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Par myll
L'expression « origines du christianisme » peut recouvrir plusieurs thèmes de réflexion différents suivant qu'on se place dans une perspective théologique ou historique.
Les hypothèses historiques sont basées sur des faits réels, par exemple : le christianisme commence suite à la diffusion d'un message. Quelle que soit la date de rédaction retenue pour les épîtres, les évangiles, les actes, encore faut-il attendre que ces documents aient circulé. Le premier témoignage de cette circulation des écrits se situe en 140 quand Marcion de Sinope arrive à Rome, sachant que rien n'atteste concrètement de la circulation des lettres de Paul, ni pour certaines d'entre elles 1 qu'elles aient été envoyées, ni pour certaines autres 2 que leur forme actuelle soit leur forme initiale. Néanmoins la critique textuelle, c'est-à-dire l'évaluation scrupuleuse de la transmission des textes à travers les manuscrits, a permis d'établir un texte fiable des écrits du Nouveau Testament, en particulier pour des lettres de Paul (dont un échantillon significatif de papyrus date de la fin du IIe siècle et du début du IIIe siècle3).
De ce point de vue, l'expression « Origines du christianisme » recouvre donc l'ensemble des faits historiques qui ont donné naissance au christianisme ancien. Toutefois, le débat sur la question de la date du début du christianisme ancien en tant que fait historique demeure encore ouvert entre un consensus anglo-saxon et une tendance européenne.
Le terme « judéo-chrétien » apparaît dans un chapitre de la thèse du professeur Marcel Simon « Verus Israël », Étude sur les relations entre chrétiens et juifs dans l'empire romain (135-425). Elle fut soutenue avant 1938 et conduite sous la direction de Charles Guignebert. Elle étudie les racines de l'antisémitisme chrétien4 au travers de la patristique grecque depuis Justin de Naplouse et Marcion de Sinope. Il s'attarde en particulier sur l'expression Vetus Israel vs Verus Israel, revendication dans laquelle il identifie le supersessionisme et, au détour d'une section s'interroge sur les marges entre judaïsme et ce qu'on nomme aujourd'hui « proto-christianisme » auxquelles il consacrera l'essentiel de sa carrière.
Il faut considérer, en particulier, son essai de 1938, Essai sur les deux hérésies juives mentionnées par Justin5. L'emploi du mot hérésie y présente un intérêt rétrospectif en cela que le judaïsme se caractérise par le fait de savoir maintenir des dissensus sans créer de schisme6, ce dont témoigne le Talmud.
Sa thèse traduite en anglais et réédité quatre fois demeure un ouvrage de référence et, de ce fait, en Europe, la séparation entre judaïsme et christianisme date de 135, à savoir de l'exil de l'école de Yavné à Poumbedita. C'est pourquoi en Europe, on voit les choses un peu plus tôt. Un consensus s'est établi autour d'une période s'étirant de l'établissement de l'école de Yavné à l'introduction de la Birkat ha-Minim à la fin du Ier siècle parce que les Nazaréens7 ne s'étaient pas associés à la révolte de BarKochba8,9.
Marcel Simon représente le moment où l'étude de l'histoire du christianisme sort de l'apologétique pour entrer dans la critique10 ; il se situe, comme le cardinal Jean Daniélou11,toutefois12, dans les problématiques de l'antériorité et de la postériorité, de l'orthodoxie, de l'erreur, de la vérité, du syncrétisme qui se sont révélé être de faux dilemmes13.
Toutefois, le professeur Simon entendait limiter son étude à la période 135-425. Toute une école s'intéresse actuellement à la période antérieure, plus indistincte. Par exemple, François Blanchetière avec ses études les premiers chrétiens étaient-ils missionnaires ? (30-135) et son enquête sur les racines juives du mouvement chrétien (30-135) toutes deux publiées au CERF ces dernières années dans lesquelles il pose la question de la différenciation progressive. Cette différenciation progressive fait aussi l'objet des travaux d'autres chercheurs comme Alexandre Faivre, Dan Jaffé, Simon Claude Mimouni, Enrico Norelli, Benard Pouderon, Daniel Marguerat, Dominique Cerbeleaud.
Cette question est le sujet principal de l'école anglo-saxonne.
Dans ce cas de figure, bien développé chez les chercheurs anglo-saxons réunis au colloque "The ways that never part"14le christianisme ancien correspond à la période des conciles ; auparavant, n'existe qu'un proto-christianisme (ou paléochristianisme), en fait, une forme spécifique de judaïsme recruté parmi les membres les plus eschatologiques des courants messianistes.
Du point de vue théologique, les auteurs font commencer le christianisme en tant que doctrine ou en tant que foi, avec la naissance de Jésus, avec sa résurrection ou au moment de la Pentecôte.
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