfant et le place dans le lit d’Héra endormie : aucun des fils de Zeus ne peut devenir immortel s'il n'a tété au sein de la déesse[8]. Affamé, le bébé s'approche de celle-ci et commence à téter. Se réveillant, Héra aperçoit l'enfant et indignée, le repousse ; le lait divin se répand dans le ciel en une traînée blanchâtre, la Voie lactée[9]. Dans une autre version, Alcmène abandonne son enfant par crainte de la vengeance d'Héra. Athéna convainc cette dernière d'allaiter le bébé, mais Héraclès tète trop goulûment et Athéna doit le rendre à sa mère[10].
Alors qu'Héraclès est encore bébé, Héra envoie des serpents pour le tuer, mais celui-ci les étrangle sans difficulté. Alertés par les cris des femmes, Alcmène et Amphitryon accourent et trouvent les serpents morts. Amphitryon convoque alors le devin Tirésias, qui prophétise les hauts faits du héros et son apothéose[11].
Dans une autre version, Amphitryon dépose lui-même les serpents pour découvrir lequel des deux enfants est le sien et lequel est le fils de Zeus[12]. Ce récit implique qu'Amphitryon soit au courant de l'infidélité de sa femme. Sur quelques vases de Grande Grèce, on le voit d'ailleurs empiler du bois autour d'un autel près duquel Alcmène s'est réfugiée ; il s'apprête à y mettre le feu quand Zeus envoie un éclair pour dissuader Amphitryon et deux nuages pour éteindre les flammes[13].
Selon certains récits, Héraclès porte d'abord le nom d'Alcide[14] (en grec Ἀλκείδης / Alkeídes, dérivé d'ἀλκή / alkế, « force, vigueur ») ; Héra le rebaptise Héraclès, c'est-à-dire « gloire d'Héra », parce que c'est à cause de ses ordres que le héros a acquis sa renommée[15]. Alternativement, c'est la Pythie de Delphes qui lui conseille de changer de nom après qu'il a tué ses enfants, poussé par Héra qui l'a rendu fou (voir plus bas) ; il prend ce nom de manière propitiatoire après avoir expié son crime[16]. Selon d'autres, le nom original du héros est Alcée, en référence à son grand-père paternel Alcée fils de Persée ; la responsabilité du changement de nom incombe alors soit à la Sibylle[17], soit aux Argiens[18].
Comme beaucoup de héros grecs, Héraclès est l'élève du centaure Chiron[19]. Des sources tardives lui donnent un grand nombre de maîtres : Castor (originaire d'Argos, à ne pas confondre avec Castor le Dioscure) pour le maniement des armes, Amphitryon pour la conduite des chars, Eurytos ou encore Rhadamante pour le tir à l'arc[20].
Linos enseigne les lettres et la musique à Héraclès et Orphée. Contrairement à son demi-frère, le héros est indiscipliné et turbulent ; frappé par Linos, Héraclès tue celui-ci à coups de tabouret[21] ou, selon la version, à coups de lyre[22]. Héraclès est accusé de meurtre, puis acquitté après avoir invoqué une sentence de Rhadamanthe consacrant le principe de légitime défense[20]. Parce que la fougue d'Héraclès et son manque de maîtrise de soi deviennent une menace, Amphitryon l’éloigne de la cour[23]. Le héros est envoyé surveiller ses troupeaux à la campagne où son éducation est reprise par Teutoros, un bouvier scythe qui lui enseigne le tir à l’arc[20]. Il se signale déjà par sa force et sa stature : il atteint la taille considérable de quatre coudées[23].
À 18 ans[24], Héraclès est invité par le roi Thespios, souverain de Thespies. Soucieux d'avoir le héros comme père de ses petits-enfants[24], Thespios lui envoie chaque soir l'une de ses cinquante filles ; Héraclès croit retrouver toujours la même jeune fille et devient ainsi le père de cinquante fils, les Thespiades[24]. Dans d'autres versions, l'exploit est accompli au cours de sept nuits[25], voire d'une seule nuit[26]. Dans ce dernier récit, l'une des filles de Thespios refuse d'entrer dans la couche d'Héraclès ; elle est punie en devenant prêtresse du héros et vouée à la virginité perpétuelle[26]. Ici, les Thespiades sont au nombre de cinquante-et-un, l'aînée et la cadette des filles de Thespios donnant naissance à des jumeaux[26].
Selon l'un des récits, la raison première de la venue à Thespies d'Héraclès est le lion du mont Cithéron, qui ravage les troupeaux d'Amphitryon et de Thespios[27]. Héraclès abat l'animal, le dépèce et se couvre la tête de sa peau en guise de casque[24].
Périérès, le conducteur du char de Ménécée (roi de Thèbes et père de Créon), a blessé mortellement Clyménos, roi d’Orchomène, en lui lançant une pierre alors qu'il se trouve dans le sanctuaire d’Onchestos, pendant l'une des fêtes de Poséidon[28]. Avant d’expirer, il a fait promettre à son fils, Erginos, de le venger. Erginos a vaincu le roi Créon et obligé ce dernier à lui fournir annuellement, et durant vingt ans, un cheptel de cent bêtes[28]. Afin de percevoir cette redevance, Erginos envoie annuellement une délégation.
Après son exploit sur le mont Cithéron, Héraclès redescend vers Thèbes et croise la route de ces émissaires. Ne supportant pas l’humiliation imposée à Créon, Héraclès tranche le nez et les oreilles à chacun d’eux et en fait un pendentif ; les percepteurs sont ainsi réexpédiés au palais d’Erginos[28].
Furieux, Erginos marche contre Thèbes. Équipé d'armes données par Athéna, Héraclès mène les siens au combat, et remporte la victoire, malgré la mort d'Amphitryon pendant les combats[28]. Le héros impose aux Minyens d'Orchomène le double du tribut infligé à Thèbes.
En récompense de sa victoire contre Erginos, Créon donne à Héraclès la main de sa fille Mégara[29], dont il a plusieurs enfants : les Chalkoarai. Leur nombre varie de deux à huit suivant les auteurs[30].
Dans la version la plus ancienne[31], Héraclès devenu fou[32] jette ses enfants au feu[33]. À son réveil, Héraclès retourne chez Thespios pour être purifié puis, après avoir consulté l'oracle de Delphes, va à Tirynthe pour servir Eurysthée[34]. Cet accès de folie est généralement attribué à Héra, qui veut l'obliger à se mettre au service d'Eurysthée[35].
Selon Euripide, l'épisode est lié à l'usurpation du trône de Thèbes par Lycos, fils de Dircé. En l'absence d'Héraclès, descendu aux Enfers pour chercher Cerbère, Lycos assassine Créon et ses fils[36]. À son retour, Héraclès tue Lycos[37]. Frappé par Iris et Lyssa (la Folie), envoyées par Héra[38], le héros devient la proie d'une rage meurtrière qui le pousse à massacrer ses enfants, les prenant pour ceux d'Eurysthée[39]. Mégara tente de sauver ses enfants, mais elle rejoint elle aussi le rang des victimes[40]. À son réveil, Héraclès revenu lucide songe d'abord à se suicider[41]. Thésée, qui vient d'arriver, le convainc de n'en rien faire et l'emmène à Athènes[42].
Par le nombre de ses hauts faits, Héraclès se distingue de la plupart des héros grecs, comme Persée, Thésée ou Bellérophon, dont la carrière est centrée autour d'un exploit unique[43]. Les plus connus sont les Douze Travaux, entrepris sur l'ordre d'Eurysthée. C'est au cours du premier d'entre eux, la chasse du lion de Némée, qu'il acquiert ses principaux attributs : la massue, taillée dans le tronc d'un olivier sauvage[35], et la léonté, c'est-à-dire la peau de lion.
Les Douze Travaux retenus par la tradition n'épuisent pas la liste des exploits d'Héraclès.
Héraclès capturant le taureau crétois de Minos.Il faut y ajouter des aventures secondaires, greffées plus ou moins artificiellement sur les Douze Travaux :
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