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Par myll
La mythologie aztèque (ou mythologie mexica) est l'ensemble des mythes sur lesquels était basée la religion aztèque.
Elle partage de nombreux éléments d'autres anciennes mythologies mésoaméricaines mais elle s'en distingue en particulier par la place prépondérante du dieu tribal originel (selon le Codex de Florence) des Mexicas, Huitzilopochtli, dieu de la guerre et du soleil1, dont les Aztèques se considéraient comme le peuple élu, chargé d'assurer la marche du soleil en le nourrissant par les sacrifices. Ce sentiment avait été renforcé par la réforme sociale et religieuse de Tlacaelel sous le règne des empereurs Itzcoatl, Moctezuma Ier et Axayacatl au milieu du XVe siècle.
Outre la croyance en ce dieu principal, la mythologie aztèque, comme toutes les autres mythologies amérindiennes, se caractérise par un polythéisme illimité et strictement fonctionnaliste, c’est-à-dire que les dieux, voués à la conservation du monde, sont affectés à des tâches précises d'assistance aux hommes.
Contrairement aux philosophies moralisatrices, la mythologie aztèque n'est pas basée sur la problématique du paradis et de l'enfer ou du bien et du mal. De même que les autres mythologies mésoaméricaines, elle s'articule autour d'une dualité universelle, la vie et la mort incarnant deux pôles complémentaires plutôt qu'opposés de l'existence humaine et de la création.
Selon la mythologie aztèque, au commencement du monde, tout était noir, sans vie, mort2. Les dieux se réunirent àTeotihuacan en se posant la question de qui aurait la charge d'éclairer le monde. Deux dieux proposent leur candidature puis l'un d'eux, appelé Tecciztecatl (celui de la conche), recule devant le brasier où il était nécessaire de se jeter: il devint la Lune. Le second, un petit dieu humble et pauvre appelé Nanahuatl (Le bubonneux), sans doute faut-il y voir une métaphore du peuple aztèque à ses débuts, se jette sans hésiter dans le brasier et devient le Soleil. Mais les deux astres restent inertes dans le ciel, il est indispensable de les nourrir. Alors les autres dieux décident de se sacrifier et de donner l'« eau précieuse » (chalchiuatl) qui est nécessaire, à savoir le sang. Cela explique l'importance des sacrifices humains dans la religion aztèque, les hommes étant contraints de réitérer éternellement le sacrifice divin originel2.
Les dieux, selon les croyances aztèques ont successivement créé plusieurs mondes, chaque fois anéantis.
Le premier, formé sous un Soleil d'escarboucles (Autre nom du rubis, pierre précieuse d'un rouge vif), disparut dans des cataractes torrentielles; les quelques êtres humains qui survécurent devinrent des poissons. Le deuxième monde, constitué sous un Soleil de feu, fut détruit par des jets de flammes, et les hommes furent changés en divers animaux3. Le troisième monde, né sous un Soleil noir, fut englouti à la suite d'un tremblement de terre, et les hommes furent dévorés par les bêtes sauvages. Le quatrième monde, apparu sous le Soleil de l'air, s'acheva par la métamorphose des hommes en ouistitis. Enfin, un cinquième monde fut créé, qui connut le déluge universel Apachiohualiztli4 : seuls un homme et une femme parvinrent à gagner le sommet de la montagne et évitèrent l'extermination ; ils repeuplèrent la terre ; la terre telle que devait la connaître et la travailler le peuple aztèque3.
Selon une version5, les cinq soleils furent :
Une autre version, le Codex Vaticanus A, ne mentionne que quatre soleils : Matlactli Atl, Ehecoatl, Tlequiyahuillo, Tzontilic, Ollin Tonatiuh.
Quetzalcoatl, sous la forme de Xolotl le "Dieu-chien", alla dérober aux enfers de Mictlantecuhtli, les ossements desséchés des morts et les arrosa de son sang pour leur donner vie aux hommes.
Selon les croyances aztèques, les guerriers morts au combat ou sacrifiés se rendaient au ciel oriental près du Soleil puis revenaient sous forme d'un papillon ou d'un colibri au bout de quatre ans6,7. Mais les gens du commun n'échappait pas au Mictlan et disparaissaient après un voyage difficile de quatre ans6,8. Les noyés allaient au tlalocan, « paradis » du dieu de la pluie Tlaloc8.
Selon la mythologie aztèque, le sang humain (l'« eau précieuse ») était nécessaire au dieu soleil Huitzilopochtli pour pouvoir continuer à exister. Les sacrifices humains étaient donc courants. On sacrifiait également en l'honneur d'autres dieux. Le sacrifice concernait principalement les prisonniers, mais il pouvait également s'agir de volontaires. En effet, selon leur croyance, la vie qui les attendait dans l'autre monde dépendait non de leurs actions sur terre mais de leur trépas ; or, les deux morts considérées comme les plus glorieuses étaient le sacrifice et la mort au combat. Cependant, certains dieux comme Quetzalcoatl, s'opposaient au sacrifice des humains.
Dans le polythéisme aztèque, les dieux étaient souvent hérités d'autres cultures : les Aztèques assimilaient en effet tous les dieux des peuples qu'ils vainquaient; Par exemple le dieu de la fertilité, Xipe-Totec, était vénéré par les Yopi (le nom nahuatl du peuple tlapanèque). Tezcatlipoca et Quetzalcoatl étaient déjà l'objet d'un culte par des civilisations plus anciennes de Mésoamérique et furent adorés par différentes cultures sous différents noms. Si certains de ces dieux avaient des caractéristiques incompatibles avec les leurs, ils se contentaient de lui rendre un culte dans des temples particuliers9 : à Tenochtitlan, il s'appelait Coacalco, la maison du serpent.
Le concept de Teótl ( pluriel Teteo) est au cœur de la mythologie aztèque. Ce mot nahuatl, que l'on pourrait traduire par « dieu », renvoie en fait à une conception plus large : le teotl serait une énergie dynamique et immatérielle de la divinité, un peu à la manière du Mana polynésien10. La nature véritable du Teotl est l'une des questions les plus débattues par les historiens. Il permet de comprendre la chute de l'Empire aztèque: l'empereur Moctezuma II pensait en effet que Cortés et les conquistadores étaient des Teteo, non comme de véritables dieux, mais comme des phénomènes mystérieux et inexplicables.
Au début du XVIe siècle, les peuples du Mexique central, parmi lesquels on peut compter les Aztèques, possédaient un panthéon foisonnant. Les auteurs modernes avancent des chiffres qui peuvent aller d'au moins 14411 à quelque 20012 divinités. Faute de pouvoir donner un chiffre précis, on peut citer la phrase d'un chroniqueur espagnol du XVIe siècle, Juan Bautista Pomar, qui écrit : « Ils avaient tant et tant d'idoles, qu'il y en avait presque une pour chaque chose... »13.
Il est possible de regrouper les dieux aztèques en différentes catégories : les dieux en relation avec la nature, avec les échanges, etc. Henry B. Nicholson distingue trois groupes principaux, selon la fonction, divisés à leur tour en «complexes»14: le premier est celui de la créativité et du paternalisme divin (Ometeotl, Tezcatlipoca, Xiuhtecuhtli. Le deuxième est en rapport avec la pluie, l'humidité et la fertilité agricole (Tlaloc, Centeotl - Xochipilli, Ome Tochtli, Xipe-Totec, Teteoinnan). Le troisième groupe est celui de la guerre, des sacrifices et de l'alimentation du soleil et de la terre (Tonatiuh, Huitzilopochtli, Mixcoatl - Tlahuizcalpantecuhtli, Mictlantecuhtli). Nicholson accorde une place à part à Quetzalcoatl en raison des nombreux aspects qu'il peut revêtir, et à Yacatecuhtli dont la nature lui semble obscure.
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