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Je parle de mangas ,de mes lecture de la musique que j'écoute ,de jeux vidéo et des poème que j'écris

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Histoire du christianisme (suite)

Lutte entre l'Église d'occident et les pouvoirs temporels au XIe siècle
Articles détaillés : Réforme grégorienne, Lutte du sacerdoce et de l'Empire, Pauvres de Lyon et Pierre Valdo.
Dans le Dictatus papae, Grégoire VII affirme la primauté du Pape sur les autres souverains

L'Église d'occident se veut l'instance spirituelle, supérieure - dans la conception aristotélicienne - à l'état temporel. Depuis l'époque carolingienne, le pape est également à la tête d'un état et ne manquera pas de jouer sur les deux tableaux.

« Une seule cité et deux pouvoirs : le pape et l’empereur. »

— Jean Danielou et André Duval.

Au Xe siècle, comme ce fut le cas de Constantin à Justinien puis Charlemagne, l'évêque de Rome devenu pape est sous la tutelle de l’aristocratie romaine quand se dissout l'Empire carolingien, puis sous celle des empereurs germaniques. L’ensemble du monde religieux est sous l’emprise des seigneurs féodaux, dans laquelle la fonction d’évêque est un bien de famille.

L’idée d'indépendance fait son chemin. Au XIe siècle, sous l’influence du moine Hildebrand, le pape Nicolas II confie l’élection du pape au collège des cardinaux (1059). En 1073, Hildebrand devient pape sous le nom de Grégoire VII. Il va lancer ce que l’on appelle la « réforme grégorienne ». Sa doctrine est élaborée dans le Dictatus papae, qui affirme la primauté du Pape y compris sur les autres souverains. Au même moment, Grégoire VII favorise la construction du droit canonique, discipline centrale de l'Université de Bologne fondée en 1080, qui sera codifiée avec le décret de Gratien au XIIe siècle.

L'antipape Clément III (au centre) avec l'empereur Henry IV, Codex Jenesis Bose q.6, daté de 1157.

En s’attaquant à l’investiture laïque, Grégoire VII entre en conflit avec l’empereur germanique Henri IV. Celui-ci fait déposer le pape par une assemblée d’évêques à Worms. C’est le début de la Querelle des Investitures. Le pape fait à son tour déposer l’Empereur. Face à la rébellion de nombreux vassaux, l’empereur « va à Canossa » : en tenue de pénitent, il va implorer le pardon du pape au château de Canossa en Toscane (1077). En fin politique, en 1080, l'empereur fait élire un antipape, Clément III. Ce n’est qu’en 1122, que son fils Henri V conclut avec le pape Calixte II un accord connu sous le nom de concordat de Worms. Au terme de ce compromis, l’investiture temporelle des évêques et abbés revient à l’empereur, tandis que le pape leur accorde l’investiture spirituelle. La papauté n’entend cependant pas renoncer à ses prétentions. En 1139, le deuxième concile du Latran affirme que « Rome est à la tête du monde ». Le conflit reprend de plus belle au milieu du XIIe siècle: il oppose l’empereur Frédéric Barberousse au pape Alexandre III, avec un schéma sensiblement identique : l’empereur fait désigner un antipape, tandis qu’Alexandre III s’allie à la ligue des villes lombardes. Le conflit militaire tourne au désavantage de Frédéric Barberousse qui doit signer la paix de Venise (1177). Cet épisode aura une conséquence importante : au troisième concile du Latran (1179), il est décidé que le pape sera dorénavant élu à la majorité des deux tiers du collège des cardinaux.

Apogée de la société chrétienne occidentale au XIIIe siècle
Articles détaillés : Cathares, Inquisition, Béguines et Libre-Esprit.

Le processus engagé aux XIe ‑ XIIe siècles culmine au XIIIe siècle, sous le pontificat d’Innocent III. Celui-ci a une conception élevée de la fonction pontificale. Sur le plan spirituel, son autorité est sans partage et s’exerce à travers toute la chrétienté occidentale par l’envoi de légats pontificaux. Sur le plan temporel, il fait une distinction entre l’auctoritas du pape et la potestas, que les souverains tiennent du pape. Innocent III intervient dans les affaires temporelles de nombre d’États en excommuniant ou déposant les souverains. Il obtient par ailleurs que plusieurs de ces souverains se déclarent vassaux du Saint-Siège (notamment Jean sans Terre, roi d’Angleterre). Ses successeurs reprennent la lutte contre l’Empire incarné par le Hohenstaufen Frédéric II. Le conflit sans merci qui oppose les guelfes (partisans du pape) aux gibelins (partisans de l’empereur), tourne à l’avantage de la papauté: grâce à l’appui de Charles d’Anjou, la dynastie des Hohenstaufen est éteinte et le Saint-Empire éliminé d’Italie. La papauté triomphe également en Orient : au deuxième concile de Lyon (1274) l’empereur Michel VIII Paléologue, partisan de l’« union des Églises », reconnaît la primauté du pape de Rome. Ces succès sont de courte durée : dès la mort de Michel VIII, l’Église byzantine rejette l’union, tandis qu’en Occident le roi de France Philippe le Bel, irrité par les ingérences du Saint-Siège, opère un coup de force : lors de l’épisode connu sous le nom d’« attentat d'Anagni », il s’en prend physiquement au pape Boniface VIII (1303), qui meurt du choc de cette humiliation.

Crises de l’Église aux XIVe siècle

Grosso modo, du point de vue l'église latine, le christianisme connait une hérésie par siècle, parfois plus. Venu s’installer provisoirement à Avignon pour préparer le concile de Vienne, destiné à condamner les Templiers, le pape français Clément V finit par y demeurer, vu l’insécurité qui règne en Italie. Cette situation se perpétue sous ses successeurs Jean XXII et Benoît XII. L’administration papale atteindra un degré de centralisation inégalé jusqu’alors, notamment en matière de fiscalité pontificale, mais les prétentions de la papauté à gouverner le monde chrétien suscitent de plus en plus d’opposition, notamment de la part de théologiens comme Marsile de Padoue ou Guillaume d'Occam. Les monarchies occidentales comme la France et l’Angleterre, elles aussi sur la voie de la centralisation, se rebiffent. C’est cependant le luxe de la cour papale qui finit par scandaliser bon nombre de chrétiens.

Hus au bûcher. Chronique illustrée de Diebold Schilling le Vieux, 1485

L’écrivain Pétrarque la traite de « nouvelle Babylone » et Catherine de Sienne la dénonce en termes encore plus violents. Sensible à ces critiques, le pape Grégoire XI revient s’installer à Rome en 1377. À peine élu, son successeur Urbain VI, extrêmement autoritaire, entre en conflit avec les cardinaux. Sous prétexte qu’ils ont élu le nouveau pape sous la contrainte de la population romaine, une majorité de ceux-ci procèdent à l’élection d’un nouveau pape, Clément VII, qui s’installe à Avignon. Urbain VI refuse de s’effacer. C’est le début du Grand Schisme d'Occident (1378 - 1417).

La querelle d’obédience divise le monde chrétien occidental tout entier. Le schisme se prolonge après la mort des deux protagonistes, qui ont chacun un successeur. Le concile de Pise (1409), embrouille encore un peu plus la situation en élisant un troisième pape. Dans une Chrétienté occidentale désorientée, des remises en cause doctrinales voient le jour: en Angleterre celle de John Wyclif condamnée en 1382 et surtout en Bohême celle de Jan Hus, moins radicale mais plus durable. L’empereur Sigismond convoque le concile de Constance en 1414. Celui-ci condamne les théories de Wyclif et Hus. Ce dernier est exécuté. Le concile dépose ensuite les trois papes et procède à l’élection d’un pape qui fait enfin l’unanimité : Martin V. Si l’unité de l’Église est rétablie, le besoin de réformes continue à se faire sentir. Certains théologiens voient la solution dans la tenue régulière de conciles (conciliarisme). Ces thèses se retrouvent d’ailleurs dans les décrets Haec sancta et Frequens du concile de Constance. Le concile de Bâle à peine réuni en 1431, il est dissous par le pape Eugène IV. Les participants au concile se rebiffent et refusent de se disperser. Ce mini-schisme se termine par la victoire du pape qui manœuvre habilement en convoquant un nouveau concile à Ferrare puis à Florence.

Si la primauté du pape sur les conciles est acquise pour longtemps, le pouvoir papal est néanmoins battu en brèche sur plusieurs fronts, qu’il s’agisse de l’indépendance des Églises nationales, comme en France où le roi promulgue la Pragmatique Sanction de Bourges, ou de la persistance de mouvements radicaux, comme en Bohême, où le pape doit transiger avec les Hussites. Par ailleurs, les conflits au sommet de l’Église ont jeté le trouble dans l’esprit des fidèles, dont la piété prend un caractère plus personnel. Au XVe siècle, le christianisme occidental est traversé par un courant mystique, dont Maître Eckart et Jean de Ruisbroek sont les représentants les plus connus.

Diffusion

Dans le monde romain
Article détaillé : Christianisme dans le monde romain.
Le contexte religieux du Ie au IVe siècle

Le christianisme n’était pas la seule religion cherchant et trouvant des adeptes au Ie siècle. Les historiens contemporains du monde romain soulignent l’intérêt qu'éprouvaient les romains pour les religions à mystère ou des cultes à mystère27; cet intérêt commençant au dernier siècle de la République romaine et se développant à l’époque de l’Empire romain. Les auteurs romains eux-mêmes, Tite-Live par exemple, racontent l’importation « des dieux étrangers » pendant des périodes de difficultés dans l’Empire romain. Les religions qui auront le plus de succès sont le mithraïsme, très répandu chez les soldats du fait du rapport à la mort qu'il développe28 et le manichéisme. Les chrétiens considéraient les manichéens comme particulièrement dangereux sous l'influence de Augustin d'Hippone, qui avait été manichéen dans sa jeunesse ; l'energie qu'il consacre à les combattre montre que cette concurrence était encore vivace à la fin du IVe siècle.

Le judaïsme recevait aussi des convertis et, dans certains cas, se montrait activement prosélyte29. Les actes des apôtres Le Nouveau Testament évoquent une catégorie de personnes désignées sous le nom de craignant-Dieu qu’on pense avoir été en passe de se convertir ; le plus souvent, on suppose qu'il s'agit de Gentils qui ne s’étaient pas soumis à la circoncision, soient qu'ils hésitent devant une opération sérieuse pour des adultes dans les conditions d'asepsie de l'époque, soit qu'ils ne souhaitent pas aller jusque là30. Philon d'Alexandrie évoque explicitement le devoir des Juifs d’accueillir des convertis. Il n'est pas certain que le judaïsme de la fin du Ier siècle considère les « Nazôréens » comme autre chose qu'une tendance, malgré leur envie de s’en démarquer31 ,32.

Insertion dans le paysage religieux de l'empire

Jusqu’au début du IVe siècle, le christianisme connaît des alternances de paix, notamment sous le règne de Gallien, et de persécution, en particulier sous le règne de Dioclétien. Ces persécutions marquent tellement l’esprit des chrétiens que le début de son règne (284) constituera jusqu’au VIe siècle le début de l’ère chrétienne, dite l’« ère des martyrs » ou « de Dioclétien ». En 312, arrivé au pouvoir, Constantin Ier adopte une attitude de tolérance que son collègue Licinius ne partage pas. Après la victoire de Constantin sur Licinus, il affiche une préférence de plus en plus marquée pour le christianisme. Il prend des mesures matérielles (don d’argent, de terrains, etc.), mais aussi législatives, pour intégrer les chrétiens dans la structure de l’empire (par exemple, l’élévation du dimanche, jour du soleil, au nombre des jours fériés). Il intervient dans les querelles religieuses, en convoquant des conciles (cf. infra), en interdisant les sacrifices animaux 33, et en fondant la ville de Constantinople, capitale chrétienne qui remplace Rome, toujours largement païenne à cette époque. Il prend des mesures contre les institutions païennes, mais ne supprime pas la liberté du culte. À sa mort en 337, il se convertit au christianisme, un « caprice personnel » selon Paul Veyne 33, devenant ainsi le premier empereur romain chrétien. À cette époque, bien que le christianisme se soit déjà implanté dans les milieux urbains aisés, 90 % des citoyens romains, dont les sénateurs, étaient païens ou adhéraient à d'autres fois, à l'instar des autres sujets de l’Empire, quoiqu'il existât alors de grandes disparités régionales dans la répartition des communautés chrétiennes33.

Si l’on excepte le court intermède de l’empereur Julien (361-363), le neveu de Constantin qui veut revenir au paganisme sans toutefois en faire une obligation 33, ses successeurs seront tous chrétiens. C’est sous Gratien et Théodose Ier (380-395) que l’Église catholique devient réellement une religion d'État. Ils promulguent d’abord une série d’édits contre les « hérétiques » qui sont en désaccord avec le syncrétisme pagano-chrétien créé sous Constantin. Sous l’influence d’Ambroise, évêque de Milan, Théodose interdit toute forme de culte païen (392) et impose le catholicisme.

Le christianisme en Égypte

Chaque église s'attribue un apôtre fondateur. Marc, qui aurait subi le martyre à Alexandrie au Ie siècle, serait aux origines de l’Église d’Égypte. Il est probable qu’une communauté chrétienne y existait vers 50 apr. J.-C. Si, à ses débuts, elle devait certainement être composée de Juifs, nombreux en Égypte, au IIe siècle elle est devenue grecque, après l’anéantissement de la communauté juive d’Alexandrie en 115-117. Les chrétiens ont dû y faire face à la concurrence du gnosticisme et du manichéisme. L’orthodoxie est défendue par le Didascalée, une école importante. Influencée par le néoplatonisme, elle compte parmi ses membres Clément d'Alexandrie ou Origène (185-253), qui créé la doctrine de la lectio divina et des quatre sens de l'Écriture. Comme en Afrique du Nord, l’Église d’Égypte a été déchirée par les conflits qui ont suivi la persécution de Dioclétien au début du IVe siècle. Le schisme est provoqué par l’évêque Mélèce de Lycopolis, qui s’oppose à la réintégration des chrétiens qui ont renié leur foi pendant la persécution.

Après l’avènement de l’empereur Constantin, l’Église d’Égypte prospère. Elle jouera un rôle important dans les controverses christologiques du IVe au VIe siècle, grâce à la forte personnalité de certains évêques d’Alexandrie, tels qu’Athanase ou Cyrille.

Monachisme

Le monachisme naît en Égypte, le plus probable de communautés de réfugiés dans le désert au temps de la persécution de Dioclétien. Pierre d'Alexandrie se taille ainsi une réputation de résistance34. L’Égypte est fortement marquée par le monachisme, du grec monachos (« solitaire », « célibataire »). Certains chrétiens se réfugient dans le « désert » pour échapper au monde, mais aussi pour s'opposer au pouvoir des potentats locaux35 tel Siméon le Stylite (392-459), qui vécut plusieurs décennies sur une colonne en Syrie. Petit à petit, certains d’entre eux, tels qu’Antoine (251-356?), rassemblent des disciples autour d’eux, et forment des communautés de semi-anachorètes. Pacôme le Grand (286-346) fonde des communautés cénobites (du grec koinos bios, « vie commune »), avec un supérieur à leur tête. Ces moines, souvent fanatiques, joueront un grand rôle dans la lutte contre le paganisme, dont un des épisodes les plus tristement célèbres est le meurtre de la philosophe Hypatie (415).

Au VIIIe siècle, en Orient, les véritables vainqueurs de la crise iconoclaste sont les moines, qui se sont faits les champions des images. Du XIe au XIIIe siècle, ils forment un véritable parti et n’hésitent pas à contester l’autorité de l’État. Comme ils voyagent beaucoup (moines gyrovagues), ils exercent une grande influence sur l’opinion publique. Par leur ascétisme et leur mépris du monde, ils constituent un idéal de vie pour le peuple et sont considérés comme les médiateurs par excellence avec Dieu, et parmi eux, l’« innocent » ou l’« idiot » a le contact le plus direct avec Dieu. Ils ont contribué à donner un aspect anti-intellectualiste au christianisme byzantin. Les moines sont d’autant plus respectés que le prestige du clergé séculier est bas. Au cours des derniers siècles de Byzance, les patriarches seront d’ailleurs souvent recrutés parmi les moines.

Au XIe siècle, le monachisme se répand en occident avec la règle de Benoît d'Aniane et la fondation de l'ordre de Cluny où il prend un tout autre caractère à partir du XIIIe siècle.

Le christianisme en Afrique du Nord

Bien que le christianisme se soit certainement implanté tôt en Afrique du Nord (c’est-à-dire, à l’époque romaine, principalement dans l’actuelle Tunisie et la région de Constantine en Algérie, avec comme centre culturel prestigieux Carthage), nous ne disposons d’informations sûres qu’à partir de la fin du IIe siècle, grâce à Tertullien et Saint Cyprien, les deux premiers Pères latins. L'Église africaine des premiers siècles a pris une part importante à la vie et au développement du christianisme occidental latin qui, selon l'historien Claude Lepelley36, est né en Afrique du Nord. Au milieu du IIe siècle, les communautés chrétiennes y étaient déjà très nombreuses et dynamiques. Et au IVe siècle, naîtra Augustin d'Hippone dont la pensée aura une influence déterminante sur l’Occident chrétien du Moyen Âge et de l’époque moderne 37.

La présence de 71 évêques aux conciles de Carthage en 256 indiquerait l'implantation ancienne du christianisme dans cette régionN 8.

Dans tous ses écrits, Tertullien se place en opposition directe avec la culture romaine païenne et fait l’apologie du martyre. En 180, les Actes des martyrs scillitains décrivent l’histoire de douze martyrs de Scilli. Tertullien lui-même rapporte dans les Actes des martyres Perpétue et FélicitéN 9 un épisode célèbre des persécutions en Afrique du Nord. De nombreux chrétiens choisissent alors d'être apostat pour sauver leurs vies. Lors de la persécution de Dèce (250), de nombreux chrétiens d’Afrique lapsi (apostats), souhaitent revenir au sein de l’Église. L’évêque Cyprien de Carthage, partisan d’une réconciliation après pénitence, se heurte à un groupe plus laxiste. Il trouve un allié auprès du pape Corneille, adversaire de Novatien qui s'oppose à toute réconciliation. La voie moyenne l’emporte, et la position de Novatien, sacré Pape par trois évêques italiens partisans de l'intransigeance, est condamnée en tant que schismatique.

Europe occidentale : évangélisation des peuples dits « barbares »

Les peuples germaniques et goths furent évangélisés par l'évêque arien Ulfilla mandaté par Constantin. L'arianisme était d'ailleurs le courant chrétien dans lequel Constantin fut baptisé sur son lit de mort. Il fit élever ses fils dans cette religion38.

Sur le territoire de l’ancien Empire romain d'Occident, qui disparaît en 476, se sont installés différentes peuples germaniques. presque tous sont chrétiens, du courant arien ; cela montre la portée limitée de la condamnation pour hérésie prononcée à concile de Nicée (325). Parmi ces peuples sont Vandales en Afrique du Nord, des Wisigoths en Espagne et dans le sud de la France, des Ostrogoths en Italie ou encore des Burgondes 24. L'arianisme servait notamment de facteur identitaire à ces populations, qui essayaient d'éviter la fusion avec les Romains, bien entamée par le fait que les fils de chefs étaient fréquemment enlevés et éduqués à Rome. L'épisode Arminius est resté célèbre 24. Elles cohabitent plus ou moins harmonieusement avec la population catholique locale. Par contre, les Francs, qui se sont installés dans le nord de la Gaule ainsi que les Anglo-Saxons qui ont envahi la Bretagne sont païens. La conversion de l'Europe barbare, entre le Ve et le VIIIe siècle, se fait le plus souvent à l'aide de contraintes subtiles plutôt que de persécutions massives, malgré quelques épisodes de persécution des Juifs, notamment en Espagne 24, ou des baptêmes forcés, telles ceux opérés par Charlemagne 24.

Les Vandales

La situation est tendue en Afrique du Nord où les Vandales, qui sont ariens, dominent les chrétiens locaux qui sont trinitaires. Cette situation aura des conséquences politiques importantes. Les Vandales, seront vaincus au moment de la reconquête de l’Afrique du Nord par l’empereur Justinien.

Les Ostrogoths

Les Ostrogoths, sous la conduite de leur roi Théodoric, s’installent en Italie en 489. Théodoric, fait construire des églises ariennes (dont certaines existent encore à Ravenne). Les Ostrogoths sont soucieux de conserver leur identité nationale. Ils ne se mêlent pas à la population locale et leur religion y contribue. Théodoric accorde néanmoins sa protection au catholicisme. Il s'oppose toutefois à ses excès de prosélytisme, condamnant ainsi l’évêque de Ravenne à payer une amende lorsqu’il apprend que les Juifs de la ville avaient été contraints au baptême 24. Les Ostrogoths perdent le pouvoir en Italie et repassent à l’« orthodoxie » suite à la reconquête byzantine.

Les Wisigoths

La politique des Wisigoths à l’égard de des trinitaires, est généralement assez tolérante. Alaric II affronte des désordres civils, au début du VIe siècle, ses sujets « orthodoxes » lui reprochant d'adhérer à l'arianisme 24. Sous le règne de Léovigilde (568-586), la situation est plus tendue. Le roi espère unifier l’Espagne sous la bannière de l’arianisme et les trinitaires fontt l’objet de multiples tracasseries. Son successeur Reccarède fait le choix inverse. Il revient à l’« orthodoxie » (concile de Tolède en 589) et l’Église espagnole entretient dorénavant des liens étroits avec la royauté. En 615, le roi Sisebut ordonne sous peine de mort le baptême de tous les Juifs 24. L'Espagne plonge alors, pour un siècle, dans les troubles religieux 24. En 694, Egica réduit en esclavage tous les Juifs de son royaume, et en confie la garde aux grands propriétaires fonciers (les possessores) 24. Ces derniers, en effet, sont des relais importants de l'expansion du christianisme, usant de la contrainte économique pour obtenir des conversions 24.

Les Francs

Dans le nord de l'ancienne province romain de Gaule, les Francs qui s'y sont établis se laissent gagner par différents types de christianismeN 10. Sous l’influence de l'évêque de Reims Remi, leur roi Clovis adhère à l’« orthodoxie » en 496 ou 506. Clovis devient ainsi le premier roi barbareN 11 trinitaire de l’ancien Empire romain d'Occident. C'est le « coup de chance »39 pour les Francs : en adoptant l'orthodoxie prévalente en Gaule, ils s'attirent la collaboration des élites gallo-romaines, et la Gaule aidera à leur triomphe40. En 507, Clovis obtient le soutien de l’aristocratie gallo-romaine pour chasser les Wisigoths ariens du sud de la Gaule. À l’image des empereurs romains chrétiens, il convoque un concile des évêques de Gaule (511). Son fils, Childebert Ier, ordonne vers 540 la destruction des idoles, mais ne s'attaque pas directement aux idolâtres eux-mêmes 24. Un siècle plus tard, le roi Dagobert tente, vers 633, de convertir les Juifs par la violence, mais l'entreprise, impopulaire, échoue 24. Pépin de Herstal et Charles Martel contraignent leurs nouveaux sujets, après la conquête de la Frise, entre 690 et 730, à se convertir 24.

Diffusion aux frontières de l'Empire

Le christianisme ne s’est pas limité au bassin méditerranéen et à ses arrière-pays. Il s’est répandu partout où existaient des zones de diaspora (terme d’origine grecque pour dispersion) juive, entre autres en Mésopotamie, en dehors de l’empire romain, où cette population résidait depuis la captivité à Babylone, ville où se développa une grande partie du Talmud.

Le christianisme en Perse dans l’Empire sassanide
Article détaillé : Église de Perse.

Le christianisme se répand en Perse dès le IIe siècle. Il s’y heurte à une religion nationale, le mazdéisme zoroastrien. Les chrétiens apparaissent d’abord comme susceptibles d’apporter un soutien à l’Empire romain et sont persécutés. Le monastère Mor Mattay, de doctrine syriaque orthodoxe, est ainsi fondé au IVe siècle. Un synode de l’Église perse en 424 décrète son indépendance par rapport à l'Église d'Antioche, ce qui permet aux chrétiens perses de ne plus apparaître comme des agents de l'Empire romain, principal adversaire des Sassanides. À la fin du Ve siècle, l’Église de Perse passe au nestorianisme, dont les thèses ont été condamnées par l'église de Constantinople lors du concile d'Ephèse de 431. Mais l'adversaire du nestorianisme, le monophysisme, également jugé hérétique, est aussi présent en Perse, l'Église syriaque orthodoxe y étant implantée, instaure une juridiction spéciale sur ces territoires, qui s'étendent jusqu'en Azerbaïdjan et Afghanistan actuels, le Maphrianat de l'Orient.

Le christianisme en Arménie
Grégoire Ier l'Illuminateur convainc le roi Tiridate IV de faire de l'Arménie le premier État officiellement chrétien

L’histoire du début du christianisme en Arménie repose sur des bases légendaires : le pays aurait été évangélisé par Simon, Barthélémy et Thaddée. On est sur un terrain plus sûr au IVe siècle. L’empereur romain Dioclétien installe Tiridate IV (298-330) sur le trône d’Arménie. Le roi est païen, mais un prédicateur, Grégoire Ier l'Illuminateur, le convainc de faire de l’Arménie le premier État officiellement chrétien (l’édit de Milan (313) ne constitue qu’un édit de tolérance).

Suite au partage de l’Arménie, sous Théodose Ier et Shapur II, entre l’empire romain et la Perse sassanide (387), la plus grande partie du pays, dans l’orbite du mazdéisme perse, est menacé d’acculturation. C’est pourtant à cette époque que le moine Mesrob Machtots crée l’alphabet arménien : la Bible est traduite en arménien. Le roi perse Yazdgard II (438-457) et ses successeurs tentent de convertir de force les Arméniens au mazdéisme, mais sans succès 41. Le christianisme arménien se revendique comme Églises des trois conciles, quoique n'ayant jamais participé au parcours concilaire, s'étant construite avant les églises qui sont parties au débat. Elle soutient une christologie miaphysiteN 12. Son pape prend le titre de catholicos (506).

Le christianisme en Éthiopie
Article détaillé : Christianisme en Éthiopie.

Le christianisme éthiopien aurait pris naissance avec la conversion du roi Ezana d’Axoum par saint Frumence (ou Frumentios)au IVe siècle. Capturé et réduit en esclavage lors d’un voyage, il est libéré par le roi et Athanase d'Alexandrie en fait le premier évêque du pays. Les successeurs d’Ezana seraient retournés au paganisme, et ce n’est qu’à la fin du Ve siècle que le christianisme est fermement implanté en Éthiopie. Le pays a sans doute été évangélisé par de missionnaires monophysites : son Église est non-chalcédonienne et son chef nommé par le patriarche copte d’Alexandrie. Elle a adopté comme langue liturgique le guèze, la langue du royaume d'Aksoum.

Diffusion et Grandes découvertes
Le christianisme en Extrême-Orient
Doctrine
Article détaillé : Li M'Hâ Ong.

Le nestorianisme se répand en Orient, étant adopté par l'Église de Perse, puis par l'Église syriaque orientale de Malabar, en Inde, et diverses églises dite « des deux conciles », ainsi qu'en Chine sous le règne de Taizong et en Mongolie à partir du VIIe siècle. Les nestoriens chinois furent persécutés sous le règne de Wuzong (en). Il se diffusa aussi dans l'empire mongol, étant pratiquée par plusieurs princesses de la famille de Gengis Khan (Sorgaqtani, épouse de Tolui, ou Doqouz Khatoun, épouse de Hülegü).

Cheminement
Articles détaillés : Compagnie de Jésus et Matteo Ricci.

Véhiculé le long de la Route de la soie, le nestorianisme atteint la Chine au VIIe siècle, sous l’empereur Taizong, avant d'être sujet, comme d'autres religions, à des persécutions au IXe siècle. Il s'étend aussi en Inde (Église de Malabar), qui aurait été influencée par le christianisme dès le Ie siècle, donnant lieu aux Chrétiens de saint Thomas. Lorsque le Portugal débarque sur la côte de Malabar en 1498, il y établit des tribunaux de l'Inquisition pour ramener ces « hérétiques » dans le droit chemin.

Diffusion en Amérique Latine

à suivre

Le temps des réformes

Le temps des Réformes n'est pas seulement l'affaire des églises qui en sont issues. C'est un mouvement européen issu de facteurs démographiques, économiques, culturels et technologiques.

Facteur démographique

Le mouvement des essartages produit une meilleure nourriture et l'allongement de la durée de la vie. Des surplus se dégagent et créent des courants commerciaux et donc monétaires. L'Église encourage le retard de l'âge du mariage ; une nouvelle période de la vie se développe : l'adolescence propice aux études42. L'Église développe donc des écoles. Pourtant, le bas clergé issu du peuple est à peine instruit et contribue à faire de la religion un ensemble de pratiques plus proches de la superstition que de la foi. La croyance à la sorcellerie est très répandue.

Facteur culturel

On invente la traduction, au sens scientifique du terme et la critique textuelle grâce à laquelle Lorenzo Valla démontre que la Donation de Constantin est un faux du VIe siècle43. Avec l'exil des érudits grecs, suite à la chute de Byzance, on voit arriver en occident des manuscrits bibliques grecs que personne n'avait jamais vus 44; les humanistes contribuent à cette remise en question.

Les Voyages de grande découvertes amènent à s'interroger sur le salut des indigènes avant leur évangélisation, partant sur son propre salut dans un environnement où la mort est toujours proche, celui des grandes pestes.

Facteur économique

Les voyages de grande découvertes amènent une extension du commerce, à partir de l'Espagne, dans lesquels une partie des féodaux européens (anglais, italiens, espagnols, princes d'Europe centrale et baltes) prend part. Une amélioration de la qualité de la monnaie et l'adoption d'un bi-métallisme produit un enrichissement et la faculté de devenir mécène45 Les papes issus des grndes familles italiennes se conduisent comme n'importe quels féodaux :

À la fin du XVe siècle, l’Église était en crise. Au niveau de la papauté et du haut clergé cette crise se manifestait par des pratiques et des comportements qui n’avaient plus aucun rapport avec la foi : les papes faisaient la guerre et se préoccupaient plus de s’enrichir que de faire respecter la religion. Ils pratiquaient le népotisme, c’est-à-dire qu’ils plaçaient leurs protégés (souvent leurs enfants illégitimes) à des postes importants ; le haut clergé pratiquait le cumul des bénéfices ecclésiastiques ; on vendait des simonies et on se livrait à la vente d’indulgences (pardon des péchés). Des croyants réagissent à cette situation.

Facteur technologique

L'invention de l'imprimerie rend le livre moins précieux, moins cher, et donc plus répandu. On imprime aussi des tracts et des placardsN 13

La Réforme protestante

L'adoption de la Réforme est aussi un caractère politique. C'est un moyen pour les princes d'affirmer leur indépendance face à une papauté revendiquant une théocratie universelle ou pour les populations de pouvoir se révolter face un souverain mal accepté comme en Écosse et aux Pays-Bas espagnols. Dès le XVIe siècle, se développent au sein de la Réforme des mouvements plus radicaux appelés à jouer un rôle dans le développement du protestantisme : le puritanisme en Angleterre et le baptisme en Europe centrale. Par ailleurs, les nouvelles colonies anglaises en Amérique du Nord serviront de refuge à de nombreux groupes persécutés en Europe. Ceci explique que les États-Unis soient encore actuellement un des foyers les plus vivaces du protestantisme avec l'Europe du Nord (Suède, Danemark, Lituanie, Pays-Bas) et l'Europe Centrale (Allemagne, Suisse, Hongrie).

Les excès commis par un petit groupe d’anabaptistes fanatiques qui avaient pris le pouvoir à Münster en 1534 ont contribué à dresser contre eux les autorités tant catholiques que protestantes. La majorité des anabaptistes sont pourtant pacifistes, comme en témoigne la prédication de Menno Simons (1496 - 1561), un de leurs principaux dirigeants, auquel doit son nom les mennonites. Un autre groupe d'anabaptiste, implanté en Moravie, porte le nom de frères moraves.

Dès le début du XVIIe siècle, le protestantisme s’épanouira en Amérique du Nord. La plupart des colonies anglaises ont été fondées par des groupes protestants très divers. Un des groupes les plus connus est celui des Pilgrim Fathers ou pères pèlerins qui fondent Plymouth au Massachusetts en 1620, composé de Puritains anglais. À partir de 1639, Roger Williams, chassé du Massachusetts, fonde des Églises baptistes dans la colonie de Rhode Island. Le quaker anglais William Penn (1644 - 1718) fonde en 1682 la colonie de Pennsylvanie. Il y invite les mennonites allemands, persécutés dans leur pays, qui arrivent par dizaines de milliers. Des calvinistes écossais et hollandais fondent des communautés presbytériennes.

La Réforme dans le Saint-Empire
Martin Luthermet au point un système théologique inspiré de Saint Augustin, propre à calmer l'angoisse que lui pose l'incertitude de son propre salut12

Luther (1483 -1546) est un moine tourmenté par son salut, il s’interroge donc sur la situation décrite ci-dessus. Dès 1515, il commence à « repenser » la religion, et en 1517, quand les envoyés du pape arrivent pour vendre les indulgences, il affiche sur la porte de son église 95 propositions, dans lesquelles il condamne la vente d’indulgences et les autres abus de l’Église. Le pape le somme de se rétracter et face à son refus l’excommunie. Luther devra également faire face à l’empereur Charles Quint. Ce dernier, soucieux de ménager à la fois le pape et les princes de l’Empire dont certains avaient déjà rallié le luthéranisme (nom de la doctrine de Luther), hésitera entre la répression et la tolérance. D’abord, il chasse Luther mais devant les protestations de certains princes luthériens (d’où le nom de religion protestante), il accorde à chaque prince le droit de choisir sa religion, ses sujets étant obligés de le suivre. Les thèses de Luther :

  • Le croyant doit pouvoir recourir directement à la Bible car la religion est une affaire de contact personnel entre la créature (l’homme) et son créateur (Dieu). Dans cet esprit Luther traduit la bible en allemand
  • Le salut ne peut s’espérer que par la grâce divine (sola gratia), don gratuit qui rend inutiles les œuvres qui ouvriraient des mérites dans l'économie de la Rédemption, par la foi (sola fide) et par les écritures (sola Scriptura) qui expriment la vraie parole de Dieu.
  • Le rôle du clergé est ramené à une mesure humaine : il n’est plus l’intermédiaire obligé entre Dieu et les hommes, ce qui rend superflu un ordre sacerdotal dont l'Évangile lui même ne souffle mot. Il est un érudit qui peut servir de guide spirituel.
  • Luther élague le christianisme des doctrines non bibliques construites par la tradition (culte de la Vierge et des saints, purgatoire), ne garde que les deux sacrements évoqués dans le Nouveau testament : le baptême et la Cène.

Du point de vue politique, il se rangera du côté des bourgeois contre les paysans et le petit peuple qui avaient cru trouver un soutien dans sa doctrine et s’étaient révoltés contre leurs princes avec la Réforme radicale.

La Réforme en Suisse
Article détaillé : Réforme protestante en Suisse.

En Suisse, la Réforme a lieu en même temps qu’en Allemagne. Les idées du réformateur suisse Ulrich Zwingli (1484-1531) sont au départ proches de celles de Luther. À partir de 1529, il s’éloigne du luthéranisme et perd le soutien des princes allemands. Il est tué en 1531 à la bataille de Kappel, qui oppose les cantons suisses catholiques à Zurich. Cette défaite militaire freine le développement du protestantisme en Suisse. Le réformateur français Calvin (voir ci-dessous), appelé, chassé, puis rappelé à Genève(1541), fait de cette ville un bastion du protestantisme. Il fait condamner à mort et brûler un de ses adversaires, Michel Servet.

La Réforme en France

Les idées de Luther inspirent un juriste français, Jean Calvin (1509-1564). Ce dernier propage d’abord le luthéranisme puis le transforme en une doctrine plus sévère. Pour le calvinisme, l’homme est entièrement soumis à Dieu: chacun est d'avance prédestiné à recevoir, ou non, la grâce: dans le débat entre la grâce divine et le libre-arbitre, celle-là l'emporte nettement. Il faut gouverner suivant les Écritures (dépouillement total des lieux de cultes, réglementation des tenues vestimentaires, bijoux, etc.).

Cette doctrine, dont le succès est partiel en France, s’impose en Suisse, dans le nord des Provinces Unies (actuels Pays-Bas) et en Écosse. Par ailleurs, des calvinistes persécutés en Angleterre émigrent en Amérique du Nord, notamment aux États-Unis.

En France, la Réforme aboutit à la persécution des Huguenots et à de sanglantes guerres de religion. En 1598, l’édit de Nantes y mit un terme pour 60 ans en autorisant le culte réformé, jusqu'à la révocation de cet édit par Louis XIV en 1685. Les Huguenots sont à nouveau persécutés par les Dragonnades et forcés à se convertir au catholicisme.

La Réforme en Angleterre

Dans ce pays, les motivations sont d'abord politiques ; leur caractère religieux tient à l'indépendance de l'église d'Angleterre en regard d'une volonté pontificale théocratique. Le roi d’Angleterre, Henri VIII, veut être le seul à contrôler son royaume (absolutisme). Il désire donc se débarrasser du pouvoir que détient le pape sur l’Église d’Angleterre. Il trouve un prétexte (son divorce refusé par le pape) et, en 1534, se proclame chef de l’Église d’Angleterre ou anglicane. L’anglicanisme réunit une grande partie de la doctrine calviniste et la hiérarchie et du rituel catholique (décorations, fastes nécessaires pour célébrer la gloire de Dieu).

Les calvinistes qui ne tolèrent pas cette adaptation sont persécutés et s’exilent (voir puritanisme).En Angleterre les puritains ou non-conformistes estiment que l’Église anglicane ne s’est pas suffisamment dégagée du catholicisme; ils sont notamment opposés à l’organisation épiscopalienne à laquelle ils préfèrent des communautés d’anciens et des synodes, c’est-à-dire une conception congrégationaliste de l’Église. Ils sont aussi partisans d’une plus grande rigueur morale. Face à l’opposition et à la politique de persécution de la plupart des souverains anglais (sauf sous Cromwell) du XVIe et XVIIe siècle, ils émigreront d’abord vers les Provinces-Unies, où ils entreront en contact avec la tendance baptiste.

Les baptistes sont opposés au baptême des enfants (pédobaptême), auquel ils préfèrent le baptême des adultes. Ils pratiquent le baptême par immersion, plutôt que par aspersion. Eux-mêmes récusent le terme d’« anabaptistes », à savoir "qui re-baptisent" dont les affublent leurs adversaires : il ne peut en effet être question d’un « rebaptême », puisque celui des enfants ne peut être considéré comme valable. Leur idée du congrégationalisme va plus loin que celle des puritains : l’interprétation des Écritures repose sur le consensus qui résulte d’un débat auquel chaque membre de la communauté peut prendre part. Il s’agit d’une conception très démocratique du christianisme.

La Contre-Réforme ou « Réforme catholique »
Articles détaillés : Édit de Nantes et Contre-Réforme.

"Depuis le concile de Trente, l'Église catholique n'a développé de théologie qu'anti-protestante"(Yves Congar46) C'est une tendance de fond qui préside encore à la Crise moderniste47 et dure jusqu'au concile de Vatican II48

Devant la crise politico-religieuse, l'Église catholique engage le mouvement de la Contre-Réforme, sous la bannière des Jésuites, sorte d’« armée » au service du pape chargée de la formation intellectuelle (collèges) et des missions évangélisatrices, notamment dans le Nouveau Monde et en Asie (ce qui provoquera la Querelle des rites à la fin du XVIIe siècle). L’Inquisition, tribunal religieux créé au XIIIe siècle, est rétablie. Elle fait torturer et brûler les hérétiques. En 1543, l’Index des « livres interdits » est instauré.

Pour consacrer ces décisions, le pape accepta finalement de réunir le concile de Trente (1542-1563). Celui-ci décida :

  • de mettre un terme aux nombreux abus (concubinage des prêtres, la non résidence des évêques, l’ignorance intellectuelle de nombreux curés)
  • de maintenir la doctrine catholique dans ses dogmes (le pouvoir intercesseur de la Vierge Marie et des saints, l’Eucharistie, le pouvoir de l’image…)
  • garder les traditions de l’Église romaine (prière et Bible en latin, le prêtre n’est pas un homme comme un autre donc obligation du célibat), c’est-à-dire sans tenir compte des idées humanistes (notamment Érasme)

Le développement de la Contre-réforme ne suit pas le même cours dans les différents pays catholiques. Dans une politique défavorable à l’égard du pape et de l’Espagne, la France n’accepta pas les principes du concile de Trente et s’opposa catégoriquement à l’inquisition. La Contre-réforme ne débuta en France que dans les années 1580. Elle atteint son apogée sous le règne de Louis XIV. En Allemagne, la Contre-réforme déboucha sur la guerre de Trente Ans.

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