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Osiris(début)

ris
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Osiris (du grec ancien : Ὄσιρις) est un dieu du panthéon égyptien et un roi mythique de l'Égypte antique. Inventeur de l'agriculture et de la religion, son règne est bienfaisant et civilisateur. Il meurt noyé dans le Nil, assassiné dans un complot organisé par Seth, son frère cadet. Malgré le démembrement de son corps, il retrouve la vie par la puissance magique de ses sœurs Isis et Nephtys. Le martyre d'Osiris lui vaut de gagner le monde de l'au-delà dont il devient le souverain et le juge suprême des lois de Maât.

Au Moyen Empire égyptien, la ville d'Abydos devient la cité du dieu Osiris. Elle attire ainsi de nombreux fidèles en quête d'éternité. La renommée de cette cité repose sur ses festivités cultuelles du Nouvel An et sur une sainte relique, la tête du dieu.

Durant le Ier millénaire avant notre ère, Osiris conserve son statut de dieu funéraire et de juge des âmes. Cependant, ses aspects de dieu des flots du Nil et, par là-même, de dieu de la fertilité, acquièrent la primauté, augmentant ainsi sa popularité auprès de la population nilotique. Des colons grecs installés à Memphis adoptent son culte dès le IVe siècle avant notre ère sous sa forme locale de Osiris-Apis, le taureau sacré mort et momifié. Les souverains lagides importent ce culte dans leur capitale Alexandrie sous la forme de Sérapis, le dieu syncrétique gréco-égyptien. Après la conquête de l'Égypte par les forces romaines, Osiris et Isis s'exportent vers Rome et son empire. Ils s'y maintiennent, avec des hauts et des bas, et ce jusqu'au IVe siècle de notre ère (interdiction du paganisme en 392 par l’empereur Théodose) pour finalement être évincés par le christianisme. Le culte osirien, actif depuis le XXVe siècle avant notre ère, durera jusqu'au VIe siècle de notre ère, quand fermera en 550 le temple d'Isis de l'île de Philæ, le dernier d'Égypte.

Présentation[modifier]

Étymologie[modifier]

Le théonyme Osiris est une translittération en alphabet latin d'un mot issu du grec ancien : Ὄσιρις qui a lui-même pour origine un mot de la langue égyptienne : Wsjr variablement translittéré selon les auteurs par Asar, Asari, Aser, Ausar, Ausir, Wesir, Ousir, Ousire ou Ausare, la prononciation égyptienne d'origine n'étant pas connue du fait que l'écriture hiéroglyphique ne restitue pas toutes les voyelles. Plusieurs égyptologues ont tenté de donner une signification au théonyme Osiris. En 1980, John Gwyn Griffiths propose que Wsjr dérive de Wser et signifie « le Puissant ». D'ailleurs, une des plus anciennes attestations du dieu Osiris apparaît dans le mastaba du défunt Netjer-ouser (Dieu-puissant). En 1987, Wolfhart Westendorf propose l'étymologie Waset-jret : « celle qui porte l'œil ». En 1985, David Lorton émet l'hypothèse que Wsjr est un mot composé issu du morphème set associé à jret ; set-jret signifiant « l'activité rituelle ». Osiris serait alors « Celui qui bénéficie de l'activité rituelle »[a 1].

Premières attestations[modifier]
Fausse-porte du tombeau de Ptahchepsès - British Museum

Osiris est l'une des principales divinités du panthéon égyptien. Cependant les origines de son culte restent encore très obscures. En l'état des connaissances égyptologiques, les plus anciennes attestations d'Osiris remontent au XXVe siècle avant notre ère et datent de la fin de la IVe ou du début de la Ve dynastie. Le nom d'Osiris se repère pour la première fois dans une formule d’offrande adressée à Osiris et à Anubis par une probable fille de Chéphren ; Hemet-Rê, fille royale et prêtresse d'Hathor. Elle est sans doute décédée sous le règne du roi Chepseskaf, le dernier souverain de la IVe dynastie. L'inscription figure sur le linteau de l'entrée de sa tombe située à Gizeh.

La première représentation d'Osiris est lacunaire, car figurant sur un fragment du temple haut du roi Djedkarê Isési. Le dieu figure comme un personnage masculin coiffé d'une longue perruque divine[ad 1].

Un autre de ces anciens témoignages archéologiques est une inscription du nom d'Osiris sur le linteau de la tombe du grand prêtre Ptahchepsès. Ce dernier décède sous le règne du roi Niouserrê vers 2430 av. J.-C. Découvert à Saqqarah la grande nécropole de Memphis, le linteau est à présent conservé par le British Museum de Londres[a 2],[z 1].

Les textes des pyramides regroupent des litanies et des incantations récitées lors des cérémonies funéraires royales. Ces textes sont gravés sur les parois des chambres funéraires à partir du roi Ounas dernier membre de la Ve dynastie. On ne parvient guère avec cette documentation à déduire où et quand le culte osirien est apparu. Le chapitre 219 évoque pourtant divers lieux de cultes situés dans plusieurs villes de la vallée du Nil dont Héliopolis, Bousiris, Bouto, Memphis et Hermopolis Magna. Chose étrange, Abydos n'est pas mentionnée dans cette liste[a 3]. Le culte d'Osiris est pourtant introduit dans cette ville sous la Ve dynastie. Abydos est pour le culte osirien le plus important lieu de pèlerinage à partir du Moyen Empire égyptien. Les textes des pyramides mentionnent en effet que le corps du dieu assassiné fut retrouvé gisant près des rives du Nil à Nédit (ou Géhésti), un territoire proche d'Abydos[a 4].

Archétypes et associations[modifier]

Selon l'égyptologue Bernard Mathieu, l'apparition du dieu Osiris résulte d'une décision royale, car son culte se diffuse soudainement sur l'ensemble du territoire égyptien, lors des débuts de la Ve dynastie[a 5]. Son nom est un jeu graphique volontaire basé sur le hiéroglyphe représentant le trône. Dès le départ, Osiris est donc lié à la déesse Isis, le nom de cette dernière signifiant le trône. Osiris est le roi des domaines funéraires et le juge des défunts. Sa représentation est anthropomorphe, très éloignée des formes animales que peuvent prendre d'autres divinités issues de la période prédynastique (bovidés, crocodiles, faucons)[a 6]. Le dogme osirien est élaboré par le clergé d'Héliopolis sous le contrôle du pouvoir monarchique qui se charge de le diffuser dans tout le pays, sans doute pour mieux asseoir son ascendant sur les grands temples comme ceux de Bousiris, d'Abydos ou d'Héracléopolis[a 7].

Osiris est associé à d'autres divinités. En Basse-Égypte, à Bousiris, il absorbe les qualités d'Andjéty, dieu tutélaire de cette localité dès la préhistoire[t 1]. La représentation de ce dieu berger se caractérise par ses deux hautes plumes sur la tête, retenues par un long bandeau, avec dans ses mains le sceptre Héka et le flagellum Nékhekh[t 2]. Osiris est aussi assimilé au dieu funéraire Sokar qui veille sur la nécropole memphite. Ce dieu est représenté par l'association d'un corps d'homme, qui est parfois gainé dans un linceul, et d'une tête de faucon et très souvent sans aucun signe distinctif. On le représente aussi parfois sous la forme d'un faucon momifié[af 1]. En Haute-Égypte, Osiris s’implante plus particulièrement dans le Nome de la Grande Terre, région entourant la ville de Thinis, la plus ancienne capitale de l'Égypte antique[t 3]. Cette ancienne cité n'est toujours pas localisée avec certitude. On sait toutefois qu'Osiris y fut rapproché du dieu Onouris[t 4]. Ce dieu est un homme à barbe qui porte une coiffe composée de quatre hautes plumes. Onouris, dans son aspect funéraire, porte l'épithète de Khentamenti, le « Chef de l'Occident »[t 5]. La nécropole thinite se situait à Abydos. Là, Osiris s'assimile à Khentamentiou, le « Chef des Occidentaux », divinité funéraire proche d'Oupouaout et représentée sous la forme d'un canidé noir.

Représentations[modifier]

Le dieu Osiris est intimement lié à la monarchie égyptienne. Le dieu est vu comme un roi défunt puis divinisé. Ses attributs sont ainsi ceux des souverains égyptiens. Osiris fut considéré comme un souverain de l'Égypte entière. Ses représentations ne le font pourtant voir qu'avec la couronne Hedjet de couleur blanche, symbole de la Haute-Égypte. Cette couronne se présente sous la forme d'un bonnet se rétrécissant vers le haut et se terminant par un renflement. Toutefois cette couronne peut s'augmenter de deux hautes plumes latérales, probablement d'autruche, on parle alors de la couronne Atef. Ses autres symboles royaux sont le sceptre Héka et le flabellum Nékhekh qu'il tient dans ses mains croisés sur sa poitrine. Osiris étant un dieu mort, ses représentations le font voir comme un corps momifié. Ses postures sont diverses, couché sur son lit funèbre, assis sur le trône ou debout tel un être ayant vaincu la mort[ag 1].

Épithètes[modifier]

Osiris est un dieu complexe dont la présence est attestée sur tout le territoire égyptien. Ce dieu regroupe en son sein plusieurs facettes. Ses aspects de dieu funéraire sont bien connus. Mais Osiris est aussi une divinité qui veille au bon fonctionnement de l'univers. Son action bienfaisante est ainsi à l'œuvre dans le défilé des étoiles ou dans le cycle saisonnier de la végétation[k 1]. Par conséquent, Osiris se présente à ses adorateurs sous une multiplicité de noms. Des litanies sont psalmodiées à « Osiris sous tous ses noms ». Très tôt, Osiris est doté de l'épithète « Celui qui a beaucoup de noms » (ash renou). Cette accumulation d'épithètes et de noms apparaît dans le chapitre 142 du livre des morts. Ce texte permet au défunt d'accéder à la vie éternelle à l'image d'Osiris. Pour ce faire le défunt énumère une liste de 115 épithètes attachées au nom d'Osiris. Plus le fidèle énumère de noms, plus il reconnaît et accepte la puissance de la divinité invoquée[u 1]. Les différentes fonctions du dieu et les différentes villes où son culte est présent s'enchaînent pêle-mêle, sans ordre logique :

Statue théophore de Psammétique. XXVIe dynastie. Musée du Louvre.

Osiris Ounnefer,
Osiris vivant,
Osiris maître de vie,
Osiris maître de l'Univers, (...),
Osiris qui préside au grain,
Osiris Orion, (...),
Osiris maître des millions d'années,
Osiris âme des deux dames,
Osiris-Ptah maître de vie,
Osiris qui préside à Ro-Sétaou,
Osiris régent des rives, qui réside à Bousiris, (...),
Osiris dans son palais à Ro-Sétaou,
Osiris dans le nôme d'Abydos,
Osiris dans Nedyt,
Osiris qui préside à sa ville,
Osiris le souverain, (...),
Osiris dans le ciel,
Osiris dans la terre,
Osiris l'intronisé, (...)
Osiris qui régit l'éternité à Héliopolis,
Osiris engendreur,
Osiris dans la barque de la nuit, (...),
Osiris qui préside à l'Occident,
Osiris dans toutes ses places, (...)

(Extraits du chap.142 du livre des morts. Traduction de Paul Barguet[u 2].)

Naissance et famille[modifier]

Osiris, le fils de Nout[modifier]
Les parents d'Osiris, Nout (le ciel) et Geb (la terre) furent séparés par Shou (souffle vital) sur l'ordre d'Atoum (dieu créateur). Détail du Papyrus de Greenfield ou Livre des Morts de Nésitanebtashérou du British Museum.

Le grec Plutarque est l'auteur de plusieurs traités portant sur la morale, la philosophie et la théologie. Le traité Sur Isis et Osiris se rapporte aux croyances égyptiennes. Cet auteur est le premier à résumer et à exposer le mythe osirien en un récit linéaire. L'histoire débute par l’instauration mythique du calendrier solaire de 365 jours. Nout, la déesse du ciel, a entretenu une relation amoureuse secrète avec Geb, le dieu de la terre. , le dieu soleil, en apprenant ces agissements se met en colère et interdit à Nout d’accoucher durant les jours de l’année. Thot, un autre amant de Nout, décide alors de jouer aux dés avec Lune pour lui gagner un soixante-douzième de ses jours de lumière. Ayant gagné cinq jours supplémentaires, il les place à la suite des 360 jours créés par Rê[d 1]. Osiris naquit le premier jour, Horus l’Ancien le deuxième jour, Seth le troisième jour en déchirant le ventre maternel, Isis le quatrième jour dans les marais du delta du Nil et Nephtys le cinquième et dernier jour. Plutarque ajoute que le véritable père d’Osiris et de Horus l’Ancien serait Rê, que le père d’Isis serait Thot et que seuls Seth et Nephtys seraient les descendants de Geb. Mais il indique aussi une autre version de la paternité d’Horus l’Ancien. Avant même de naître, Osiris et Isis, amoureux l’un de l’autre, auraient conçu Horus l’Ancien dans le sein de leur mère[d 2].

Le chapitre 219 des textes des pyramides assimile magiquement le pharaon défunt à Osiris, le dieu qui a été rétabli dans la vie. Tous les dieux de la famille osirienne sont encouragés à rétablir le roi mort dans la vie comme ils l’ont fait pour Osiris. Dans ce chapitre sont mentionnés les différents liens familiaux que les dieux d’Héliopolis entretiennent entre eux. Osiris est le fils d’Atoum, de Shou et de Tefnout, de Geb et de Nout[l 1]. D’autres textes nous font comprendre qu’Atoum a créé Shou et Tefnout et que ces derniers sont les parents de Geb et Nout[m 1]. L’énumération des liens familiaux se poursuit en mentionnant la fratrie d'Osiris, disant qu’il a pour frères et sœurs, Isis, Seth, Nephtys et Thot, puis qu’Horus est son fils[l 2].

Osiris, l'aimé de ses sœurs[modifier]
Isis[modifier]
Représentation d'Isis ailée gravée sur le sarcophage de Ramsès III, XXe dynastie. Musée du Louvre.

Isis fut considérée par les Égyptiens de l'Antiquité comme l'épouse du dieu Osiris. À ce titre, son culte connut une grande popularité, particulièrement durant les années de la Basse époque égyptienne. Lorsque le culte des dieux égyptiens commença à péricliter dans leur pays d'origine, la vénération d'Isis, la veuve éplorée qui sauve les initiés de la mort, se poursuivit toutefois hors des frontières de l'Égypte, en Grèce (Athènes, Delphes, Corinthe), en Italie (Rome et Pompéi) ou en Germanie (Mayence). Osiris (ou sa forme gréco-romaine de Sérapis) lui fut bien sûr toujours associé mais l'épouse éclipsa le mari dans le cœur des dévôts.

La stèle funéraire d'Amenmès (XVIIIe dynastie), aujourd'hui conservée au musée du Louvre, est le document archéologique égyptien le plus exhaustif à propos du mythe osirien. On peut y lire un hymne à Osiris. Bien naturellement, des passages sont consacrés à son épouse éplorée. Seth a assassiné Osiris puis a fait disparaître le corps. Isis, par la puissance de sa magie, fait renaître Osiris le dieu au cœur défaillant. Puis après s'être unie à lui, elle conçoit Horus le futur héritier du trône :

« Sa sœur fait sa protection, elle qui éloigne les adversaires. Elle repousse les occasions de désordre par les charmes de sa bouche, l'experte en sa langue, dont la parole n'a pas de défaillance, parfaites en ses ordres. Isis, l'Efficace, la protectrice de son frère, le cherchant sans lassitude, parcourant ce pays, en deuil, ne se repose pas qu'elle ne l'ait trouvé. Faisant de l'ombre avec son plumage, produisant de l'air avec ses deux ailes, faisant des gestes-de-joie, elle fait aborder son frère ; relevant ce qui était affaissé pour Celui-dont-le-cœur-défaille ; extrayant sa semence, créant un héritier, elle allaite l'enfant dans la solitude d'un lieu inconnu, l'intronise, son bras devenu fort, dans la Grande Salle de Geb. »

— Hymne à Osiris du Nouvel Empire (stèle C286 du musée du Louvre)[e 1].

Nephtys[modifier]
Représentation de Nephtys ailée gravée sur le sarcophage de Ramsès III, XXe dynastie. Musée du Louvre.

Dans son traité, Plutarque mentionne qu’Osiris, par méprise, a trompé Isis et que cette infidélité a été commise avec sa sœur jumelle Nephtys, l’épouse de Seth. De cette relation adultérine est né Anubis, le dieu à tête de canidé[d 3]. Un paragraphe du Papyrus Brooklyn (XXVIe dynastie) mentionne que dans la ville de Létopolis se trouve une statue représentant Nephtys sous la forme de la lionne Sekhmet enlaçant la momie d’Osiris[n 1] ; attitude qui est plus celle d’une épouse officielle que d’une maîtresse. Ce fait est confirmé par deux scènes du temple d’Edfou où Nephtys porte le nom d’Onnophret. Cette dénomination fait de Nephtys la contrepartie féminine d’Osiris dans son aspect d’Ounennéfer (l'existence parfaite). Dans une scène, Nephtys protège la momie d’Osiris après lui avoir restitué sa tête et la vie. De plus, le nom de la déesse est inscrit dans un cartouche ce qui fait d’elle une épouse légitime[n 2]. Il faut alors considérer Isis comme l’épouse terrestre d’Osiris et Nephtys comme son épouse éternelle, celle qui l’accompagne dans l’au-delà. Plutarque écrit à propos des deux sœurs d'Osiris : « Nephtys, en effet, désigne ce qui est sous terre et ce qu'on ne voit pas ; Isis, au contraire, ce qui est sur terre et ce qu'on voit »[d 4]. Nephtys a été la nourrice du jeune Horus. Elle l'a protégé de la fureur de Seth en le cachant dans les marais de Khemmis. En échange de cette protection et pour échapper à la vengeance de Seth, elle a obtenu la faveur d’être aux côtés d’Osiris dans le monde souterrain :

« Souviens-toi de ce que j'ai fait pour toi, (mon) enfant : Seth, je l'ai tenu à l'écart de toi, j'ai fait la nourrice en te portant et en ayant du lait. Tu fus sauvé lors de l'affaire de Khemnis, car j'ai refusé de reconnaître le visage de Seth à cause de toi ! Donne-moi une seule heure, que je puisse voir Osiris en raison de ce que j'ai fait pour toi ! »

— Extrait du Papyrus d'Imouthès. Traduction de Jean-Claude Goyon[n 3]

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Souverain égyptien mythique[modifier]

Osiris l'intronisé[modifier]
Osiris momiforme siégeant sur son trône (photographie de 1881).

L'Ennéade des dieux d'Héliopolis fut considérée par les Égyptiens de l'Antiquité comme la première dynastie de leurs pharaons. Après avoir créé l'Égypte, Atoum- régna sur le pays, puis fut remplacé par Shou puis par Geb. Ce dernier en constatant les mérites d'Osiris lui laissa le trône :

« [Osiris] établit solidement l'ordre dans toute l'Égypte. Il place le fils sur le trône de son père, loué de son père Geb, aimé de sa mère Nout […] héritier de Geb pour la royauté du Double-Pays. Comme celui-ci a vu sa perfection, il a ordonné qu'il guide le pays pour une heureuse réussite. »

— Hymne à Osiris du Nouvel Empire (stèle C286 du Louvre)[e 2].

Une scène du temple de Dendérah gravée au Ie siècle avant notre ère nous informe qu'Osiris, à l'instar des pharaons humains, a bénéficié d'une titulature royale composée de cinq noms et basé sur un jeu de mot théologique[w 1] :

Nom d'Horus : vigoureux (wsr) de bras

Nom de Nebty : vigoureux (wsr) par la vaillance

Nom d'Horus d'or : Osiris (wsjr)

Nom de Nesout-bity : Osiris (wsjr)

Nom de Sa-Rê : Ounennéfer triomphant.

Le chapitre 175 du livre des morts indique que le dieu a été couronné dans la ville de Héracléopolis Magna par le dieu créateur Atoum-. Le couronnement d'Osiris donne l'occasion d'un dialogue où le verbe créateur des deux divinités engendre des faits et des lieux mythiques de la théologie égyptienne ; ci-dessous les bassins sacrés du temple d'Héracléopolis :

« Alors Osiris eut mal à la tête, à cause de la chaleur de la couronne-atef, qui était sur sa tête (le premier jour où il l'avait placé sur sa tête) afin que les dieux eussent peur de lui. Alors Rê revint en paix à Héracléapolis pour voir Osiris, et il le trouva assis dans sa demeure sa tête étant devenue enflée à cause de la chaleur de la couronne. Alors Rê fit s'écouler ce sang et la sanie de cet abcès, et ils devinrent une mare. Alors Rê dit à Osiris : "Vois, tu as formé une mare du sang et de la sanie qui ont coulé de ta tête."— D'où cette mare sacrée à Héracléopolis. »

— Extrait du chap.175 du livre des morts. Traduction de Paul Barguet[i 1].

Osiris, seigneur de Maât[modifier]
Statuette représentant Séthi Ier offrant Maât aux dieux (XIXe dynastie). Collection du musée du Louvre).

Plutarque rapporte qu'Osiris enseigna à son peuple les manières civilisées afin que les hommes ne ressemblent plus à des bêtes sauvages. Il leur enseigna l'agriculture ainsi que le respect des dieux et des lois[d 5]. Les plus anciens documents archéologiques égyptiens concernant Osiris confirment les dires de Plutarque. Un fragment d'une architrave de la Ve dynastie nous fait savoir que, dès ses débuts cultuels, Osiris est nommé « le grand dieu, seigneur de Maât, Osiris qui préside à Busiris et dans toutes ses places »[a 8].

La Maât (ordre cosmique) est un concept politico-religieux qui apparaît lors de la formation de l'Ancien Empire égyptien. À cette époque, le roi égyptien prend une dimension centrale. Dans un pays unifié, sa personne dépasse toutes les autorités locales. Dans ce cadre, la Maât est un mythe qui permet d'unifier tous les sujets du souverain égyptien sous une seule autorité. La Maât est alors la déification de la volonté et de l'ordre royal. Dire et faire la Maât, c'est obéir et participer à la monarchie[f 1]. Dans la vie sociale, participer à la Maât c'est participer activement et réciproquement à une nécessaire solidarité humaine, les comportements anti-Maât étant la paresse[f 2], la surdité mentale[f 3] et l'avidité[f 4].

Aux plus forts moments de la royauté de l'Ancien Empire, la Maât est un attribut typique du roi humain. Il en va ainsi du bâtisseur de pyramide rhomboïdale, le roi Snéfrou (IVe dynastie). Dans sa titulature, ce souverain s’érige en « seigneur de Maât »[b 1]. La situation politico-théologique change avec la Ve dynastie. La puissance suprême passe du monde terrestre au plan divin. La puissance du roi se dévalue et les souverains de cette dynastie deviennent les « fils de Rê »[g 1]. Dans le même temps, les souverains se voient aussi déposséder de leur autorité sur la Maât au profit d'Osiris. Par là-même, la Maât devient sacrée car confiée au souverain de l’au-delà, qui sanctionne à la fin de la vie humaine tous les actes néfastes. Les rois ne sont plus que des exécutants qui font et qui disent la Maât[a 9]. Un passage de l’enseignement de Ptahhotep nous fait voir que les lettrés égyptiens ont lié l’instauration de la Maât au règne mythique du roi Osiris :

« La maât est puissante, et de perpétuelle efficacité d’action. On ne peut la perturber depuis le temps d’Osiris. On inflige un châtiment à celui qui transgresse les lois. C’est-ce qui échappe à l’attention de l’avide. »

— Enseignement de Ptahhotep. Extrait de la Maxime 5[h 1]

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Meurtre et renaissance[modifier]

Textes des pyramides[modifier]
Osiris, Anubis et Horus. Tombe du roi Horemheb, XIXe dynastie

La mort brutale du dieu Osiris et le processus magique de sa renaissance sont évoqués à plusieurs reprises dans les textes des pyramides. Le chapitre 670 est une récitation funéraire où apparaissent ces principaux moments de la destiné osirienne. Deux rois ont bénéficié de ce texte rituel. Il s'agit de Pépi Ier et de Pépi II de la VIe dynastie. Ils ont régné sur l'Égypte aux XXIIIe et XXIIe siècles av. J.-C.. Dans les deux cas, le texte est gravé sur le mur méridional de la chambre funéraire au plus près du sarcophage[l 3]. La récitation ne se présente pas comme un récit ou comme une histoire structurée ; ce genre n'apparaît qu'avec le philosophe Plutarque. La récitation est une incantation magique qui fait jouer au roi défunt le rôle d'Osiris.

La récitation peut se diviser en deux séquences. La première évoque le martyr d'Osiris. Les portes du ciel s'ouvrent pour laisser passer les dieux de la ville de , une localité située en Basse-Égypte. Sans doute s'agit-il d'Horus et ses deux fils Amset et Hâpi. Les dieux viennent vers le corps d'Osiris, attirés par les lamentations d'Isis et de Nephtys. En deuil et en l'honneur du défunt ils se frappent les cuisses, s'ébouriffent les cheveux, battent des mains tout en niant la mort d'Osiris. Ils l'exhortent à se réveiller pour qu'il puisse entendre ce qu'a fait Horus pour lui. On lui annonce que son meurtre est vengé. Seth avait frappé et tué Osiris comme un simple bovidé puis l'avait ligoté. Horus fait savoir à son père qu'il a fait subir à Seth le même sort puis l'a placé sous la garde d'Isis[l 4]. La suite de la récitation retrace la renaissance du dieu Osiris. Dans le lac de la vie, le défunt prend la forme du dieu chacal Oupouaout. Horus offre à son père ses ennemis séthiens vaincus. Ces derniers sont amenés par Thot. Puis le fils intronise le père en tant que chef des défunts en lui donnant le sceptre-ouas. Après avoir été purifié par Nephtys, Osiris est parfumé par Isis. Il semble que Seth a aussi dépecé son frère car il est ensuite mentionné que les deux sœurs ont regroupé ses chairs et rattaché ses membres. Ses yeux lui sont redonnés sous la forme des barques du jour et de la nuit (Soleil et Lune). Les quatre fils d'Horus ont participé au redressement d'Osiris. Pour qu'il soit entièrement calmé on procède sur lui au cérémonial de l'ouverture de la bouche. Éveillé à la vie par Shou et Tefnout, Osiris sort de la Douat et monte vers Atoum en direction de champs paradisiaques[l 5].

Plutarque[modifier]
Isis transformée en milan s'accouple avec la momie d'Osiris. Relief du temple funéraire de Séthi Ier (Abydos), XIXe dynastie.

La plus récente version du mythe nous fut transmise par Plutarque. Ce philosophe grec fait d'Osiris et d'Isis des souverains bienfaiteurs. Osiris enseigna aux humains les rudiments de l'agriculture et de la pêche, tandis qu'Isis leur apprit le tissage et la médecine. Pendant ce temps, Seth régnait sur les contrées désertiques et hostiles ainsi que sur les terres étrangères. Jaloux de son frère, Seth projeta l'assassinat d'Osiris pour s'emparer du trône d’Égypte qu'il convoitait. Pendant un banquet en l'honneur d'Osiris, Seth offrit à l'assistance un magnifique coffre, jurant de le céder à celui qui l'emplirait parfaitement en s'y allongeant. Aucun de ceux qui tentèrent l'exploit ne parvinrent à remporter le coffre. Quand vint le tour d'Osiris, qui fut le seul à y parvenir, Seth fit refermer et sceller le coffre, tandis que ses complices chassaient les invités et tenaient Isis à l'écart… Seth jeta le coffre dans le Nil, qui l'emporta dans la mer Méditerranée. Osiris noyé, Seth profita du meurtre pour asseoir sa domination sur l’Égypte. Isis, la veuve éplorée, rechercha alors à travers toute l’Égypte le corps de son mari et le retrouva à Byblos, au Liban. Elle ramena la dépouille du roi assassiné en Égypte et se réfugia dans les marais du delta du Nil. Au cours d'une chasse nocturne dans les marécages, Seth retrouva le corps haï de son frère. Il entra dans une rage folle et découpa le défunt en quatorze morceaux qu'il dispersa dans toute l'Égypte. Aidé de quelques fidèles dont Thot, Nephtys et Anubis, Isis retrouva les parties du dieu, hormis son pénis avalé par le poisson oxyrhynque. Après en avoir reconstitué le corps, elle procéda à son embaumement avec l'aide d'Anubis en l'enveloppant dans des bandelettes de lin. Le corps du dieu restant inerte, avec l'aide de sa sœur Nephtys, Isis bat des ailes en poussant des cris stridents pour insuffler la vie à Osiris grâce à ses pouvoirs magiques. Ranimé, Osiris ne revient pas sur terre, mais règne désormais sur le royaume des morts. Ainsi, la renaissance d'Osiris annonce toutes les formes de renouveau possibles, que ce soit dans la végétation ou chez les humains. Transformée en milan Isis peut être fécondée. De cette union naît Horus l'Enfant (Harpocrate), qu'elle cacha dans les fourrés de papyrus du delta pour le protéger de son oncle Seth[d 6],[af 2].

Pilier-Djed et rituels de régénération[modifier]

Le pilier Djed est un très ancien fétiche attesté à Hiérakonpolis dès l'époque thinite dans le cadre d'un culte rendu à Sokar ; un dieu funéraire représenté sous la forme d'un faucon momifié. La signification d'origine de Djed n'est pas encore connue. Peut-être s'agit-il d'un arbre ébranché. Mais dès ses débuts, ce pilier fait aussi partie des rites agraires de la fertilité du grain. À Memphis, le pilier Djed était d'abord érigé en l'honneur de Ptah et Sokar. Au début du Nouvel Empire égyptien, Osiris se fond avec ces deux dernières divinités sous la forme de Ptah-Sokar-Osiris. L'érection du pilier-Djed symbolise alors la victoire d'Osiris sur Seth[t 6]. Dans ce cadre, le Djed est vu comme l'épine dorsale d'Osiris. Cette vision du Djed apparaît aussi dans le livre des morts. Le jour de l'enterrement une amulette Djed est placée au cou de la momie :

« Redresse-toi, Osiris ! Tu as (de nouveau) ton dos, (ô) toi dont le cœur ne bat plus ; tu as tes vertèbres, (ô) celui dont le cœur ne bat plus. Mets-toi sur ton côté, que je mette l'eau sous toi ! Je t'apporte le pilier-djed en or ; puisses-tu en être réjoui ! »

— Chapitre 155 du livre des morts. Traduction de Paul Barguet[i 2]

À partir du Nouvel Empire égyptien, le pilier-Djed est anthropomorphisé et ses représentations se rapprochent de celles d'Osiris. Sur les reliefs du temple funéraire de Séthi Ier, le pilier Djed tel un Osiris ressuscité s'anime et reprend vie après avoir été redressé par le pharaon Ramsès II. Là, le rite de l'érection du pilier Djed consiste à rendre la vie au dieu Osiris. Le pilier Djed est pourvu de deux yeux Oudjat, de différentes couronnes (dont celle constituée de deux hautes plumes d'autruche) et est revêtu du pagne royal. Dans l'écriture hiéroglyphique, le Djed est le signe de la stabilité. Dans le rituel d'Abydos, cette notion de stabilité renvoie à la nécessaire cohésion du Double-Pays formé par l'union de la Haute et de la Basse-Égypte[ah 1].

Divinité cosmique[modifier]

Osiris qui encercle la Douât[modifier]
Douât[modifier]

La Douât est un lieu mythique qui n'a pas de localisation géographique précise. Ce lieu est parfois situé dans le ciel, mais d'autres fois sur terre. Les traductions des égyptologues en font un au-delà ou un enfer. La Douât ne correspond toutefois pas vraiment à ces deux concepts. En égyptien ancien, la racine du mot douât est proche du verbe douâ qui signifie « prier, adorer ». Quant au mot douât, sous une autre graphie, il peut aussi signifier « louange, hymne, adoration ». De plus le mot douâou signifie « aube, mâtin et aurore ». Quant à la planète Vénus elle est soit le douâou netjer (dieu du matin), soit plus simplement Douât[t 7]. La région de la Douât est ainsi un point de jonction où les vivants et les morts peuvent louer la renaissance de la lumière quand les ténèbres nocturnes disparaissent face à la renaissance du soleil à l'aube.

Régénération nocturne[modifier]

Au Nouvel Empire égyptien se crée un nouveau genre de littéraire funéraire ; les « Livres de ce qui est dans la Douât ». Ces ouvrages sont destinés aux personnalités royales et figurent sur les parois de leurs tombes, cénotaphes ou sarcophages.

Tableau final du livre des portes. D'après le sarcophage du roi Séthi Ier conservé au Sir Soane's Museum de Londres.

Ces textes, contrairement au livre des morts, ne sont pas des compilations de formules magiques de provenance hétéroclite. Ce sont des textes immuables qui décrivent les riches illustrations qui leur sont associées. Le plus ancien ouvrage est le livre de l'Amdouat apparu sous Thoutmôsis III. Si le livre des portes apparaît chez Horemheb, le premier exemplaire complet figure sur le sarcophage de Séthi Ier. La douzième et dernière séquence de cette composition contient une représentation de l'instant où le soleil sort du monde souterrain pour renaître à l'aube. Cette scène est une mise en image de la pensée cosmologique des Égyptiens du Nouvel Empire[aj 1]

Le dieu Noun semble sortir des eaux primordiales. Il élève de ses deux bras la barque solaire. À son bord, le scarabée Khépri (symbole de la renaissance) tient le disque solaire. De part et d'autre du scarabée, les déesses Isis et Nephthys paraissent accueillir ou propulser le soleil renaissant. Ce dernier est reçu dans les bras de Nout la déesse du ciel. Représentée à l'envers, la déesse est debout sur la tête d'Osiris dont le corps forme une boucle qui contient la Douât. La notice dit que : « C'est Nout qui reçoit Rê. »[ai 1].

Tel le serpent Ouroboros qui se mord la queue, Osiris est lové sur lui-même. Son corps forme un cercle et la notice dit que : « C'est Osiris qui encercle la Douât ». Cette représentation du dieu est une manière de montrer que le temps est cyclique. Le cercle symbolise la perfection et le mouvement. Ce retour permanent des choses et des événements est une succession de régénérations. Osiris et Nout sont représentés à l'envers pour montrer que la Douât n'est pas soumise aux mêmes règles que l'univers ordonné, le soleil y voyageant d'ouest en est. Quand le soleil y entre, il ne peut qu'en ressortir. Le soir, le soleil entre dans l'Occident. Il se régénère lors de son passage dans la Douât. Ce monde de la nuit et de la mort est gouverné par Osiris. Après avoir traversé douze régions et douze portails, le soleil renaît à l'aube quand il sort de l'horizon oriental. Cette sortie du monde souterrain est symbolisée par le second soleil qui se situe à la proue de la barque solaire. Le ciel à travers Nout est situé entre la Douât et l'univers ordonné. Il constitue le lien entre les deux mondes[ai 2].

Osiris, le seigneur des millions d'années[modifier]
Horemheb en adoration devant Atoum

La mortalité des dieux égyptiens est souvent évoquée dans un cycle où mort et renaissance alternent, le rajeunissement du dieu n'étant possible qu'à travers sa mort[v 1]. Mais les documents égyptiens qui évoquent la fin définitive du temps et la disparition finale des dieux sont peu nombreux. Le chapitre 175 du livre des morts décrit pourtant très clairement cette situation[v 2]. À la fin des temps, seuls Atoum et Osiris demeureront. Osiris se lamente de devoir rester dans le monde de l'au-delà. Atoum le console en lui disant que le désert des nécropoles est son royaume, que son fils Horus règne sur les hommes et que sa durée de vie va être très longue. Atoum lui annonce qu'eux deux, seuls, perdureront en retournant dans le chaos des origines sous la forme d'un serpent :

« Tu es destiné à des millions de millions d'années, une durée de vie de millions d'années. Mais moi, je détruirai tout ce que j'ai créé ; ce pays reviendra à l'état de Noun, à l'état de flot, comme son premier état. Je suis ce qui restera, avec Osiris, quand je me serai transformé à nouveau en serpent, que les hommes ne peuvent pas connaître, que les dieux ne peuvent pas voir. »

— Livre des morts, chap.175, extrait. Traduction de Paul Barguet[u 3].

Osiris Orion[modifier]

Les Égyptiens désignaient par Sah la constellation d'Orion. Personnifié par un homme portant la couronne blanche de Haute-Égypte, Sah était considéré comme le souverain des étoiles dont il ordonnait la course dans le ciel nocturne. Sah est l'âme- d'Osiris ou Osiris lui-même selon les différentes traditions[ae 1]. Plusieurs chapitres des textes des sarcophages sont consacrés à cette constellation (chap.469, 470, 689, 1017[m 2]). Le chapitre 227 permet au défunt de se transformer en successeur d'Osiris. Le défunt, après avoir affirmé qu'il est Osiris, enchaîne en parlant d'Orion :

« Je suis Orion, celui qui a atteint son Double-Pays, celui qui navigue à l'avant de l'armature du ciel [les étoiles] dans le corps de sa mère Nout ; elle a été grosse de moi selon son désir, et elle m'a enfanté la joie au cœur. »

— Extrait du chap. 227 des textes des sarcophages. Traduction de

Osiris
Divinité égyptienne
Osiris portant la couronne Atef et les attributs de la royauté
Osiris portant la couronne Atef et les attributs de la royauté
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Ousir, Ounen-Néfer, Khenty-Imentyou
Nom en hiéroglyphes
D4
Q1
A40
Translittération Hannig Wsjr
Représentation Homme momifié
Groupe divin Grande Ennéade d'Héliopolis
Parèdre Isis
Culte
Région de culte Égypte antique
Temple(s) Abydos
Lieu principal de célébration Héliopolis
Symboles
Attribut(s) Barbe postiche, sceptre Héka, flagellum Nékhekh, couronne Atef, Pilier Djed
Couleur Noir (représentant la mort)
Vert (représentant la renaissance)

Sommaire

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