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Je parle de mangas ,de mes lecture de la musique que j'écoute ,de jeux vidéo et des poème que j'écris

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Osiris(fin)

 

Divinité funéraire[modifier]

Osiris le chef des Occidentaux[modifier]
Osiris debout, momiforme et coiffé de la couronne Atef. Photographie de 1881. Musée de Boulaq

Daté du règne de Ramsès V (XXe dynastie), le Papyrus Chester Beatty I contient le conte des Aventures de Horus et de Seth. L'histoire relate les luttes intestines qui font rage au sein de la famille osirienne[p 1]. Le roi Osiris est mort. Depuis 80 ans, Horus et Seth se querellent au sujet de la succession au trône. Les dieux égyptiens siègent en tant que jurés au sein d'un tribunal présidé par . Ils sont partagés en deux camps de puissance égale. Horus, adolescent sans grande expérience, est soutenu par une faction menée par sa mère Isis. Quant à Seth, vaillant défenseur de la Barque solaire face à Apophis, sa cause est soutenue par Rê. Si Horus doit faire face aux assauts magiques de Seth, ce dernier doit faire face à ceux d'Isis. Après des milliers de coups fourrés, les dieux du tribunal sont lassés des tergiversations du vieux . Ses jugements successifs sont tous favorables à Horus mais à chaque fois, Seth peut les remettre en cause du fait de son ascendant sur Rê[p 2]. Sur les conseils de Thot et de Shou, Rê envoie une lettre à Osiris pour connaître son opinion. En réponse, le dieu défunt met en avant ses propres mérites :

« Pourquoi fait-on tort à mon fils Horus ? C'est moi qui ai fait que vous êtes forts. C'est moi qui ai créé l'orge et l'épeautre pour faire vivre les dieux, de même que les troupeaux sous la garde des divinités. Il ne s'est trouvé aucun dieu ni aucune déesse pour faire cela. »

— Les Aventures de Horus et de Seth. Traduction de Claire Lalouette[p 3]

Peu impressionné, Rê raille la puissance d'Osiris en disant qu'avec ou sans lui, l'orge et l'épeautre existeraient quand même. En colère, Osiris menace les dieux de l'Ennéade. Dans la crainte d'une épidémie, les dieux rendent un jugement définitif en faveur d'Horus. L'argument final est que d'Osiris dépend la bonne santé de la création. Il nourrit les dieux et les hommes en tant que dieu de l'abondance. Mais selon son bon plaisir, il peut lâcher contre ses ennemis et les impies une armée de démons pour qu'ils écourtent la joyeuse vie terrestre des êtres vivants :

« Cela est vraiment parfait, vraiment parfait, tout ce que tu as créé, ô inventeur de l'Ennéade ! Mais on a fait en sorte que la justice soit engloutie au sein du monde souterrain. Considère donc la situation, toi. Ce pays dans lequel je suis est empli de messagers au visage féroce, qui ne craignent aucun dieu ni (aucune) déesse. Si je les fais sortir, ils me rapporteraient le cœur de tous ceux qui ont commis des actions viles, mais ils se manifestent ici, en ma compagnie. Et pourquoi est-ce que je passe ici ma vie, en paix dans l'Occident, alors que vous êtes au-dehors, tous, tous ? Qui parmi eux, est plus fort que moi ? Mais vois, ils ont inventé le mensonge. Et lorsque Ptah […] créa le ciel, n'a-t-il pas dit aux étoiles qui s'y trouvaient : "Vous irez vous coucher sur l'Occident, chaque nuit, là où réside le roi Osiris ? Ensuite, les dieux, les nobles et le peuple se coucheront aussi dans l'endroit où tu es"– c'est ce qu'il m'a dit. »

— Les Aventures de Horus et de Seth. Traduction de Claire Lalouette[p 4]

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Osiris Ounennéfer[modifier]

Les anciens Égyptiens ne voyaient pas le décès comme une chose naturelle. En identifiant tous les morts à Osiris, le dieu assassiné, ils ont conçu la mort comme le franchissement d'un seuil situé entre le monde terrestre et le monde de l'au-delà. Le décès est une crise passagère que l'on peut résoudre par le rituel funéraire. Le tribunal d'Osiris symbolise cette étape cruciale car seul celui qui est pur moralement peut prétendre aux rites. Ne se présente devant le tribunal d'Osiris que celui qui est exempt de péchés[c 1]. Cette pureté est mise en avant dès l'Ancien Empire égyptien dans les textes des tombes et mastabas. Les dieux, par l'intercession du roi, accordent aux serviteurs de la monarchie le statut d'Imakhou (possesseur de tombe). Mais on ne peut prétendre à ce privilège que si l'on a respecté et appliqué la Maât. Osiris, en son nom d'Ounennéfer (Existence parfaite), est un modèle à suivre, sa vie exemplaire l'ayant mené à exercer la royauté sur la terre et sur l'au-delà :

« J'ai accompli la justice pour son seigneur, c'est que je l'ai satisfait en ce qu'il aime. J'ai dit la vérité, j'ai accompli la justice, j'ai dit le bien, j'ai répété le bien, j'ai atteint la perfection, car je souhaitais avoir le bien auprès des hommes. J'ai jugé deux plaideurs de sorte qu'ils furent satisfaits. J'ai sauvé le misérable de celui qui était plus puissant que lui en ce sur quoi j'avais autorité. J'ai donné du pain à celui qui avait faim, des vêtements à celui qui était nu, un passage au naufragé, un cercueil à celui qui n'avait pas de fils. J'ai fait une barque pour qui était sans barque. […] »

— Fausse porte de Néferséchemrê dit Chéchi[z 2]

Ani devant Osiris, juge de l'Au-delà. Papyrus d'Ani, XIXe dynastie.

Au Nouvel Empire égyptien, le jugement des morts acquiert sa forme définitive tel qu'il apparaît dans le livre des morts (chap.125). Le passage devant Osiris et ses 42 assesseurs ressemble plus à une épreuve qu'à une procédure judiciaire. Le défunt connaît à l'avance ce que l'on peut lui reprocher et se défend en niant en bloc deux listes de péchés. Une première liste de quarante fautes est niée devant Osiris, puis une deuxième liste de 42 fautes est niée devant les 42 assesseurs qui symbolisent l'ensemble du territoire égyptien. Ces lois conditionnaient l'accès au monde de l'au-delà. Mais le chapitre 125 est plus qu'une formule magique destinée à purifier le défunt. L'Égyptien ne comptait pas seulement sur la puissance de la magie pour sauver son âme[c 2]. Son passage post-mortem devant Osiris s'accompagnait, durant la vie terrestre, d'une vie inspirée par les lois du tribunal :

« Je suis un noble qui s'est complu en Maât, qui a pris exemple sur les lois de la salle des deux Maât, car j'avais l'intention d'arriver dans la nécropole sans que la moindre bassesse fût associée à mon nom, je n'ai pas fait de mal aux hommes, ni quoi que ce soit que réprouvent leurs dieux. »

— Stèle funéraire de Baki, XIVe siècle[c 3],[w 2].

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De Osiris-Apis à Sérapis[modifier]

Le taureau Apis (Hapi en égyptien) symbolise le cycle d'un jeune animal succédant à un aîné qui vient de mourir de mort naturelle. Dès qu'un taureau mourait, les prêtres se mettaient en quête d'un taurillon lui ressemblant puis l'intronisaient. La succession des Apis est attestée depuis Amenhotep III jusqu'à la fin de la dynastie des Ptolémées mais perdura probablement jusqu'au IVe siècle de notre ère. Apis véhicule deux images théologiques ; premièrement la succession royale et deuxièmement, la renaissance osirienne. Apis est ainsi représenté comme un taureau vivant et marchant, comme un animal mort et momifié et comme un humain à tête de taureau. L'Apis défunt devient un Osiris sous le nom d'Osiris-Apis (en égyptien Osor-Hapi)[j 1].

À la Basse époque égyptienne se développe un culte en l'honneur de cet animal mort mais dans les limites de la ville de Memphis. Le culte se pratique dans les milieux égyptiens mais aussi chez les colons grecs installés à Memphis. Un papyrus en langue grecque mentionne le dieu Osérapis dès le IVe siècle avant notre ère[b 2]. Lorsque la dynastie des lagides s'installe en Égypte, elle met en place à Alexandrie, le culte de Sérapis. Cette divinité prend les fonctions funéraire et agraire du dieu Osiris mais ses représentations sont celles d'un dieu grec ; un homme barbu à la chevelure bouclée couronné soit du modius (symbole de fertilité) soit de la couronne atef (caractéristique d'Osiris)[b 3].

Divinité de la végétation[modifier]

Osiris qui préside au grain[modifier]
Scène de labour illustrant le chap. 110 du livre des morts. Tombe de Senedjem.

Pour l'anthropologue James George Frazer, les dieux Osiris, Dionysos, Attis et Adonis sont des esprits de la végétation. Osiris est comme le grain enterré lors des semailles qui ressuscite lors de la moisson suivante. Le grain est fécondé par l'eau dans le sol. Lors des récoltes il est démembré par les faucilles des faucheurs[d 7]. Il n'est pas encore établi avec certitude si dès le départ Osiris est un dieu de la végétation ou si ce côté de sa personnalité s'est greffé par la suite sur ses aspects de dieu funéraire. La fertilité du sol égyptien est en rapport avec le limon charrié par la crue du Nil à laquelle Osiris est associé. Malgré le découpage du corps d'Osiris en morceaux, sa mort physique est présentée comme une léthargie. Cette inconscience d'Osiris est comme celle d'Atoum dans le Noun (l'océan primordial) avant la création de l'univers. Le sommeil du dieu Osiris est contraire à l'ordre établi par le dieu créateur. Néanmoins, sa mort est nécessaire pour que l'humanité puisse dépasser ses limites terrestres et atteindre l'éternité divine. Osiris est le dieu qui s'est noyé dans les eaux du Nil[ab 1]. Son long séjour dans l'eau est vu comme un retour dans le chaos de l'océan des origines. Or cet océan est le milieu d'où jaillit la vie. Le démembrement d'Osiris en seize morceaux est lié au retour annuel de l'inondation du Nil. La hauteur idéale de la crue est de seize coudées et, lorsque ce niveau est atteint Osiris est reconstitué[ab 2].

« Ô Primordial du Double-Pays tout entier ! nourriture et aliments devant l'Ennéade, Akh parfait parmi les akhou pour qui le Noun répand son eau […] Les plantes poussent selon son désir et pour lui la terre productive fait constamment naître les aliments […] [Geb] a mis sous sa main ce pays, son eau et son vent, son herbe et tous ses troupeaux, tout ce qui vole et tout ce qui se pose, ses reptiles et ses animaux du désert, (tout cela) offert au fils de Nout : et le Double-Pays s'en réjouit ! […] ce qu'entoure le disque solaire est soumis à ses desseins ; (de même) le vent du nord, le fleuve, les flots, l'arbre fruitier et tout ce qui pousse. C'est Népri qui donne toute sa végétation, la nourriture du sol. Il instaure le rassasiement et le procure à tous les pays. Tout être est heureux, tout cœur est joyeux. »

— Grand Hymne à Osiris. Nouvel Empire. Stèle du Louvre C286[e 3].

Festivités du mois de Khoïak[modifier]
Osiris végétant. Temple de Philæ.

Élaboré à l'origine à Abydos et Busiris, le rite des festivités du mois de Khoïak gagne dès la XIe dynastie tous les temples censés conserver une relique du corps osirien dépecé[af 3].

Le cycle de la germination du grain a été vu par les Égyptiens comme une métaphore de leur conception de la mort. Une des images de la renaissance d'Osiris est la figuration d'épis de céréales poussant sur son corps momifié. Cette représentation était réellement mise en œuvre dans les temples selon le rituel du mois de Khoiak. Dans une cuve en forme de momie, les prêtres plaçaient un mélange terreux, où du grain se mettait à germer (lors de recherches sous-marines, une cuve de ce genre a été retrouvée à l'intérieur du téménos du temple d'Amon et Khonsou de la ville engloutie de Héracléion). Cet Osiris végétant, une fois placé au soleil puis desséché, était placé dans une barque sacrée puis transporté vers la nécropole de la ville de Canope. Cette momie végétale y était éliminée, soit enterrée soit jetée à l'eau[j 2].

Dans les tombes, on pouvait placer des petits moules de ce genre, appelés dans le milieu égyptologique « Osiris végétant » ou « Osiris céréales »[ab 3].

Culte des reliques sacrées[modifier]

Osiris dans toutes ses tombes[modifier]

Le culte d'Osiris s'est diffusé sur l'ensemble du territoire égyptien. Cependant plusieurs villes se sont distinguées du fait de leur rapport particulier avec le mythe du démembrement d'Osiris. Les traditions divergent quant au nombre des membres osiriens dispersés dans le pays ; de quatorze à quarante-deux selon les différentes versions. D'après Plutarque, Seth noya son frère Osiris en l'enfermant dans un coffre jeté dans le Nil. La dépouille dériva jusqu'à Byblos (Liban) où elle fut retrouvée par Isis. La déesse ramena le coffre et le corps en Égypte près de Bouto. Mais lors d'une partie de chasse, Seth retrouva le corps d'Osiris. Fou de rage, il démembra le corps en quatorze morceaux et les dispersa de tous les côtés. Désespérée, Isis se mit en quête de les retrouver et partit à leur recherche à travers tout le pays. Chaque fois qu'elle retrouvait un morceau elle en confia la garde au clergé du lieu pour que la mémoire d'Osiris soit honorée[d 8].

Dans le premier chapitre du livre des morts, le défunt se présente comme un prêtre du culte d'Osiris, dans l'espoir de bénéficier lui aussi des rites funéraires inaugurés par le dieu démembré. Le défunt énumère ainsi quelques villes où, de son vivant, il a honoré Osiris. La participation aux rites de ces lieux sacrés permet de gagner la faveur des dieux. Dans l'au-delà, les dieux ne prennent soin que de ceux qui les ont honorés. Participer de son vivant aux rites en relation avec l'embaumement d'Osiris permet, une fois décédé, de pouvoir contempler le dieu et de survivre dans son royaume[c 4] :

« Je suis avec Horus, comme protecteur de cette épaule gauche d'Osiris qui est à Létopolis ; je vais et je viens, tel une flamme, le jour de chasser les rebelles hors de Létopolis.

Je suis avec Horus, le jour de célébrer les fêtes d'Osiris et de préparer les offrandes pour , à la fête du sixième jour du mois et à la fête-deni, à Héliopolis.

— « Je suis le prêtre-ouâb à Bousiris, et j'exalte Celui qui est dans le tertre. »

— « Je suis le prophète d'Abydos, le jour où le sol est haut. »

— « Je suis celui qui voit les mystères à Ro-sétaou. »

— « Je suis celui qui lit le cérémonial du Bélier qui est à Mendès. »

— Extrait du chap.1 du livre des morts. Traduction de Paul Barguet[u 4]

Phallus de Mendès[modifier]

Plutarque, dans sa version du mythe d'Osiris rapporte que la déesse Isis retrouva tous les membres dispersés à l'exception du phallus mangé par des poissons. Pour le remplacer, elle en fit une imitation[d 9]. Cependant, la ville de Mendès a conservé une autre tradition mythique. La relique qui est honorée dans cette ville est le phallus attaché à la colonne vertébrale. Ces deux membres ne font qu'une seule relique car les Égyptiens, (et les Grecs après eux), pensaient que la moelle osseuse descendait de la colonne vertébrale vers les testicules et ressortait par le phallus sous la forme du sperme. La semence dans le corps de la femme formait alors les os de l'enfant, les humeurs féminines formants les chairs[w 3]. Tardivement, le pilier Djed fut assimilé à cette relique, la ville de Mendès portant en langue égyptienne le nom de Djedet ou Perbanebdjedou ; le dieu de Mendès étant depuis les débuts de l'Égypte pharaonique le bélier Banebdjedet[w 4]. Ce dernier était considéré comme l'âme- d'Osiris. En fait cet animal portait en lui quatre âmes-, celles de , de Shou, de Geb et d'Osiris ; aussi le représentait-on avec quatre têtes de béliers[n 4].

Philæ et l'Abaton de Biggeh[modifier]
Horus en crocodile porte la momie d'Osiris hors des marais vers l'Abaton de Biggeh. Relief de la Porte d'Hadrien à Philæ

Pour les Égyptiens, l'eau de la crue du Nil provient du monde souterrain et sort d'une caverne située dans la région de la première cataracte. On situa d'abord cette source mythique à Éléphantine, la ville du dieu bélier Khnoum[c 5]. Puis, à la Basse époque égyptienne, la source du Nil fut surtout assimilée à l'Abaton de l'île de Biggeh. La crue jaillissant de la blessure infligée par Seth à la jambe gauche d'Osiris conservée en ce lieu. Le culte au profit d'Osiris y remonte probablement au VIe siècle à partir du règne de Psammétique II. Abaton est un mot issu du grec ancien : Αβατον et signifie "inaccessible". Les noms égyptiens de l'Abaton sont Iat-ouâbet, « La Place pure » et Iou-ouâb, « L'Île pure ». L'Abaton est un des tombeaux d'Osiris. Ce lieu sacré est une nécropole où Isis retrouva la jambe gauche de son frère démembré[ac 1]. Les cultes d'Osiris de l'Abaton de Biggeh étaient intimement liés à ceux d'Isis de l'île de Philæ :

« On dit aussi qu'il y a près de Philæ, une petite île à tout le monde inaccessible ; les oiseaux ne s'y abattent jamais, et les poissons ne s'en approchent pas. Toutefois, à une époque déterminée, les prêtres traversent l'eau pour aller y faire des sacrifices funèbres, couronner le tombeau qui s'y trouve et qui est ombragé par un plan de méthida dont la hauteur dépasse celle de tous les oliviers. »

— Isis et Osiris. Plutarque[d 10]

La statue de la déesse sortait en procession tous les dix jours de son temple de Philæ pour se rendre en barque à Biggeh. Isis y effectuait, par l'entremise de ses prêtres, des actes rituels comme des libations de lait pour Osiris ; le but étant de ranimer sa vigueur. Les rites sont tournés vers l'âme- d'Osiris pour qu'il s'unisse à son corps et réveille la momie dormant dans l'Abaton. Outre ces rituels décadaires, les moments forts de l'année sont les séjours d'Isis et d'Harendotès dans le tombeau le treizième jour du mois d'Épiphi et les rituels de régénération du mois de Khoiak[ac 2].

Menaces magiques contre le culte[modifier]

Vers le début du IVe siècle de notre ère, le néo-platonicien Jamblique dans son traité sur les Mystères d'Égypte explique aux adversaires de la théurgie le mécanisme opératoire des menaces verbales contre les cultes et festivités rendues à Osiris et à Isis[r 1]. Selon lui, les menaces proférées par le magicien ne sont pas destinées aux dieux (soleil, lune, étoiles) mais à des esprits inférieurs[r 2]. Ces derniers, sans jugement ni raison, se contentent d'obéir aux ordres de leurs supérieurs divins. Les menaces verbales terrorisent ces esprits. Lors d'un cérémonial, un magicien exercé peut facilement les berner en se présentant à eux sous la forme d'une divinité supérieure.

Au XIIe siècle avant notre ère, le conte des Aventures d'Horus et de Seth se termine par une mention de ces esprits inférieurs. Pour obtenir gain de cause, Osiris menace les autres dieux de les envoyer contre eux. Si Horus n'obtient pas le trône alors une horde d'esprits hostiles s'abattra sur la terre et les êtres vivants, dieux et humains, rejoindront plus tôt que prévu le royaume de l'Au-delà[p 5]. Les papyrus magiques de Turin sont datés de la même époque[q 1]. Une formule magique utilise la menace verbale contre les fêtes et les cultes osiriens. Le but de l'incantation est de guérir une personne malade car envoûtée par un envoyé d'Osiris. La guérison passe par un nécessaire désenvoûtement. Le magicien-guérisseur présente la chose sous la forme d'un décret royal rédigé par Osiris. L'ordonnance contraint l'entité maléfique à quitter le corps de la victime. Pour que la chose se réalise, le magicien l'effraye en proférant de sombres menaces sur le culte osirien. La bonne marche de l'univers garantie par le culte rendu à Osiris ne peut se poursuivre qu'à la condition de son départ hors de sa victime[q 2] :

« Si l'on tarde à chasser l'ennemi, l'ennemie, le mort, la morte, ou n'importe quelle chose exécrable, alors l'ennemi du ciel divisera le ciel, l'ennemi de la terre renversera la terre, et Apophis s'emparera de la barque des millions d'années ; l'eau ne sera pas donnée à celui qui est dans le cercueil, celui qui est à Abydos, ne sera pas enseveli, celui qui est dans Bousiris, ne sera pas caché, on n'exercera pas des rites pour celui qui est dans Héliopolis, on ne présentera pas d'offrandes aux dieux dans leurs temples, les hommes ne présenteront plus d'offrandes à aucun dieu dans aucune fêtes.

Mais si l'on chasse le mort et la morte, l'ennemi et l'ennemie, l'adversaire mâle et l'adversaire femelle, et les choses exécrables qui sont dans ce corps-ci […] alors le ciel restera stable sur ses quatre piliers, la terre restera dans sa position, l'eau sera donnée à celui qui est dans le cercueil, celui qui est à Abydos, sera enseveli, celui qui est dans Bousiris sera caché, on exercera des rites pour celui qui est dans Héliopolis, on présentera des offrandes aux dieux dans leurs temples, les hommes présenteront des offrandes à tous les dieux dans toutes leurs fêtes aussitôt que le mort, la morte, l'ennemi, l'ennemie, l'adversaire mâle, l'adversaire femelle sortiront sur la terre du corps de (nom du malade), fils de (nom de la mère). »

— Papyrus magiques de Turin (Extraits)[q 3]

Osiris dans le nôme d'Abydos[modifier]

Nécropole royale[modifier]

Très anciennement, le dieu funéraire d'Abydos fut le canidé Khentamentiou « celui qui préside les Occidentaux (les défunts) », vénéré depuis la fin de la période prédynastique[af 4]. Si le culte d'Osiris s'installa dans la ville sous la Ve dynastie, il ne prit son essor qu'à partir de la Première période intermédiaire, ce qui provoqua la fusion des deux divinités funéraires sous la XIe dynastie, lorsque le roi Antef II fit passer Abydos sous son autorité. Osiris supplanta alors complètement Khentamentiou et ce dernier devint une simple appellation d'Osiris[b 4]. Au Moyen Empire égyptien, la ville d'Abydos s'érigea en tant que lieu principal du culte osirien. Cependant son apogée se situa sous la XIXe dynastie quand les rois Séthi Ier et Ramsès II entreprirent de grands travaux.

Le prestige de la nécropole d'Abydos est très ancien car il remonte très loin dans l'histoire ; les tombes ou les cénotaphes des premiers rois égyptiens y étant situés. Les recherches archéologiques ont ainsi mis au jour des tombes royales remontant à la dynastie égyptienne zéro (Scorpion Ier), mais aussi des deux dynasties thinites (Ire et IIe dynastie). Par la suite, la nécropole royale fut transférée plus au nord, à Memphis (Saqqarah). Abydos devint alors un lieu semi-mythique des origines de la royauté[c 6]. Le tombeau du roi Djer, édifié vers l'an -3000 fut identifié par les croyants du Moyen Empire, (soit un millénaire plus tard), comme étant celui du dieu Osiris[x 1]. Cette tombe devient au Nouvel Empire un lieu de pèlerinage[af 5].

Plan de la nécropole des rois thinites.

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Banebdjed
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Vue sur la nécropole d'Oumm el-Qa'ab.

Stèle du roi Djer (Ire dynastie).

Tête d'Osiris[modifier]

Au Moyen Empire égyptien, le prestige d'Abydos tenait au fait que la ville était la dépositaire d'une relique osirienne confiée par les dieux ; ces derniers ayant trouvé la tête d'Osiris non loin de la nécropole :

« Le 19 du quatrième mois du printemps, c'est le jour où fut trouvée la tête établie dans le Gebel de l'Ouest. Anubis, Thot et Isis s'étaient rendus à la nécropole ; un oiseau-qebeq et un loup veillaient sur elle. Thot souleva la tête, et trouva sous elle un scarabée. Alors, il fit qu'elle reposât dans la nécropole d'Abydos jusqu'à ce jour. On a appelé Abydos : la ville du scarabée, à cause de cela. Quant à l'oiseau-qebeq, c'est Horus, maître de Létopolis. Quant au loup, c'est Anubis. »

— Papyrus Jumilhac. Traduction de Jacques Vandier[y 1]

Reliquaire d'Abydos. Relief du Temple de Séthi Ier, XIXe dynastie.

La relique est un objet sacré mais fragile. Dans la crainte d'un éventuel attentat séthien, la relique est déposée et cachée dans un reliquaire. Ces derniers peuvent prendre différentes formes, coffre, obélisque, vase, peau d'animal. La relique d'Abydos est renfermée dans une corbeille juchée sur un poteau :

« Quant au reliquaire-insout, c'est une corbeille de roseaux (n sout), c'est-à-dire de jonc. La tête du dieu y est enveloppée. Autrement dit, le reliquaire est appelé « roi » (nesout) à cause de la tête (qui y est placée) dans un coffre mystérieux inconnu. Celui-ci est une corbeille de (joncs) tressés, une châsse dont on ignore ce qui est à l'intérieur. La tête vénérable avec une couronne blanche est en elle, faite en pâte, enveloppé d'or. Sa hauteur est de trois palmes, trois doigts (28,2 cm). »

— Mur du temple de Dendérah. Traduction de Sylvie Cauville[y 2]

Festivités abydéennes[modifier]

Les temples égyptiens étaient des lieux fermés au public profane. La statue du dieu restait cachée tout le long de l'année dans le naos (ou saint des saints) de l'édifice religieux. Cependant le dieu sortait annuellement au dehors du temple. Cette sortie était le prétexte d'une grande fête où lors de quelques moments forts, tout un chacun pouvait participer. À Abydos, cette sortie se déroulait en début d'année au commencement de la saison de l'inondation. La statue du dieu Osiris transportée dans une barque quittait son temple pour se rendre en grande pompe jusqu'à sa tombe située dans un lieu dénommé Ro-Peker. Là, on commémorait sa mort puis son triomphe sur ses ennemis. Après cela, la statue regagnait son temple[b 5]. Les festivités osirienne d'Abydos s'inspirent des rituels funéraires royaux memphites du temps des pyramides et célébrés pour les pharaons décédés de l'Ancien Empire, transposés sur le plan divin et répétés annuellement pour Osiris[c 7].

Barque sacrée. Relief du Temple de Séthi Ier, XIXe dynastie.

Ikhernofret, sur sa stèle conservée à Berlin, relate les évènements festifs qui se sont déroulés sous sa direction, durant la 19e année du règne du roi Sésostris III. Alors âgé de 26 ans, il est envoyé sur ordre royal à Abydos. Il doit rendre hommage à Osiris, en le comblant d'or après une victoire du roi contre les Nubiens. Avant de participer aux célébrations osiriennes en jouant le rôle d'Horus, Ikhernofret fait rénover la barque Neshmet, fait façonner des statues et fait reconstruire leurs chapelles[p 6]. Les festivités se déroulent en quatre actes :

  • La procession d'Oupouaout, l'Ouvreur de Chemin. La divinité est ici une manifestation d'Horus qui combat au nom de son père Osiris contre ses ennemis séthiens. Les ennemis sont symboliquement écrasés lors d'un rituel magique où des statuettes de cires et des vases les représentants sont malmenés puis détruits[c 8].

« Je « jouai » la sortie de « l'Ouvreur-de-chemins », lorsqu'il s'avance pour venger son père ; je chassai les ennemis de la barque Neshmet, je repoussai les ennemis d'Osiris. Je « jouai » ensuite une grande sortie, tandis que Thot dirigeait droitement la navigation. »

— Stèle d'Ikhernofret. Traduction de Claire Lalouette[p 7]

  • La procession de la barque Neshmet. C'est la grande procession des funérailles du dieu Osiris. La statue du dieu, dans sa barque, quitte le temple en direction de la nécropole. Ce rituel sacré est si grand que même les défunts souhaitent y prendre part. La formule magique 138 du livre des morts permet ainsi d'y assister post-mortem[c 9].

« J'avais équipé d'une belle chapelle la barque (appelée) « Celle qui apparaît en gloire grâce à la Vérité-Justice », et, ayant fixé ses belles couronnes, voilà le dieu qui s'avance vers Peker, je nettoyai le chemin qui mène à son tombeau face à Peker. »

— Stèle d'Ikhernofret. Traduction de Claire Lalouette[p 8]

  • La fête de Haker, la nuit d'Horus le combattant. Cette nuit correspond dans le culte funéraire à la nuit de la justification où le jugement du mort est ritualisé pendant des veillées nocturnes[c 10].

« Je vengeai Ounennéfer (Osiris), en ce fameux jour du Grand Combat, et je terrassai tous ses ennemis sur la rive de Nedyt. »

— Stèle d'Ikhernofret. Traduction de Claire Lalouette[p 9]

  • La procession vers le temple d'Osiris. C'est le dernier acte de la fête avec le retour triomphal de la statue du dieu Osiris vers son temple, justifié et ressuscité[c 11].

« Je fis qu'il s'avance à l'intérieur de la barque (appelée) « la Grande » et que celle-ci portât sa beauté. Je réjouis le cœur des collines du désert occidental, je créai l'exultation dans ces collines, lorsqu'« elles » virent la beauté de la barque Neshmet, tandis que j'abordai à Abydos, (la barque) qui ramenait Osiris, seigneur de la ville, vers son palais. Je suivis le dieu dans sa maison, fis qu'il se purifie et qu'il rejoigne son trône… »

— Stèle d'Ikernofret. Traduction de Claire Lalouette[p 10]

Stèles votives[modifier]

Au Moyen Empire égyptien, le roi Sésostris III de la XIIe dynastie a encouragé le culte d'Osiris à Abydos en renouvelant le matériel cultuel, en faisant construire un temple d'Osiris et pour lui-même un complexe funéraire pyramidal[aa 1]. À cette même époque, un grand nombre de particuliers aisés, motivés par leur piété envers Osiris, se font construire des chapelles-cénotaphes sur la « Terrasse du Grand Dieu » près du temple d'Osiris. Ces bâtiments sont édifiés en briques crues et sont entourés d'un enclos rectangulaire. Certaines chapelles présentaient une salle voûtée où se trouvait la statue du défunt avec des stèles votives encastrées dans les murs intérieurs. D'autres étaient pleines avec des stèles fixées sur les murs extérieurs. Le point central de ces constructions étaient donc des stèles célébrant la mémoire du défunt et de sa famille[aa 2]. Ces pièces archéologiques se trouvent aujourd'hui dispersées dans les musées du monde entier. En 1973, 1 120 stèles allant de la VIe à la XIVe dynastie ont été inventoriées ; 961 d'entre-elles invoquent Osiris[ad 5]. À la fin de la XIIe puis sous la XIIIe dynastie ces stèles ne sont plus un privilège pour les fonctionnaires de haut rang. Des personnes de condition modeste déposent des stèles dans des chapelles plus petites où se les font déposer dans un monument d'un particulier plus aisé. La stèle du harpiste Néferhotep a ainsi été déposée par son ami Nebsoumenou, porteur de briques, dans la chapelle d'Iki, supérieur des prêtres[aa 3]. Cette pratique funéraire perdure au Nouvel Empire égyptien et durant la Basse époque égyptienne.

Stèle de Nemtyemhat et sa femme, XIe dynastie, Musée national d'Alexandrie.

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Stèle d'Iméniséneb, contrôleur d'équipe en Abydos. XIIIe dynastie ou XIVe dynastie, Musée du Louvre.

Stèle de la reine Noubkhas XIIIe dynastie, Musée du Louvre

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